m. Gr. 0,37. — Même tête à g. C. p
jf Cygne debout sur un grain de blé à g. retournant la tête; audessus m. Champ concave.
ordre de m’acheter cette pièce curieuse, et malheureusement avec succès : car la soit-disant tête de lion n’était autre que le type ordinaire de la figure ailée dans un triste état de conservation et presque méconnaissable.
u) Revue Num. 1860, p. 4 — 10, pl. I. Le N°. 8 de cette planche est le seul sur lequel la figure pourrait être une femme, le chiton lui montant, comme sur les pièces du groupe précédent, jusqu’à la gorge. Toutefois ce détail n’est pas assez concluant pour déterminer le sexe, d’autant moins que le personnage barbu à deux faces et quatre ailes, des statères du Mus. Hunter, pl. LXVI, N°. 19 — 22, est également vêtu d’un chiton montant qui recouvre les bras.
16) Pièce provenant de la même contrée que les N°. 175 et 177, pl. V, du » Choix”.
Jusqu’à présent ou s’est rangé assez unanimement à l’avis de M. Waddington d’abandonner l’ancienne attribution à Kamarina ou à Marathos et de classer ces monnaies à Marion en Cypre. Dernièrement pourtant M. Six a émis l’opinion que les pièces anépigraphes, au type de la pierre conique ou pyramidale, pourraient bien appartenir à une des villes de la Cilicie, notamment à Nagidos 16). De mon côté je voudrais aller plus loin encore et restituer la série entière à Mallos de Cilicie. Les raisons en faveur de cette attribution sont les suivantes.
Les pièces au type du cygne, qui ont tantôt mar, mapa ou mapao, tantôt les légendes bilingues maap et HH ‘H (iHû), m’ont toujours paru dépaysées au milieu de ce que nous connaissons de monuments numismatiques de l’île de Cypre. En considérant la fabrique , les types — ces étranges figures ailées avec leurs attributs 17) — les lettres isolées et plusieurs des symboles, les légendes bilingues et enfin la forme des lettres sémitiques, qui est araméenne et diffère essentiellement de l’écriture phénicienne en usage à Kition, — je n’ai pu m’empêcher de reconnaître que ces monnaies ont bien plus d’analogie avec les statères du même système frappés en Cilicie, en particulier avec ceux de la ville et des satrapes d ’Issos, qu’avec aucune des séries certaines de la Cypre. Cette conviction une fois acquise, on est presque forcé de diriger ses regards vers Issos et Tarse 18) ; et c’est dans ces parages qu’est située la ville de Mallos,, dont le nom peut avoir eu dans l’origine, comme le croit M. Waddington, la même signification et la même forme que celui de Marion. Mais, tandis que les monnaies certaines de la ville cypriote donnent la forme mapievs:, accompagnée souvent du nom du roi Stasioikos en caractères cypriotes, les pièces à peu près contemporaines de Mallos ont constamment ma a, ma a ah et maaai2T£2N. On conviendra volontiers que la transition n’est pas difficile de ces formes à mapao et maap — nouvel exemple que les linguales À et p s’échangeaient souvent 19) — et que rien n’empèche d’identifier mapao avec maaaœ, forme moins ancienne d’un même nom. Quant à Magitvg, où le p est suivi d’un i — c’était du moins l’orthographe au IYe siècle — il est bien difficile de croire que peu de temps auparavant on l’écrivait M.agX(ÔTr)s.
16) Zeitsckr. für Num. VI, p. 83 — 85. M. Six insiste surtout sur le y qui se retrouve comme parure d’Aphrodité sur des monnaies de Nagidos et de Mallos. C’est peut-être le symbole dont l’explication est donnée par M. Renan dans le Corpus inscr. sémit. I, p. 27.
17j La numismatique cypriote n’offre pas, autant que je sache, de ligures de ce genre. Car c'est à tort que le duc de Luynes a classé à cette île les pièces des pl. II, 14 et 15 et VI, 7 et 8. Cf. Six, 1. c. p. 81 et 82.
18) On connait aussi un statère bilingue de Tarse, cf. Waddington, Revue Num. 1860, pl. XVIII, 7 et Head, Coinage of Lydia and Persia, 1877, pl. 111, 11.
Après avoir été conduit par ces considérations à classer les monnaies en question à Mallos, j’ai rencontré au Musée de Berlin un statère au cygne, dont la légende n’avait pas encore été déchiffrée. En voici la description.
38. /R 19ra. Gr. 10,50 (usée). — Figure virile ailée à g., tenant le disque.
Ct/gne éployé à dr., le pied g. levé. Au-dessus (A) P a (M) etau-dessous ota/v (mapaotan boustrophédon).
La lettre m, qui n’est plus visible, a dû se trouver devant la tête du cygne. La place du a est encore indiquée par le bout inférieur de l’une des hastes. Le P, écrit à l’envers, se retrouve sur un des statères du Musée Hunter (pi. LXVT, 21), ou ma est écrit au-dessus d’un cygne également éployé. La légende ne peut donc être que mapaotan, forme plus ancienne que MaWmxav et l’attribution proposée des monnaies au cygne se trouve ainsi démontrée définitivement.
Si la pierre conique , le v et le cygne sont des symboles du culte d’ Aphrodité ou Astcirté , ce dont il n’y a guère lieu de douter, ils conviennent parfaitement à Mallos; car les types des monnaies purement grecques de cette ville, un peu postérieures à celles que je viens de lui restituer, prouvent bien que la déesse y fut honorée d’un culte tout particulier 20).
Les figures ailées , tantôt à deux, tantôt à quatre ailes, paraissent être les produits de la mythologie et de Fart phéniciens 20a). Et puisque, dans ce cas, on ne peut avoir recours aux idées grecques pour comprendre et expliquer les types des anciennes monnaies de Mallos, il est incertain si le taureau anthropomorphe, qui est placé sous le Kronos phénicien à deux faces et quatre ailes 21), symbolise le fleuve Pyramos, ou bien s’il est emprunté à l’Assyrie et représente, comme à Ninive. un génie tutélaire, le gardien des rois et de la ville, ou enfin s’il faut y voir l’image de quelque divinité phénicienue inconnue.
Tandis que les statères des deux premières périodes (N°. 26/27 et 31/53) — le plus ancien monnayage de la Cilicie dont on ait connaissance jusqu’à présent — sont du poids de gr. 11,81 — 11,50 et 11,70 — 11,23 et atteignent
presque le poids ég inétique , les monnaies au cygne se divisent en deux catégories, dont la plus ancienne comprend des pièces de gr. 11,26 — 11,06 et
l’autre de gr. 10,51 — 9,96. Ces derniers poids ne dénotent plus un affaiblis-
sement graduel de l’ancien étalon, mais bien un changement du système
19) Cf. mon » Boeotien” 1873, p. 23 efc 24.
20) Cf. Six, 1. c. p, 84, 12 — 14; Poule, Nmn. Cliron. 1861, p. 87 etc.
20a) Cf. les Fragments de Sanchoniathon, éd. Orelli, p. 38; Movers, die Plioenizier I, p. 288.
21 ) Mus. Hunter, pl. LXVI, 21 et 22.
monétaire, la transition an système perse , qui a dû avoir lieu tout au commencement du IVe siècle av. J. C. Car, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, les statères du genre et du poids du N°. 34 datent de la même époque que ceux d’Issos et de Tiribaze (gr. 10,70 — 9,98). Ce sont en même temps les seules monnaies de Mallos, qui soient marquées de la croix ansée.
La belle série de statères à différents types et à la légende Mc<IIÔ)t{co)v 33), dont l’émission a succédé à celle des monnaies au cygne, est taillée d’après le même pied que ces dernières et que toutes les autres monnaies ciliciennes de la même époque (gr. 10,62 — 9,92). Ce monnayage comprend encore une période d’environ cinquante ans, jusque vers 333 av. J. C.
Depuis le temps de Darius, fils d’IIystaspe, la Cilicie était la quatrième satrapie de l’empire des rois perses 33), et le gouvernement eu resta pendant longtemps en mains des rois indigènes. Dans le courant du IVe siècle elle parait cependant avoir été sous l’autorité de satrapes perses (Mazaios, Àrsamès), et ce sont probablement leurs images que nous ont conservées quelques-unes des monnaies de Mallos et de Soloi de cette époque 23a).
Comme je publie ailleurs une étude spéciale sur Mallos, dont j’ai noté jusqu’à présent plus de soixante monnaies différentes, je ne m’étendrai pas davantage sur l’histoire numismatique de cette ville. Je termine donc cette note par la remarque que, d’après un bronze de ma collection, il y a toute probabilité que ce fut Trajan-Dèce qui fonda la colonie de Mallos.
JM ’oÿsouestia.
39. AK 26m. Gr. 13,62. — a vt. kai. ©. tp. ttap. v i. q. n ep. V!.tp,aapi anoc c e. Buste lauré et drapé (Y Hadrien à dr. ; devant n. n. pf cabeina ceba. Mot eat^n ïïoaewc. Buste drapé de Sabine, en Artémis, à dr., ornée de la Stéphane et le carquois au dos.
Une pièce d’argent à l’effigie d’Hadrien et à l’aigle (gr. 13,61) est signalée dans le catalogue Ivanoff N°. 507 ; une autre, par M. Lobbecke, dans la Zeitschr. fiir Num. X, p. 80.
39a. /R 26m. Gr. 13,20. — avt. kaic. t. ai a. a a. antcdneinoc ev. tt rr. Buste lauré et drapé d 'Antonin à dr.
22) Cf. Brandis, p. 430 et 498.
23) Hérodote III, 90. — Àrrien, Anab. II, 5 nous apprend, qu’ Alexandre affranchit les Mallotes des impôts qu’ils avaient eu à payer jusqu’alors à Darius.
23a) M. H. Droysen (Zeitschr. für Num. II, 311), qui affirmait qu’il n’est pas fait mention de Satrapes de Cilicie au IVe siècle, a été réfuté par M. Blau, Num. Zeitschr. XI, p. 14 et suiv.
LETTERK. VERH. DER KONINKL. A KADEMJE. DEEt, XIV.
pf aapiangün moyeatum. Aigle éployé debout à g., la tête levée et retournée ; entre ses pieds, un autel allumé ( Môipov ion' a) placé sur un trépied ou support.
40. Æ 33ra. — a vt. k ai. m. a vp. a n t (go n e i N o c). Buste drapé de Caracalla
jeune à dr. Dans le champ une couronne en contremarque. pT aapianün moycatgd n (eTovc) et à l’exergue eic (an 265). Cheval bridé allant à g., le dos couvert d’un caparaçon à franges et chargé d’une couronne, (d’un arc et d’un carquois).
Cf. V. Langlois, Revue Num. 1854, pl. II, 14, sans date.
41. Æ 29m. — a vt. k. m. on. ce y. makpginoc. Buste lauré et drapé de Ma-
crin à dr.
pfl a a p. mo re at co n €to. et dans le champ erre (an 285). Tyché voilée et tourelée, assise sur des rochers à g. et tenant des épis de la main dr. A ses pieds le Pyramos nageant à g.
41a. Æ 32m. — a vt. k. m. iovaioc <t>iAinrroc ce. Buste drapé et radié de Philippe père à dr.
pf aap. moycatu)n cota, ces h pa ces. gt. ait (an 311). Buste drapé d’Otacilia Severa à dr.
Se fondant sur la date 285 des monnaies de Diaduménien, M. Waddington a obtenu pour le commencement de l’ère autonome de Mopsouestia l’automne de l’année 69 ou 68 av. J. C. 24). Les nouvelles dates qui se lisent sur deux de mes pièces, me mettent à même de fixer le commencement de la première année de cette ère à l’automne 686 de Rome ou 68 av. J. C. C’est ce qui ressort de la pièce de l’an 255, sur laquelle Caracalla ne porte encore que les titres de César et d’Imperator, dont le dernier lui fut décerné en 197 de J. C., et de la date 311 du bronze de Philippe. Cette pièce ne peut avoir été frappée avant 244 de J. C. puisque ce ne fut qu’au printemps de cette année que Philippe succéda à Gordien III. Par conséquent l’an 311 de Mopsouestia, le premier du règne de Philippe, tombe sur l’année 996/97 de Rome, courant de l’automne 243 à l’autome 244 de J, C., et l’on obtient ainsi pour le commencement de Vere de Mopsouestia , comme nous l’avons dit, Vautomne de Vannée 68 av. J. C.
Cette ère, qui ne diffère que peu de celle de Pompeiopolis et d’Alexandrie de Cilicie (l’an 65, suivant mes caculs), n’a donc rien à faire avec Pompée et avec les suites de sa guerre contre les pirates : elle doit son origine, ainsi que M. Mommsen a eu îa bonté de me le faire remarquer, à la délivrance de la Cilicie du joug de Tigrane, après la défaite de ce roi par Lucullus dans la bataille de
24) Yoy. archéol. Explie, des Jaser. T. III, p. 352.
Tigranokerta en Octobre 69 a y. J. C. Car la conséquence de cette victoire des Romains fut sans doute que les Ciliciens, qui avaient été forcés d’aller habiter Tigranokerta, fondée par Tigrane, se repatrièrent dans le courant de 68 et des années suivantes, et que plusieurs de leurs villes datèrent leur ère de ce rétablissement de leur autonomie.
Æagîdos.
42. /R 10m. Gr. 0,65. — Tête (Y Aphrodite à dr., les cheveux noués au sommet,
et ornée de pendants d’oreilles. Derrière [L C. p.
Tête laurée et barbue à dr. C. p. Champ concave.
Cf. Waddington, Revue num. 1853, pl. V, 8.
Bien que la tête paraisse laurée, il faut y reconnaître plutôt Dionysos que Zeus. 42a. Æ 10m. Gr. 0,75. — N a r i devant la tête nue et barbue de Dionysos à dr. C. p. r' Tête barbue de Pan , avec oreilles de bouc, à dr. C. p.
Coll, de Luynes. Cf. de Lagoy, Mél. de Num. 1845, pl. I, 18.
43. Æ 14m. Gr. 3,36. — Tête imberbe à' Héraclès à dr., coitfée de la dépouille
du lion.
Tête d’ Aphrodite à dr., ornée de pendants d’oreilles et d’un collier, et surmontée d’un stéphanos qui porte l’inscription nat.
C’est le seul bronze de Nagidos qu’on connaisse jusqu’à présent; car les deux monnaies de ce métal, que Mionnet a rapportées dans son ouvrage, ne sont qu’une seule et même pièce, un statère défourré conservé an cabinet de Vienne.
Un des statères de Nagidos de ma collection est du même coin , au droit, que la pièce de Vienne et porte au revers une figure semblable de Dionysos avec le canthare , accompagnée de la légende natiaeon et d’un symbole. Le poids en est juste (gr. 10,45), mais la pièce est fourrée et le cuivre, qui perce dans quelques endroits de la tranche, est exactement de la même nuance que celui de l’exemplaire de Vienne.
Cf. encore les monnaies anépigraphes N°. 73 — 76 et la coloniale N°. 77 avec co. i v l. av. N.
Seleukia.