partie de la collection Du pré
5) Brandis, Münzwesen, p. 305, 432, 438 (gr. 9,70 — 9).
qui est dans un parfait état de conservation, est un didrachrae attique. Ce changement de système monétaire G) parait coïncider avec la fin du monnayage en argent de la ville d’Amastris, puisque le style et le caractère des lettres obligent de ranger le didrachme à la fin de la série.
Certains détails dans les types m’engagent à ajouter la description d’un statère de la reine Amastris :
9. /R 20m. Gr. 9,33 — Tête virile imberbe à dr., coiffée du bonnet phrygien laurc ; derrière, un cor/jtus 1).
pf amastpi os BA£iAicsH2. Déesse assise à g. sur un trône à dossier et bras, et couvert d’un coussin. Elle est vêtue d’un cbiton, avec une large ceinture au-dessous du sein, et semble porter un bonnet à fanons allongés. Le bras g. repose sur le bras du siège, au dossier duquel est appuyé le sceptre Sur la main dr elle tient une petite figure (YEros, qui lève les bras vers une tête radiée d ’Hélios de face, placée sur le sommet du montant dr. du trône.
Coll. Six.
Sur un autre exemplaire la tête d 'Hélios est en l’air, entre le sommet du montant et les mains d’Eros qui cependant ne l’atteint pas 6 7 8).
Les différents types monétaires d’Amastris ont été l’objet de nombreuses tentatives d’interprétation. Dans la tête du droit on a cru reconnaitre Lysimaque ou Amastris, une Amazone, Persée, Mithra, Attis, Mèn, et dans la figure assise : Amastris, Cybèle, Héra etc.
La tête étant évidemment virile, ce ne peut être celle de la reine Amastris. Ce n’est ni le roi Lysimaque , dont Amastris, après avoir été répudiée, n’avait aucune raison d’honorer et de perpétuer publiquement la mémoire, — ni Persée , qui bien certainement aurait été caractérisé par d’autres attributs que par le seul bonnet lauré et étoilé.
Je me range donc à l'avis de ceux qui voient dans les types deux divinités dont le culte fut importé par les Perses. Cela ne peut surprendre dans des régions telles que le Pont et la Paphlagonie, et de la part d’une prin-
6) J’ai signalé l’emploi simultané de systèmes monétaires différents dans la numismatique de Sinope, Zeitschr. fur Num. I, p. 136 et 137.
7) Le corytus est le type des monnaies en bronze de la reine.
8) K. Münzkabinet Berlin, 1877, N°. 207, gr. 9,57. Cf. les variétés, dans le Très, de num- Bois grecs, pl. V, 10 et 11, Sestini, Mus. Hedervar. II, pl. XVI, 3.
cesse d’origine perse. Le genre de coiffure de la tête virile 9) et de celle de la figure représentée sur le statère N°. 9, indiquent clairement cette influence orientale, qui se manifeste en outre par les symboles célestes, Y étoile et le soleil, qui donnent aux deux images le caractère de divinités de la lumière , de sorte qu’on pourrait fort bien, ce me semble, reconnaître Miihra et Anaïtis qui serait à identifier avec Aphrodité TJrania , puisqu’elle parait désignée comme telle, par les attributs de Eros et du Soleil , sur les statères pareils au N°. 9, — sans doute les plus anciens du groupe et frappés très-peu de temps après 300. Sur les pièces de date plus récente, la déesse est représentée avec sceptre et Nike, un stéphanos en tête et un bouton de myrte dans le champ, c’est-à-dire encore une fois avec des attributs et des symboles qui conviennent parfaitement à l’Aphrodité asiatique 10).
Sésamos.
Suivant M. Friedlaender le style des bronzes, à la légende ch s a, diffère tellement de celui de tout autre monnaie de la Paphlagonie, qu’on serait tenté de douter de la justesse de leur attribution à Sésamos n). Pour se convaincre du contraire, il suffira, comme je l’ai remarqué 13), de comparer ces bronzes aux monnaies de Kromna , et de regarder la pièce suivante, au Cabinet de France :