CORDULEGASTER BIDENTATUS, De Selys
CORDULÉGASTER BIDENTÉ.
Syn. Cordulegaster bidentatus ; De Selys. Ann. Soc. Ent. de France, avril 1845. — Id. Bullet. Acad. Brux.18435.— Id. Rev. Odon. n° 2.— [d. Synops. n° 109.
Cordulegaster annulatus ; (Pars) De Selys, Monog. Libell. Eur. Cordulegaster pictus ; De Selys, Synops. Gomp. n° 114 (Race).
Types. Race pictus.
RO us RL OS Dim. Longueur totale o" 65-740m ,Q 74mm TIR NOT T8;82mm Abdomen 50-56 55 55 57-62 Appendices supér. 2 1/5 1 2 4/2 1 4/5-1 Largeur de la tête 9"4/2-10, 11 11 11-11 4/2 Aile supér. 42-45 49 47 50-52 — infér. 42-45 49 47 50-51 Largeur de l’aile supér. 8 4/2-9 4/2 10 4/2 10 11 — — infér. 11 1/2-12 1/2 14 12 1 15 Ptérostigma des supér, 3 1[2 3 5/3 3 4/5 3 4/2-4 1/8 — des infér. 3 3l44 4 4 4 4/2-5 1/4 Lames vulvaires 9 4/2 9 4/3-10
Comme cette espèce ressemble infiniment à l’annulatus type, du nord de l'Europe, on la distinguera plus aisément en signalant les différences.
o* 1° La raie noirâtre du front est un peu plus longue et très-constante, un peu relevée en pointe aux deux bouts; elle est en tous cas limitrophe de la crète frontale, tandis que chez l’annulatus elle est placée un peu plus bas.
L'excavation du front est d’ailleurs un peu différemment construite ; la base du front devant les ocelles est moins bordée de noir,
2° La lèvre supérieure est toujours notablement bordée de noir sur les côtés, et le devant est également bordé de noir très-légèrement,
3° Le petit triangle formant l’occiput en avant, est noirâtre, surmonté d’une crète de poils mélangés de noirâtre et de cendré jaunâtre ; cet occiput n’est vési-
600 Eox. De Secvs Lonccaaurs. — Monographie culeux ni en avant ni en arrière, mais de ce dernier côté il est comme chez l'annulatus, jaune avec un point noir enfoncé.
4° La ligne jaune entre les deux bandes latérales du thorax est nulle ou trèsinterrompue (réduite à une tache supérieure chez la femelle).
5° Quoïque les anneaux médians jaunes soient étroits, ceux des 7° et 8° segments se voient constamment en dessous. Le 10° segment a un point jaune de chaque côté; les 2°, 3° et 4° segments ont de chaque côté une ligne jaune étroite transverse finale, interrompue à l'arête, qui figure le second anneau de l’annulatus, mais ce vestige est tout-à-fait nul sur les segments suivants.
6° Les appendices anals supérieurs sont notablement éloignés l’un de l’autre, et plus étroits à leur base. Outre la dent interne submédiane, qui est un peu plus éloignée de la base (étant presqu’au milieu), ils ont, vers le premier quart, une seconde dent externe latérale, également penchée vers le bas et en arrière, de sorte que, de profil, on voit à La fois ces deux dents.
L’appendice inférieur, conformé d’une manière analogue à celui de l’annulatus, est plus long, arrivant aux trois quarts des supérieurs , donc plus long que large, et un peu rétréci à son extrémité, qui n’est pas visiblement échancrée.
70 La nervure costale est à peine jaune en dehors,
Le ptérostigma est plus court; la grande cellule près de la membranule semble presque toujours divisée en trois, rarement en quatre cellules. Chez l’annulatus elle l’est ordinairement en cinq.
© Elle diffère de l’annulatus comme le mâle :
1° (Voir ci-dessus n° 1).
2° La lèvre supérieure toujours largement bordée de noir de tous côtés, même en avant, de sorte que le prolongement médian de la base la coupe en deux, en atteignant le noir du devant. (Dans la Revue des Odonates il est imprimé par erreur lèvre inférieure).
4° (Voir ci-dessus n° 4),
5° Coloration de l’abdomen comme le mâle, mais différant beaucoup de l’annulatus par l'absence de taches jaunes à la base des lames vulvaires, et par la forme de l'anneau très-interrompu du 8° segment, qui ne consiste qu’en deux lignes étroites jaunes. Le bord postérieur de ce dernier segment écailleux n’est pas sillonné longitudinalement et prolongé, mais assez subitement rentré en dedans.
6° La nervure costale est noirâtre en dehors , ou seulement à peine et finement jaunâtre entre le nodus et le ptérostigma; ce dernier plus court et noirâtre.
Race : Cordulegaster pictus, De Selys, Syn. Gomph.
g‘ Semblable au bidentatus type; les anneaux jaunes de l'abdomen à peine un peu plus larges, et celui du 3° segment rejoignant plus largement le jaune du dessous vers la base. Les nombres sont : Ailes supérieures : 18 antécubitales; in- ‘| fériqures : 14 antécubitales ; 14-17 posteubitales ; 4 cellules sous le ptérostigma.
des Gomphines. 691
© Adulte. Elle ressemble excessivement, sous lo rapport des couleurs, à la femelle de l’insignis. Voici en quoi elle en diffère :
1° Le front un peu plus excavé, la bande transverse noirâtre de la crète antérieure plus large,
2° La lèvre inférieure largement bordée de noir de tous côtés, la virgule noire médiane bien marquée, touchant la base.
30 L’occiput brun foncé en avant, à poils brun clairs; la tache blanchâtre du derrière des yeux plus étroite,
4° Les deux bandes jaunes du devant du thorax plus étroites en avant, où elles sont régulièrement cunéiformes (non arrondies en dedans).
La raie jaune intermédiaire des côtés est divisée en deux ou trois petites taches (ce dernier caractère est variable chez l’insignis),
50 La tache jaune latérale du 1° segment est beaucoup plus grande; les 2°, 3°, 4°, 0°, 6° ne diffèrent pas, si ce n’est que le 2° a une tache latérale terminale assez grande, blanc jaunâtre, et qu'aux autres, le grand anneau jaune médian est complet en dessous, où il passe au blanc jaunâtre et se rapproche obliquement de la base. Aux 7° et 8° l'anneau ne diffère pas de l’insignis, il est seulement plus large en dessous, où il occupe la moitié basale.
60 Les 9° et 10° segments mous, d'un brun roussâtre, ne diffèrent peut-être pas à l’état frais, excepté par l’absence de tache jaune au 10°.
70 Les lames vulvaires sont plus fortes, plus longues, et marquées chacune à
leur base d’une tache arrondie jaune roussâtre, comme chez l’annulatus.
80 Il y a plus de nervules antécubitales aux ailes supérieures (20-22) les autres nombres ne diffèrent guère; 13-17 antécubitales aux inférieures, 14-17 postcubitales aux quatre; les triangles de deux cellules (trois à l’un des supérieurs); le ptérostigma est plus long; le liseret jaune de la costale plus mince.
11 résulte de la comparaison établie ci-dessus, que le pictus femelle semble par son dessin, intermédiaire entre l’insignis et le bidentatus. Voici en quoi il diffère de la femelle de ce dernier : La bordure noire de la lèvre supérieure n’est pas si large sur ses côtés ; l’occiput, vu antérieurement, semble plus renflé en demicercle, les poils qui le surmontent plus roussâtres; les anneaux jaunes de J’abdomen beaucoup plus larges en dessus, et complets en dessous; l'écaille vulvaire un peu plus longue, marquée de deux taches jaunâtres à la base; la costale liserée de jaunâtre en dehors.
S'il s’agit de la séparer de la femelle de l’annulatus type, nous citerons son front moins excavé, l’occiput non vésiculeux, sa lèvre inférieure bordée de noir de tous côtés (cependant le caractère dela lèvre serait nul en ce qui concerne la ace de l’annulatus nommée intermedius). La raie jaune latérale intermédiaire u thorax réduite à deux vestiges; la grande largeur des anneaux jaunes do ’abdomen, complets ; l'écaille vulvaire plus longue; le ptérostigma plus court.
Je ne pense pas qu’une confusion soit possible avec les autres espèces.
602 En. De Srzvs Loxccnaups, — Monographie
Fatrie. J'ai découvert la race de l’Europe centrale, qui forme le type, dans les bois secs et montagneux en Belgique, à Colonster prés de Liége.
Elle se trouvait sur le bord des ruisseaux et des chemins à la fin de juin , en même temps que la Melitea maturna.
Elle vole lentement, en planant, comme l’annulatus.
Elle a été retrouvée depuis dans les Pyrénées (1), dans le duché de Nassau à Wiesbaden (M. Bekker), près de Bonn (M. Caspary) et de Vienne en Autriche. Son habitat est sans doute plus étendu, mais elle aura peut-être été plus d’une fois confondue avec l’annulatus , à laquelle elle ressemble à s’y méprendre, bien qu’elle en soit certrinement distincte.
La race méridionale pictus, que j'avais soupçonnée à tort provenir de l'Inde, d’après une femelle type, se trouve dans PAsie mineure à Brousse , d’après un couple déposé au Musée de Vienne. Le mâle de cette race ne présentant aucun caractère qui le sépare spécifiquement du bédentatus , je me suis rallié à l'avis de M. Hagen, qui n’admet pas le pictus comme espèce.
Ce n’est done qu’une race méridionale, plus largement jaune, comme on en voit chez l’annulatus, différence qui n’est vraiment sensible que chez la femelle, où elle se marque par les larges anneaux jaunes de l’abdomen , la nervure costale liserée de jaune en
dehors, et les deux taches basales jaune roussâtre des lames vulvaires.
(1) J'avais d’abord connu cet habitat par M. Castex, d’Argèlez, qui m'avait envoyé un exemplaire des environs du Pic du Midi; mais cette année (1857) j'ai retrouvé l'espèce aux Eaux bonnes (Basses Pyrénées); elle y était assez commune à la fin de juin et au commencement de juillet, en même temps que l’annulatus. Elle volait sur des filets d'eaux très-faibles, qui coulent sur les côtes rapides , près du village, J'ai vu la femelle déposer ses œufs au milieu des herbes, dans un terrain un peu marécageux mais à peu près dépourvu d’eau, ce qui prouve que la larve peut vivre presque sans eau, ce qui n’est pas la même chose pour
la plupart des Æschna, dont je n’ai trouvé en effet aucune espèce dans la même localité,
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