‹ Monnaies mérovingiennes du GévaudanChapitre 4 sur 72 · D • N • IVSTINVS P • F • AVG. Même buste plus grêle et · texte numérisé non relu

D • N • IVSTINVS P • F • AVG. Même buste plus grêle et

présentant plusieurs variétés. Le mot AVG est en trois lettres.

11". GABALOR. Même type; la forme du B est différente. — PI. 1,11'^ 2.

D'après un dessin conservé par M. de More. La forme du B de cette variété prouve que c'est notre numéro 2 que Rasche décrit comme faisant partie du musée de Vienne (Autriche).

C'est au R. P. Hardouin que revient Vhonneur d'avoir donné la véritable attribution de cette monnaie qui a tant intrigué les anciens numismatistes, el sur laquelle on a écrit des volumes. Pouvait-on alors supposer que cette monnaie impériale était franque, et n'était-il pas naturel de chercher à laquelle des deux villes de Gabala, l'une de Syrie et l'autre de Lydie ou de Pamphilie, elle pouvait bien appartenir, puisque chacune de ces deux villes avait émis des monnaies impériales. Rasche (verbo GABALORVM a vu notre numéro 2 au musée de Vienne {Trésor impérial^ 1, p. 3U; Eckhel, catal. II, p. 538). Banduri (II, p. 651) n'ose se prononcer entre les deux Gabala d'Asie. Gusseme (HI, p. 270, n° 18) se décide

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en faveur de l'atelier syrien, mais llardouin, dans sq^ Monnaies du siècle de Constantin (p. 438), donne la véritable attribution en restituant la monnaie aux Cabales d'Aquitaine. Elle a encore été décrite de nos jours par Ph. Le Bas dans son Dictionnaire encyclopédique de la France (Paris, Didot, 1842, t. VIII, p. 788). L'auteur rappelle que cette monnaie a beaucoup occupé les savants des xvn® et xvni* siècles, fort étonnés de lire tous les titres impériaux sur une monnaie d'une province qui au temps de Justin II appartenait depuis plus d'un demi-siècb aux rois Francs. Ils se tirèrent de leur embarras en reléguant la monnaie gênante à des séries impériales d'Asie. Le Bas ajoute avec beaucoup de raison que la présence du nom de Justin II, à Javouls, n'est pas plus étonn-mte que celle du nom de Maurice Tibère à Uzès, à Valence, à Vienne, à Arles et à Marseille. Nous avons attribué ce fait à la lenteur avec laquelle les habitants du midi de la Gaule se sont assimilés au peuple franc. Le Bas en trouve une autre explication dans l'esprit de défiance qui animait les populations soumises aux barbares ; il cite une phrase de Procope: dLes barbares, dit cet historien, n'osèrent inscrire les noms de leurs princes sur les monnaies d'or qu'après la cession de la Provence » ; — « Sans doute, ajoute Le Bas, les premiers essais tentés par eux ne furent pas heureux et Ton fut contraint de revenir à l'ancien usage dont on trouve des tracesjusqu'à l'occupation de la Gaule entière par Clotairell)). Kous sommes parfaitementd'accord avec Le Bas, pour reconnaître que le monnayage de la Provence est resté romain jusqu'à Clotairell, mais nous n'admettons pas l'explication qu'il en donne. Certes les villes de Lyon, Chalon, Reims, Trêves et Cologne étaient aussi romaines que l'Aquitaine, et Théodebert P"" a bien su leur faire admettre sa monnaie qui, en définitive, était une véritable monnaie romaine, et par ses types, ei par la mention de plusieurs Augustes dans la légende VICTORIA AVGGG. Les rois Francs s'organisèrent d'abord dans la partie septentrionale de la Gaule, et s'occupèrent peu du Midi qui conserva son caractère rom.ain et ses lois romaines, mais ce n'est pas par crainte qu'ils n'inscrivirent pas leurs noms sur la monnaie d'or avant

l'année S38, date des traités passés avec Jiistinien à la suite de la campagne d'Italie et de la cession de Provence; c'est tout simplement parce qu'ils n'en avaient pas le droit. Ils couvraient la Gaule de leurs monnaies de cuivre; Thierry, Théodebert, Childebert, à l'exemple des rois Burgondes, Wisigoths et Ostrogoths frappaient des espèces d'argent et de cuivre ; mais, à partir de S38, en vertu du traité de concession impériale et de complet affranchissement auquel fait allusion la légende d'un sol d'or de Mayence PAX ET LIBERTAS, le roi d'Austrasie, Théodebert P% et lui seul, put légalement inscrire son nom sur les monnaies d'or. Il le fit comme roi indépendant, associé en quelque sorte à l'empire et partageant avec l'empereur le titre d'Auguste. Seul de sa famille, il eut ce droit, mais Clotaire P"" en hérita en môme temps que de la couronne d'Austrasie, et il le passa à ses fils, et principalement à celui qui eut l'Austrasie, à Sigebert P''. Celui-ci le transmit à Chlldebert II, son fils. Clotaire II en devint possesseur par la seconde annexion de l'Austrasie, car il ne paraît pas que son père Chilpéric s'en soit jamais prévalu. C'est depuis Clotaire II seulement que tous les rois francs en furent investis légalement. Il y avait là une question de constitution sociale et de droit pubhc supérieure aux questions de droit civil. Il ne faut pas perdre de vue que jamais la connaissance et le respect du droit n'ont été portés plus haut que sous le règne de l'illustre auteur des Insiitutes et des recueils immortels des lois romaines.. Il est fort probable qu'un grand nombre de fils des plus nobles familles de la Gaule allaient encore peupler les écoles de Constantinople, et que le monnayage n'aurait jamais obtenu la confiance des populations s'il ne s'était pas produit dans les formes du droit pubhc alors en vigueur.

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