‹ Monnaies gauloises. Description raisonnée de la collection de M. P. Charles RobertChapitre 12 sur 39 · NIMES · texte numérisé non relu

NIMES

Les deux premières pièces de Nîmes montrent encore l'influence grecque; elles sont antérieures aux conquêtes de Cn. Ahenobarbus ou tout au moins à Tarrivée de César.

Argent.

Tète de beau style, les cheveux retenus par un bandeau. 1^. NEA^Y ; cavalier armé d'une lance.

Cette rare pièce avait été publiée comme portant NEMAV ; la présence d'une lettre giecque dans sa légende et surtout son style m'ont permis, contrairement à l'avis de M. de La Saussaye, de la faire remonter au delà ou aux premiers temps de la domination romaine et de la ranger parmi les plus anciennes du pays des Volkes Ârécomiques. {Num. de Languedoc, p. 41 et pi. HJ, fig. 28.)

Bronze.

Tète de Diane.

Cf. N AMAZAT[nN] ; dans le champ, un sanglier; à Texergue, A. Ce petit bronze, d'un diamètre de 15 millim., est assez commun.

Les monnaies suivantes sont postérieures aux conquêtes de César. Ntmes devint une colonie de droit latin et à ce titre conserva le privilège de frapper monnaie, qui était généralement refusé aux colonies jouissant comme Narbonne du droit romain^ optimo iure.

Argent.

Tète casquée.

Qf. NEM COL en deux lignes horizontales; à l'exergue^ une cou«*

ronne.

Cette pièce de petit module est assez rare; on sait que le monnayage d'argent, conservé sous César à l'exclusion de l'or, disparut en Oaule pendant le principat d'Auguste. (P. Ch. Robert, Num. de Languedoc^ pi. III, fig. 33.)

Bronze.

Tète casquée; derrière la tète, un S#

Bf< NEMCOL. Figure féminine debout tenant une patère.

Ce bronze, de petit module (P. Ch. Robert, Num. de Languedoc^ pi. III, fig. 3S^, est plus ancien que les as qui vont suivre.

Les as de Ntmes sont de trois types, suivant que la tête d'Octave est couronnée de laurier, couronnée de chêne ou nue.

IMP DIVI F, tête d'Auguste ceinte de laurier et tôle d'Agrippa portant la couronne de rostres. Dans le champ, à droite et à gauche, les sigles P. P.

Cf. COL NEM, crocodile enchaîné à un palmier au sommet duquel est suspendue par ses lemnisques une couronne qui parait être de laurier.

Nombreuses variétés de coin où la couronne est parfois réduite à deux anneaux concentriques.

IMP DIVI F, tête d'Auguste ceinte de chêne, et tête d'Agrippa avec la couronne de rostres. Les sigles P. P. ont disparu.

^. Analogue au n^ précédent, si ce n'est que la couronne suspendue au palmier semble, sur quelques exemplaires, être tressée de chêne.

IMP DIVI F, tête nue d^ Auguste et tête d'Agrippa portant la couronne de rostres. Point de sigles dans le champ.

^. COL NEM, crocodile enchaîné comme au n"" précédent, mais la couronne a disparu et l'on ne voit plus au sommet de la palme que des lemnisques qui forment sur quelques exemplaires un sinus arrondi ^ et qui flottent sur le plus grand nombre au gré du vent.

Les spécimens des deux premiers groupes sont nombreux; sans avoir toujours la même valeur artistique, ils conservent cepen« dant une certaine régularité d'exécution. Ceux du troisième groupe sont encore bien plus abondants; on les rencontre dans toutes les parties de la France isolés et en masses. Si de rares exemplaires de ce troisième groupe sont de bon style, la grande majorité des spécimens qui lui appartiennent présente des caractères successifs de dégénérescence ; il en est même qui arrivent à une grande barba-

^ Onpeat consalter, poar les principales Tariétôs des as de Nîmes, de La Saussaye , ùp, laud*t pi. XX et XXI, et P. Ch. Robert, Num, de Languedoc, p. 41 et suivantes, et pi. IV.

34 MONIIÀIBS GAULOISES.

rie et à un poids notablement inférieur à celui des pièces des deux premiers groupes. En un mot, il est incontestable pour tout numismatiste exercé, même en faisant la part des monnaies fausses du temps, que le type d'Auguste à la tête nue a subi des phases qui dénotent un monnayage plus longtemps pratiqué que celui dont les coins représentaient Auguste couronné. J'ajoute que les as de ce troisième groupe portent souvent des contremarques ^ sur les* quelles M. de Saulcy nous promet un nouveau travail.

Les as de Nimes ont donné lieu à de nombreuses dissertations. M^ de La Saussaye dans sa Numismatique de la Narbonnaise et M* Mommsen dans son Histoire de la monnaie romaine en ont éfudié le caractère, le type et l'âge. M. Frœhner leur a consacré une étude spéciale ^.

On a généralement considéré les as de Nîmes comme frappés avant la mort d'Agrippa. D'autres veulent que leur fabrication ait eu lieu entre les années 724, où Timperium d'Octavien fut officiellement reconnu, et 727, où ce prince fut déclaré Auguste. Mais un numéraire d'une si prodigieuse abondance et dont les spécimens sont d'arts si différents n'a pu être émis en trois ans. Je crois l'avoir démontré {Num, de Languedoc, p. 49 et suiv.). J'ai fait voir en môme temps non seulement que l'effigie d'Agrippa était à Ntmes un type Iradilionncl, comme en Afrique et en Espagne, mais que les légendes et les sigles monétaires, surtout à celte époque, n'étaient pas toujours, comme les inscriptions de nos médailles mo* dernes, des constatations historiques faisant loi chronologiquement.

Les lettres P. P. ont été interprétées de diverses façons. Les uns en ont fait Patronus Parens ou Palroni Parentes et les ont rapportées aux personnages représentés ; les autres, et à leur tète M« François Lenormant, y voient Permissu Proeonsulis^ ce qui est admissible pour une colonie appartenant à une province administrée par on proconsul; mais je crois qu'il est encore préférable de maintenir avec M. Mommsen l'opinion des anciens numismatistes et de traduire P. P., comme dans la plupart des légendes monétaires, par Pater Palriae. L'objection que l'on faisait à cette lecture était fondée

^ Voir (P. Ch. Robert, op.laud.)^ pKlV, fig. 6, un brooie timbré d'une empreinte oircQlalre, Ibffflée d'une palme acoottée dee lettrée D. D., qoi tlfaiaeiU Dêenîo

• Le crocodile de Nimes, in-8, 1873.

M0NNAIK8 QAUL0I8&8. 35

sur ce fait qu'Auguste ne fut déclaré père de la patrie que dix ans après la mort d'Agrippa; mais la difficulté disparaît dès qu'on admet que tous les as de Ntmes ne sont pas contemporains d'Agrippa.

COLONIE DE CABSLUO.

Argent.

CABE, flgure de femme dans une couronne de laurier ; les cheveux

sont relevés par derrière, des tresses tombent le long du cou. ^. LEPI, corne d'abondance, dans une couronne de laurier.

Beau style, très petit module. (De La Saussaye, p. U3 et pi. XVII,

fig. <.) On sait que M. Aemilius Lepidus succéda à Antoine dans le goa«

vemement des Oaules.

Bronze.

CABE, même tète dans une couronne de laurier. IjC. COL, tète casquée.

Petit module* (De La Saossaye, op. Umd.^ p. U% et pi. ZVII, flg. 9.)

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