COLIQUE HÉPATIQUE
L’opinion la plus généralement répandue sur le mode de production de la colique hépatique est qu’elle reconnaît toujours pour cause des pierres qui , logées dans le foie ou dans ses annexes , tendent à passer dans le duodénum. D’après cela, il est clair qu’on ne doit désigner sous le nom de colique hépatique que les cas où l’appareil biliaire est primitivement affecté. Or
i;2 CONGESTIONS SANGUINES PASSIVES
si ron examine avec attention les observations qui portent ce titre dans l’ouvrage deM .PoR- T AL (i) , on ;ie tardera pas à s’apercevoir que , dans toutes celles qui ont reçu un développement convenable, ou dont on peut du moins tirer quelque conséquence , les dérangements avaient commencé parla membrane muqueuse digestive. Les premiers phénomènes morbides qui se manifestèrent chez leprésidentZ>orme^5ow^ ainsique chez Madame Noël et F abbé Bonafos{o) ^ provenaient d’une lésion du tube alimentaire ; ce ne fut que par la suite que la région hypocondriaque droite devint douloureuse. Que conclure de là? que l’état morbide qui nous occupe n’existe pas? Non certes, car rien ne s’oppose à ce que des pierres renfermées dans le foie n’irritent cet organe et ne déterminent une douleur ylus ou moins gravative ^ lancinante ou piquanjte , sans fièvre aiguë , qui a son siège principal dans Vhgpocondre droit, etequi s* étend du parenchyme hépatique dans les par ties voisines , V esto -
(1) C’est-à-dire non seulement les faits dç ce genre qu’il a recueillis lui-même, mais la presquc-totalite' de ceux que les auteurs nous ont transmis.
(2) Maladies du foie , pages 171 , 172, etc.
DU FOIE. 1-3
mac., le colon etc. (i). Mais ce qii’ou ne saurait s’einpedier de m’accorder , c’est que nous ne })ossédons peut-être pas un seul fait d’où l’on puisse déduire rigoureusement l’existence de cet état morbide. Que si l’on me demande maintenant quelle est la maladie avec laquelle on l’a confondu si souvent , je répondrai que les auteurs ont donné le titre de colique hépatique à diverses afiections, mais que l’espèce d’irritation intestinale qu’on appelle vulgairement colique me parait l’avoir reçu toutes les fois que, par ses retours fréquents et le degré d’intensité qu’elle avait acquis, elle s’était propagée à l’appareil biliaire , et qu’a cette circonstance se joignait celle de l’expulsion de calculs par les selles ou par les vomissements.
M. Andral a publié dernièrement que la colique hépatique n’est autre chose, dans certains cas, qu’une névralgie ayant son siège dans le plexus hépatique. Cette manière de voir , si elle était fondée, apporterait nécessairement quelques modifications a celle d’après laquelle je viens d’argumenter ; mais , sans nier la possibi-
(i)Cest la clcfinilion que M. Portal donne de la colique hépatique. (Ouvrage cite, page 184.)
lité des névralgies du foie, je ferai observer qu’elles sont entièrement inconnues, et qu’une théorie qui reposerait sur une pareille base ne serait qu’une pure hypothèse (i ).