‹ Monnaies mérovingiennes du GévaudanChapitre 12 sur 72 · MONNAIES A LA LÉGENDE « GABALORUM » ET AU CALICE VIEUX STYLE · texte numérisé non relu

MONNAIES A LA LÉGENDE « GABALORUM » ET AU CALICE VIEUX STYLE

Les caractères généraux de ce groupe sont :

1" L'ancienneté, accusée par la finesse du travail et la pureté du métal ;

2" L'apparition du calice ;

3" La persistance de la légende unique : GABALORVM ;

4° L'absence du nom de monétaire.

Groupe également de transition^ il est encore plus romain que ranc, car si le type absolument nouveau du calice accuse l'émancipation de l'art, l'absence du nom du monétaire atteste que le respect des traditions romaines était encore vivace dans l'esprit des populations et suffisait pour mettre la monnaie à l'abri du discrédit. Les monnayeurs n'ont inscrit leur nom que pour répondre de la qualité de leurs produits, et ils n'ont assumé cette responsabilité que, lorsque la confiance publique s'ébranlant avec les fortes institutions du vieil empire, leur garantie directe et personnelle devint nécessaire.

A mesure que nous avançons dans le triage des matériaux fournis par la numismatique, nous voyons la lumière se faire sur les caractères généraux qui les distinguent, et la méthode de leur classement se construit presque toute seule.

Nous touchons à une époque critique, à une phase psychologique dont le caractère a été général en ce sens que le même symptôme s'est manifesté à un moment donné, non pas simultanément, mais successivement dans tous les ateliers de la Gaule, depuis le Trajectum ad Rhenum (Utrecht) jusqu'au Mar.-eille des Grecs, depuis Bordeaux jusqu'à Mayence et Coire. La date même de cette manifestation sur chaque point particulier donne la mesure de la vitalité des usages romains.

Le monnayage mérovingien, dans l'unité de sa forme et dans

la plénitude de son développement, comporte la présence d'un nom de monétaire. L'immense majorit? des ateliers n'a fonctionné que sous la direction apparente et officielle de ce personnage; et pourtant la plupart des vieilles cités ont produit des monnaies sans noms de monétaires; hé bien! on peut établir une ligne de démarcation entre les espèces non signées et les monnaies signées; les premières sont les plus anciennes, elles marquent la période de transition entre Rome et la France, elles mesurent la marche des institutions politiques de Rome vers la décadence et l'effondrement. Dès lors, il y a lieu de classer les produits des ateliers en deux catégories : les monnaies barbares de transition^ généralement non signées, et les monnaies înérovingiennes, presque toujours signées. R est bien entendu que cette règle comporte des exceptions, mais la règle existe indépendamment des exceptions, et, cette règle étant éîabhe, on n'aura plus à se préoccuper que d'expliquer les exceptions.

La première des deux divisions primordiales que nous venons d'indiquer donnera la liste de tous les ateliers qui ont fonctionné en Gaule avant Téclosion du système purement mérovingien. Nous savons qu'à l'avènement de Constantin, ces ateliers n'étaient qu'au nombre de trois : Arles, Lyon et Trêves; ils se sont multipliés peu à peu, surtout après la chute de l'empire d'Occident ; à l'époque de Justinien, presque toutes les cités épiscopales en possédaient. L'étude attentive de la filiation des types permettra de localiser une foule de monnaies au nom des emitereurs d'Orient que les numismalistes ne savent classer aujourd'hui que sous la rubrique générale de monnaies barbares. Ainsi s'achèvera la tâche utile que s'était imposée deux des numismatistes les plus éminents et les plus regrettés de notre siècle : Charles Lenormant, à Paris, et le comte de Salis, à Londres.

10. — GABALO RVM. Busleimpérial diadème à droite. Tous les détails de ce buste sont traités avec finesse et avec recherche ; le diadème est très chargé de perles et d'ornements, les lemnisques ou rubans d'attache consistent

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