‹ Monographie complète sur les maladies du foieChapitre 14 sur 18 · DU MODE DE PRODUCTION DE L’ASCITE A LA SUITE DES MALADIES DU FOIE · texte numérisé non relu

DU MODE DE PRODUCTION DE L’ASCITE A LA SUITE DES MALADIES DU FOIE

L’ascite n’est point une maladie du foie; mais comme elle se développe très souvent pendant le cours des affections de ce viscère , je suis bien aise de dire ici quel est dans ce cas son mode de production. Lorsqu’un individu , après avoir présenté tous les signes d’une hépatite aiguë, devient hydropique , il est clair que l’épanchement de sérosité dépend d’une cause sthénique : c’est un surcroît d’activité sécrétoire du péritoine qui le produit. Pour ce qui concerne l’ascite qui se forme à la suite d’une obstruction hépatique, il était encore généralement admis, au commencement de ce siècle , que les collections

(i) Voyez, pour le traitement delà colique he'patique, ce que je dis page 170 , relativement à la conduite qu’il convient de tenir dans les cas où les malades rendent des calculs par les selles ou par quelque autre voie.

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aqueuses abdominales qu’on observe en pareille occurrence provenaient de ce que , le foie étant obstrué , et , par ce fait^ imperméable à la lymphe pompée par les bouches des absorbants , ce liquide s^ accumulait dans le bas-ventre (ij. Aujourd’hui que nous sommes mieux fixés sur la nature et les causes des maladies , la plupart des, médecins pensent que la variété de l’ascite qui nous occupe est occasionée par une plilegmasie chronique de l’organe sécréteur de la bile. La dernière de ces propositions est sans contredit beaucoup plus rationnelle que la première ; cependant elle ne donne pas une idée parfaitement juste du mécanisme par lequel s’opère alors riiydropisie. On aurait tort de se figurer en effet que ce phénomène pourrait avoir lieu si les désordres se bornaient au parenchyme hépatique : le foie n’est point susceptible d’exhaler de sérosité, comme semble l’insinuer M. Itard(2). Ce n’est jamais que lorsque l’irritation s’est communiquée au péritoine que les fluides s’épanchent dans l’abdomen.

Cette explication ne s’accorde pas avec la

(1) Dictionnaire des sciences medicales ^ tome xxii, page 578.

(2) Ouvrage cite' , tome id. , page id.

manière de voir de M. Bouillaud , qui , comme on sait , prétend que la cause immédiate de Tascite dite passive est l’oblitération de la veine porte. Mais je ferai remarquer d’abord que l’bydropisie dont il s’agit peut se manifester dans les affections chroniques du foie qui ont reçu le nom oh str actions , sans que la veine porte se trouve oblitérée, ou qu’il y ait même dans l’économie aucun autre obstacle au retour du sang. D’un autre côté , si l’on reconnaît avec moi que les dégénérescences tuberculeuses , cancéreuses , etc. , dépendent constamment d’une irritation, on ne saurait me refuser que, lorsque l’une de ces productions morbides coexiste avec un obstacle au cours du sang , le premier de ces ordres de causes concourt comme le second à la production de l’hydropisie. Si , au contraire , on se croit en droit de nier la nature sthénique des obstructions hépatiques, et qu’un obstacle au cours du sang veineux soit dans ce cas la seule lésion apparente à laquelle on puisse attribuer lascite , on n’est nullement autorisé pour cela à établir que la cause prochaine de celle-ci a été le ralentissement de la circulation veineuse. Toutes les fois que les veines abdominales distendues par les fluides n’absorbent plus , le sang artériel se rainasse dans le péritoine, parce que,

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(Vune part, le cœur conlinue à lui en envo}'er , et que, de l’autre, les radicules veineuses de cette membrane ne contribuent plus à dégorger les radicules artérielles qui leur correspondent. L’accumulation du sang rouge devient une cause de stimulation pour le tissu péritonéal ; l’activité sécrétoire de ce tissu augmente , et il résulte de ce fait une collection d’eau plus ou moins considérable. Ainsi , quand meme on ne regarderait pas les tubercules, les cirrhoses , etc., comme le produit d’une maladie irritative , on serait toujours forcé de m’accorder que l’obstacle au cours du sang , qui, selon M. Eouillaud , détermine immédiatement l’iiydropisie dans cette circonstance , ne l’occasione que par l’intermédiaire du péritoine surexcité.

Lors donc que les obstructions du foie existent seules ou qu’elles sont compliquées d’un obstacle au cours du sang, et qu’une ascite survient , la cause prochaine de celle-ci est l’irritation. L’ascite dite passive est donc de même nature que l’ascite sthénique ; la première est à la seconde ce qu’une affection chronique est à une affection aiguë.

iy8 CONGESTIONS SANGUINES PASSIVES

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