LES ABBÉS GOMMEND AT AIRES
35e abbé
4er abbé commendataire
Claude de Longvic, cardinal de Givry
Hélas! Ce n’était pas seulement la venerabilis vit a de Jacques de Jaucourt qui finissait à sa mort. C’était bien la vie admirable de la vieille abbaye qui descendait au tombeau d’où allait sortir la Commende qui ne tardera pas à faire sentir les tristes influences de sa nouvelle prise de possession.
Après avoir été maintenu dans la pratique salutaire de la règle par des exemples constants, par une autorité toute paternelle et toujours présente, le couvent, en changeant d’administration, va nécessairement se laisser aller à un nouveau relâchement. Le cœur humain ne peut pas toujours progresser dans la recherche du bien, de même une communauté religieuse en vieillissant s’éloigne toujours de son observance primitive, surtout quand il y a dans son gouvernement intérieur des causes excitantes.
L’institution de la commende établie par l’Etat sera la perte des communautés religieuses.
Les commendataires n’étaient dans le principe que de simples visiteurs délégués temporairement dans le but d’assurer le maintien de la règle, et de remplacer pour un temps les abbés décédés. Bientôt
ils parvinrent à rendre leurs. fonctions permanentes, tout en vivant de la vie du monde et loin de leurs communautés. Comment avec de tels éléments les vieilles traditions monastiques auraient* elles pu se
maintenir et résister à tant de causes dissolvantes (1).
Claude de Longvic, était fils de Philippe de Longvic et de Jeanne de Beauffremonl, seigneur de Pagny-Givry et de Longue-Pierre dans le Doubs. Parmi tous les grands dignitaires ecclésiastiques, il n’y en a pas un seul qui ait rempli ou cumulé autant de fonctions que lui. Prêtre, il fut aussitôt fait chanoine, archidiacre, évêque de Maçon en 1513, prieur de Saint-Léger, près Magny-Saint-Médard, abbé de Pothières, de Bèze, du Yal-des-Choux qu’il fut obligé
de quitter, puis de Saint-Etienne de Dijon, de Saint- Bénigne, c’est pour cela qu’il était représenté sur un tableau de la cathédrale ( Bougaud ).
Pendant trois ans, abbé commendataire de Fontenay, trésorier de Saint-Martin de Tours, administrateur des évêchés de Périgueux, d’Amiens, de Poitiers, enfin créé cardinal de Sainte- Agnès, place Navone, par Clément VIL
Quand il était évêque de Mâcon, il présida au nom de François de Rohan, archevêque de Lyon un concile qui se tenait dans cette ville. Les évêques de la province y assistaient ou s’y étaient fait représenter. On y condamna les erreurs de Luther (2).
En quittant levêché de Mâcon, il passa à celui de
(1) Mignard, 5, abbayes. ...
(2) Henrion, 7. v. 120, Notice chronol. d’Autun, 55. — Vignier,
chronique de Langres, 204 . . • ' ?
Langres en 1530. Sous lui deux protestants ayant été surpris en faisant la cène chez eux, furent brûlés sur la place publique, leur maison renversée, et remplacée par une chapelle (1).
Délégué du clergé, il avait voté les subsides demandés pour la rançon de François 1er. Il assista aux obsèques de ce roi avec 9 cardinaux, 40 archevêques et évêques. Il assista au sacre d’Henri II comme Duc et Pair de France. En 1547, il consentit à la construction de l’église de Planay à la condition que le curé serait à la nomination de l’abbé de Fontenay (2).
Au milieu de tant de dignités, il avait à peine le loisir de penser à Fontenay, mais la mense épiscopale ne l’oubliait pas.
Il mourut au château de Mussy, en 1560; à Rome, il était appelé le saint cardinal (3).
2e abbé comrnendataire
Louis de Lorraine, 1560-1578
Louis de Lorraine, Cardinal de Guise, évêque de Troyes, fut abbé commendataire de la Bussière, de Pothières, de Saint-Michel de Tonnerre, de Saint- Germain d’Auxerre, de Notre Dame de Châtillon, de Fontenay (4).
(1) Vignier, chroniq. (Je Langres. 207. — Roussel.
(2) Ridet, titres de Font. 379. — Gall. Christ. 1093.
(3) Saint-Bénigne, de M. Bougaud, 323.
(4) Gall. Christ. 498. — Manuscrit de Chat,
Il avait pour maître d’hôtel Jacques de Pradel, sire de Montholou, à qui il passa procuration pour administrer les biens de l’abbaye. En 1560, il amodie à bail emphytéotique à Mathieu Delinotte, curé de Marmagne, 54 arpents à la Croix- Prieur ou Perrier, à condition de donner chaque année 3 deniers par arpent, pour la tierce une gerbe sur 10, et pour la dîme une sur 40 (1).
La Croix-Prieur ou Perrier est ainsi dénommée parce qu’elle a été plantée par un religieux de Fontenay, nommé Perrier»
Cet abbé mourut à Paris, le 28 mars 1578, sans avoir vu Fontenay auquel il avait renoncé (2).
37e abbé
3e abbé commendataire , 4553-7754
Jean de la Brosse, comte et archevêque de Vienne, protonotaire apostolique.
Il donne à Antoine Cosseret et à Philibert Goussot de Marmagne plusieurs pièces de terre et vignes à cens perpétuel; à Jean de Paris, blanchisseur, plusieurs arpents de la forêt pour trois deniers tournois de cens annuel; à un Bigame de Marmagne, aussi plusieurs arpents à la Combe- Belle-fin à défricher ; il donnera trois deniers à cens perpétuel. Avec la permission du Saint- Siège, il amodie à des habitants des Morots quelques terres qu’ils avaient usurpées et cultivées
(1) Cart. Marmag. 5-94.
(2) Gallia Christiana.
depuis plusieurs années sans payer de redevances; à Claude Munier, grainetier pour le roi, à Saulieu, à Victor Dumercy, marchand à Touillon, les revenus temporels de Marmagne, Morville et Flacey, pour 2.300 francs, des carpes, des brochets, et du vin des Arpains, mais rendu à Fontenay; à Droynot de Saint-Remy, à Symphorien Canat, notaire royal et greffier des terres de l’abbaye, les revenus temporels de Saint-Remv; renouvelle le bail du Pressoir aux mêmes conditions que Jacques de Jaucourt (1).
A cause de la licence générale qui provenait des guerres continuelles de la Ligue, l’administration de l’abbave devenait très difficile. Les familles mainmortables se dérobaient à l’autorité de l’abbé; les colons et serfs quittaient les fermes pour se retirer dans les villes, où inconnus ils pourront échapper à leurs obligations : les amodiateurs falsifient les titres, usurpent les terres et refusent tout paiement. Jean de la Brosse adresse ses plaintes à Henri IV qui se trouvait à Dijon, la 7e année de son règne Ce roi rend une ordonnance qui commande aux hommes de Fontenay de rentrer sur les terres de l’abbaye, aux débiteurs de s’acquitter de leurs dettes sous quarante jours. Quand ce temps sera écoulé, la justice agira sévèrement. Nous n’avons pas trouvé le résultat de cette menace royale (2).
L’acte le plus important de l’administration de Jean de la Brosse a été l’affranchissement des habitants de Marmagne en 1571. D’après les conventions
(1) Cart. Font. 127. — Ca,rt. Marm. 65. — Montb. 37.
(2) Cart. Tonnerre, 148.
de l’affranchissement, ils devront toujours payer la taille seigneuriale de 52 livres tournois, 10 livres du droit d’affranchissement, la dîme de blé, une gerbe sur treize dans la montagne, une sur dix-huit dans la laume, plus la dime de raisin (1).
Les habitants ne furent pas longtemps reconnaissants de la liberté qui venait de leur être accordée. Quelques années après, plusieurs habitants refusent la dime sous prétexte que telle ou telle terre n’y est pas sujette. Ce refus pousse l’abbé à intenter un procès; 33 témoins déposent en faveur des habitants, 33 défendent les intérêts de l’abbaye qui a gain de cause et fait condamner la commune à 840 francs pour les arrérages. Dans ce procès il y eut un témoin
récusé, un sieur d’Epoisses, curé de Vignes, parce qu’il était de Marmagne, ou bien qu’il avait été curé de Montbard (2).
Jean de la Brosse avait obtenu de Charles IX la permission de fortifier Fontenay par un mur, des fossés et des tourelles afin de le protéger contre les gens d’armes qui tenaient toujours la campagne (3).
Il avait donné à Jean l’Ermite et à Jean Pingot de Tonnerre la maison en face Notre-Dame qui venait d’être brûlée à condition qu’ils la relèveraient de ses cendres et donneraient chaque année 50 sous tournois. Sur la fin de Jean de la Brosse, Guillaume de Thil était amodiateur des revenus temporels de l’abbave. A cette époque l’abbé avait la libre disposi-
(1) Archives de la commune de Mann., citées au chap. X.
(2) Archives de la com. et de Font.
(3) Archives de Dijon et Font.
tion de toutes les ressources du couvent, sauf la pitance donnée à chaque moine, et ils étaient au nombre de treize (1).
Claude Charaut, prieur, Guillaume Gueldret, sousprieur, Jean Testard, secrétaire, Jean Moireau, chantre, Claude Leblanc, Clément Gossard, Charles Dufraisne, P. Tonnaut, Guillaume Plaisant, P. Merlet, Valentin Billoquet, P. Odinot et Didier Perrier, celui qui avait érigé la Croix-Prieur ou Perrier (2).
38e abbé
4e abbé commendataire Edmond de Laage, 1574-1592
Edmond de Laage, conseiller du roi, aumônier au sénat de Paris, est cité dans les registres de la cour des comptes de Dijon. Il amodie à Lazare Thibaud de la Motte-Ternaut et à un Compain de Moutiers-Saint-Jean tous les revenus temporels de Fontenay. L’acte est passé au château de la Brosse, paroisse de Saint-Bonnet-du-Four en Limousin. Sur des amodiations de terres à Marmagne et au Fain il réserve 41 chapons (1).
Sous ces abbés commendataires les titres et les propriétés sont tellement négligés que les 24 moines domiciliés à Fontenay ne savent plus qu’ils sont propriétaires du moulin Colle du Fain et de 32 jour-
(1) Cart. Tonnerre, 52.
(2) Archives de Dijon.
(3) Cart. de Font. 156.
naux de terre entre le rupt de Jallain et la Laume de Nogent. Ilsrentrent en jouissance de ces biens sur l’attestation de Guyot et de Bernard du Fain, qui en avaient été les amodiateurs (1).
En 1577, à l’occasion de l’aliénation des biens ecclésiastiques, il paraît que cet abbé ne s’y soumettait pas, car la cour épiscopale de Langres lit vendre au Petit-Fontenay de Tonnerre 70 arpents en terres, prés, vignes qui furent achetés par Jacques Canette, écuyer, seigneur de Bernout pour 1560 livres tournois qui devaient être versées sous huit jours, plus une rente annuelle de trente livres à l’abbé. Pour la propriété du Petit-Fontenay, l’abbé était taxé à 20 écus (2), en cour de Rome.
Lors du siège de Montbard en 1590, Fontenay dut souffrir beaucoup de la part des soldats des deux camps, surtout des Huguenots campés à Montfort sous la conduite de Tavannes (3).
En 1587, l’abbé de Clairvaux, Lupin Lemire, fit un règlement, pour fixer à 25 le nombre des moines tant prêtres que convers. Aussi sur l’amodiation des fermes, l’abbé a soin de réserver 25 prébendes journalières pour les 25 religieux qui étaient au couvent, sans s’occuper de la qualité ou quantité de chaque prébende (4).
Il gardait la jouissance de deux tuileries, du moulin et du grenier du grand bâtiment de Fontenay.
(1) Cart. du Fain, 173.
(2) Cart. de Tonn. 164.
(3) Manuscr. de Chàtillon.
(4) Manuscr. de Chàtil. Documents sur Font.
Aux 13 religieux de Jean de la Brosse, il faut ajouter Claude Dorey, Jean Alix, Hubert, de Villars, Hugues de la Canne et Régner de Boisselet (1).
Cet abbé aliéna beaucoup de propriétés de l’abbaye au grand mécontentement des moines qui n’avaient plus l’administration de leurs biens.
39e abbé
5e abbé commendataire
François de Foi, seigneur de Candalle, évêque
d’Aire, 1594-1596
Cet abbé ne vit pas Fontenay; il prit possession par Gabriel le Fuselier, seigneur de Fontarches, qui loua à Malachim et à Dutarte de Montbard 12 arpents dont une partie à Corlresson ou la Capitaine, et l’autre à Hauterive sur la route qui va à Morville.
Voilà tous les souvenirs de son administration qui fut courte (2).
40e abbé
6 c abbé commendataire Dom Sinèse
Dom Sinèse ne fît que passer, et cependant il sut mériter cet éloge « plût à Dieu que ses jours fussent plus longs. » (Man. de Châtillon.)
(1) Cart. de Font, passim.
(2) Man. de Chat. — Cart. de Mann. 25.
41e abbé
T abbé comme nda taire
Louis Bauffremont de la Valette, 1610
Louis Bauffremont de la Valette, conseiller du roi, son premier aumônier, ainsi que du dauphin était abbé de la Grande-Selve en Berry, de Saint- Menge et de Fontenay. Il obtint de Louis XIII l’autorisation de rechercher tous ceux qui devaient à Fontenay, dîmes, cens, redevances et autres pour les taire payer au plus tôt. Il réclama 10 journaux de vignes à Pouillv, près de Dijon, amodia à Oudot du Fain 7 ouvrées à la Griache et à Jacob de Marmagne un champ à Corbeton (1).
Sous cet abbé, en 1595, Marie de Damas, veuve de Jean Debadet, gouverneur du château de Montbard, qu’il avait vaillamment défendu contre Tavannes, recommanda par son testament de mettre en pension, chez le curé de Saint-Remy, Biaise Biesseau, Pierre de Damas, son neveu, orphelin de Gabriel de Damas, seigneur de Villiers. A sa mort, elle fut inhumée à l’église de Montbard. Elle avait été bienfaitrice de Fontenay (2).
En 1636, quand Galas ravageait Mirebeau et ses environs, un cardinal, Louis delà Valette, commandait les troupes à Dijon. Ne serait-ce pas notre abbé commendataire (3)?
(1) Cart. Font. 116 — Cart. Font. 182. — Marmagne, 60.
(2) Archives de Montbard, 2e volume.
. (3) Lory, cheval, de Malte.
Sur les réclamations de la Valette, l’abbé de Clairvaux, Claude Largentier, réduisit à 22 le nombre des religieux de Fontenay. Les guerres sans cesse renaissantes, les malheurs des temps avaient diminué sensiblement les revenus de l’abbaye; c’est pour cela que le nombre des moines devait aussi diminuer (1).
En 1608, Dom Fauconnier, vicaire générai de la Valette, prieur de Fontenay, sous-prieur du Val-des-
Choux a été nommé aux Etats de Bourgogne.
42e abbé
8e a bbé corriviendcLtaire
Charles Pérusse d’Escars, évêque de Langres
Charles Pérusse d’Escars, d’abord évêque de Poitiers, passa à Langres en 1572. Il fut abbé commendataire de Bèze, de Saint-Bénigne, de Molesmes, de Pothières; il avait la réputation d’un excellent abbé. En 1585, il fut choisi par le Parlement de Dijon pour terminer les difficultés entre Montrigaud, abbé de Notre-Dame de Châtillon et ses religieux les chanoines. Son administration n’était pas paternelle, car il était surnommé le fléau des abbés (2).
Charles d’Escars bénit à Dijon l’église Saint- Nicolas, le 10 juin 1610, celle des capucins en 1611 (3).
La même année, Étienne Maillard et Nicole Bouriot, sa femme, de Marmagne, s’abandonnent
(1) Manuscrits de Châtillon.
(2) Chronique de Langres — 215. — Gai. Christ. 637, — Roussel, 1er vol. 120.
(3) Courtépée, 2e vol. — Mignard, abbaye N.-D. de Châtillon.
au couvent en se réservant leur entretien, leur sépulture avec les prières destinées à un religieux (1).
Notre abbé ne visita pas Fontenay, il abdiqua en 1614 en faveur de son neveu qui lui succéda.
43e abbé
9G abbé commendataire
Charles Ferrières de Sauvebeuf
Son oncle, Charles d’Escars, évêque de Langres et commendataire de Fontenay, ayant donné sa démission, fut remplacé à Bèze et à Fontenay par son neveu, Charles de Sauvebeuf, âgé seulement de 13 ans. Sa jeunesse ne lui permettant pas d’administrer par lui-même ses commendes, il confia à son père le soin de les gérer. Cet abbé était proche parent de Anne Thérèse Ferrières de Sauvebeuf, marquise de Yasson, aïeule maternelle du célèbre comte de Mirabeau, né le 19 mars 1749, au château de Bignon-Loiret (2).
Dans la longue série des abbés, il n’y en a pas un seul qui ait administré aussi longtemps, de 1614 à 1679, soixante-cinq ans. Pendant qu’il était abbé de Bèze, il vit cette abbaye ruinée de fond en comble par Galas. Elle se releva en 1663 en se réunissant à Saint-Maur de Paris. 11 n’était pas bon pour ses religieux. Sous prétexte de guerres, de gelée, des ravages exercés par les Lansquenets logés â Bèze, il voulait diminuer d’un tiers la pitance des religieux,
(1) Cart. de Marmagne, 167.
(2) Courtépée, 4e vol. 712. — Chron. de Langres, Vign. 216.
mais sur leurs réclamations, le bailly de Langres le condamna à la leur donner comme auparavant (1). Il apporta la même dureté avare à Fontenay. Disposant à son gré de tous les revenus, il donnait aux moines qui y résidaient ce qui lui plaisait. Assez mal entretenus, ils demandent un partage plus équitable, mais l’intérêt de l’abbé repousse cette demande cependant bien juste (2).
Il habite rarement son abbaye. Les actes sont signés des Prieurs, des Cellériers, Dom Gillet, Dom Gueniehon, des Thevenin, et de Jean Nadaut, son homme de chambre (3).
Durant son absence tout soutire, tout est négligé. Les batiments exigent des réparations urgentes. Pour ne pas les (aire, il les rase, détruit la plus belle salle de Bourgogne, la grande infirmerie, où il y avait une chapelle des morts, et démolit encore d’autres constructions malgré l’opposition des moines. Il n’y a pas eu d’administration aussi remplie que la sienne, mais pas toujours à l’avantage de Fontenay (4).
En 1614, il amodie la terre de Saint-Remy, afin que les revenus soient employés à réparer le château qui avait été brûlé en 1588. Il amène dans ia cour la fontaine du village. En 1623, par Jarris son procureur, il amodie tous ses revenus temporels à Jean Blaisot, grènetier pour le roi au magasin de Montbard et à Jean Fillotte, greffier aussi à
(1) Courtépée, Art. Bèze. — Roussel. Art. Bèze.
(2) Cahiers de visites aux archives de Dijon.
(3) Cartulaires de Font. Tonn. Marm. passim. Montb. 31,
(4) Manuscrits de Chàtil. Documents sur Font.
Montbard. Dans l’acte, il réserve vingt livres tournois pour une messe à l’intention d’une demoiselle de Sauvebeuf, décédée (1).
En 1626, pour réparer les grandissimes ruines occasionnées au moulin, et au foulon de Choiseau, il fait annoncer par Sébastien Magnien, sergent du couvent, la location de ces usines. Elle fut tranchée en faveur d’un Berthier pour trois vies, au prix de 17 setiers, tiers froment, tiers seigle, et tiers avoine; 17 boisseaux par setier, et trente-six livres tournois chaque année. Pour le vin l’amodiateur doit donner à l’abbé 200 livres, et 28 au prieur et aux moines pour être employés de suite aux bâtiments qui avaient beaucoup souffert pendant les guerres 1589-1597 (2).
De Sauvebeuf, en 1632, soutint un procès contre Pierre de Damas, seigneur du Fain, sire de Marande, pour le droit de haute justice sur îe Pressoir. Un Mathieu de Montbard avait été tué au Pressoir par un homme de Fresnes. Pierre de Damas prétendait avoir le droit d’évoquer cette affaire à son tribunal, sans doute parce que le Pressoir avait été donné autrefois par Béatrix du Fain. Sa prétention injuste ne fut pas acceptée, et l’abbé fut maintenu dans son droit (3).
En 1641, un sieur Paupie de Lucenay, commensal du roi, amodiateur des terres du couvent avait, à l’insu de l’abbé et contrairement aux conven-
(1) Cart. de Font. 140.
(2) Cart. de Marm. 252.
(3) Cart. du Fain. 225.
tions du bail, converti en étang 13 arpents de près à Vadenay. L’abbé réclama, mais l’éloquence de Paupie prouva qu’il avait agi ainsi dans l’intérêt de l’abbaye; sa parole fut acceptée; il dut en compensation donner chaque année six sous et six des plus belles carpes chaque fois que l’étang serait pêché. Pendant 29 ans, sous et carpes ne furent pas donnés, et le procès occasionné par cette omission volontaire fut terminé par Jacob Lernulier de Semur sous l’abbé suivant (1).
Les habitants de Fontaines et des Morots ne voulant pas ou ne pouvant pas payer les 24 setiers qu’ils devaient, parce que plusieurs des amodiateurs qui étaient solidaires, avaient laissé leurs terres incultes demandent à changer cette redevance en tierce de 15 gerbes l’une de toute graine. Cette proposition est acceptée dans l’intérêt du couvent et des habitants. L’année suivante, ces amodiateurs trouvant ces conditions encore trop lourdes proposent de changer les terres tierçables en cens plus léger. Cette demande est encore admise. Avec cette mauvaise foi d’un côté, cette faiblesse de l’autre; quel revenu les 885 journaux des Morots pouvaient-ils procurer au couvent (2)?
Bornot, curé de Fontaines avait dépensé à la chapelle Sainte-Anne des Morots, 50 livres ; les habitants ne voulaient pas les lui rendre; sur le conseil de Sauvebeuf, les 50 livres seront rendues, le curé ira dans la suite aux Morots pour y faire les mariages,
(1) Cart. de Marm. 275.
(2) Cart. de Marm. 235.
la levée du corps des grands et petits, et l’abbé lui donnera, comme gros décimateur, chaque année un quart d’arpent de bois dans le Vaux (I).
Un Pierre de Fresnes, ex-moine à Fontenay en 1662, répare la chapelle de Saint-Bernard près de la fontaine la Racherie, y fait célébrer une grand’messe pour accorder une indulgence plénière qu’il avait obtenue du Pape. Il y eut une grande aflluence de population. L’officiant était Antoine Legros, abbé de Marcilly-ies-Avallon ; le Diacre, Dom Jacques de Moutiers-Saint-Jean et le sous-diacre, Dom Bénigne de la Plante de Saint-Étienne de Dijon. Nicolas de Lessalot, doyen du mépart de Montbard, y fit une très belle instruction, qui fut très applaudie (2).
A la demande de l’abbé de Sauvebeuf, Louis XIV en 1660 commande à ses huissiers de forcer tous les débiteurs de Fontenay de payer ce qu’ils devaient. Quand la somme était de 50 livres, elle devait être versée à Dijon; si elle était inférieure à ce chiffre, les débiteurs étaient soumis à la justice locale. Cette ordonnance royale fit rendre à Tonnerre plusieurs propriétés usurpées depuis quelques années et cultivées sans payer de redevances (3).
En 1642, Jean Lebeau, couvreur à Fontenay,
achète de Philibert Epry de Marmagne un journal à la combe Saint-Laurent; un Jacob, un Thévenin, domestiques à Fontenay, cèdent au couvent les
(1) Cart. de Marm. 148.
(2) Cart de Font. 138.
(3) Cart de Font. 142.
journaux dans la même combe et un journal à la Fontaine-Ferrée (1).
Au nom de Sauvebeul, Dom Paget, cellérier, reçoit d’une dame Reine Renard de Montbard, 90 livres pour avoir une messe de Requiem avec vigiles la veille, mais au maître-autel; de Charles Sordoillet, joueur d’instruments, sa maison proche la chapelle de Saint-Jean pour deux services à trois grand’messes ; de Sébastien Magnien, leur sergent, un champ de la Chardonnière près l’étang du côté de la combe Belle-fin (2).
En 1662, de Sauvebeuf accorde aux habitants de Poiseul-la-Grange la permission de cuire où ils voudront, à condition que chaque famille donnera une mesure d’avoine. Quatre ans plus tard, il abandonna aux mêmes habitants la possession de l’église, à condition qu’ils en supporteront toutes les charges et qu’ils poseront au chœur une plaque commémorative de cette concession avec les noms de l’abbé et des religieux de Fontenay (3).
Cette même année, de Sauvebeuf signa la prise de possession de Agnès de Rouvres comme abbesse de Rougemont (4).
Quoique les moines fussent moins nombreux, l’abbaye avait encore une grande intïuence morale. Ses abbés, ses prieurs étaient députés aux États de Bourgogne. Dès 1618, frère Antoine en faisait partie; en
(1) Cart. (le Marm. 20.
(2j Cart. de Marm. 189.
(3) Manus. de Châtill. — Ridet.
(4) Rousse] et Rougemont.
1622, Dom Claude Vaussio; en 1632, en 1645, sa nomination continue. Dom Gauthier de Clairvaux, vicaire- général de Sauvebeuf, en 1650, et Dom Jouvenet, prieur en 1653.
Sous l’abbé de Sauvebeuf, Du Hamel a été prieur de Fontenay.
De Sauvebeuf était en même temps abbé de Saint- Amand, de Chelle dans le diocèse de Sarlat. Il mourut à Paris, après avoir été abbé commendataire 65 ans, ayant été nommé à 13 ans.
44e abbé
10G abbé commendataire
Anet Coustin de Masnadaut, 1679-1709
Cet abbé, venu du Limousin, était abbé-prieur du Prieuré de Chalard, arrondissement de Saint- Irieix (Haute-Vienne), d’où il vint en Bourgogne avec son frère et son oncle, curé de Pagéas, et Jean Nadaut, qui fut la souche des Nadaut delà Bourgogne; leur nom était Masnadaut. (. Montbard , par Mallard,
24 i.) Il était l’élu du clergé aux Etats de Bourgogne : il est question de lui dans la 1331° lettre du comte Bussy-Rabutin à Madame de Sévigné : « Un jour que nous dînions chez l’abbé de Fontenay, l’élu du clergé » (1),
Par ordonnance du roi il ht arpenter par un Carre d’Ancy-le-Franc les bois que Fontenay possédait à Fontaines-les-Sèches, à Planay, Étormay, la Villeneuve, Morville, le Tramblay. Il a compté
(1) Lettes de Madame de Sérigné, vol x, page 51.
2298 arpents desquels on a distrait 699 arpents pour l’usage de l’abbé, des moines, des tuileries et des Fours banaux (1).
Sous cet abbé, le parlement de Paris a déclaré que toutes les terres de Cîteaux et de ses filles étaient exemptes de dîmes et autres redevances soit qu’elles fussent cultivées par les moines ou par des mains mercenaires. Le même parlement en 1684 prend un arrêté par lequel les religieux de Fontenay devaient être compris dans les dépenses assignées sur les domaines de Bourgogne pour 6 livres et 6 deniers en argent à prendre sur la prévôté de Montbard, avec une redevance de trois setiers froment et 6 setiers avoine sur le Moulin du Pont (2).
Comme seigneur et gros décimateur de Marmagne, il touchait tous les revenus de l’abbaye, et donnait 50 écus à Thomassin, curé de Marmagne, pour l’encourager à bien faire le catéchisme. Le curé habitait Montbard, parce qu’il n’y avait point de Presbytère à Marmagne (3).
Sous cet abbé, Marchand, curé de Touillon, disait des moines de Fontenay « gens de probité à leur aise, «à ce que l’on dit, quoiqu’ils se plaignent toujours; ils sont 13 ou 14 tant prêtres que clercs » (4).
En 1685, Louis XIV commande aux gros décimateurs de donner aux curés 300 livres, au
(1) Cart. Font. 159.
(2) Cart. Font. 93. — Arch. de Dijon. 3 cart. 421.
(3) Arch. d’Autun.
(4) Arch. d’Autun.
vicaires 150, sans compter leur casuel et autres honoraires. Les curés et vicaires auxquels était due la portion congrue sont cités plus haut au chapitre des églises dépendantes de Fabbaye (1). (CTiap. xiy
Louis XÏV en 1675 avait déclaré qu’il maintenait en possession des biens ecclésiastiques ceux qui les avaient achetés, à condition qu’ils paieraient une somme déterminée au fisc royal et autorisait en même temps les religieux à rentrer en jouissance de leurs biens vendus injustement ou usurpés, pourvu qu’ils donnassent une indemnité pour le travail qui avait procuré aux terres une plus-value (2).
Le 13 janvier 1698, Louis XIV commande de faire le grand armorial de la France. Dans la partie cotée Bourgogne, les armes de Fontenay sont 2 barbeaux et en tête une Heur de lis. Dans ces armes sont trois souvenirs, du roi, des ducs et de la famille des Bernard de Montbard (3).
Anet Coustin avait vendu, aliéné injustement plusieurs propriétés conventuelles, négligé les réparations des bâtiments, dissipé les titres, enlevé les livres de la bibliothèque, causé un si grand tort que les moines obtinrent du roi l’autorisation de le poursuivre lui et surtout son frère qui doit lui succéder pour l’obliger à réintégrer ce qui avait disparu, ou au moins à donner une juste indemnité (4).
(1) Cart. de Tonnerre.
(2) Cart. Font. 88. — Cart. Marmagne, 296.
(3) Armorial génér. 1er vol. 173. — Courtépée, 3e vol. 550. — ■ Man. Chat.
(4) Cart. Font. 86-119.
Sur les pressantes sollicitations des abBés généraux de Clairvaux, de Marcilly-les-Avallon, de Trois- Fontaines, visiteurs de Fontenay, et surtout des religieux, Anet Coustin de Masnadaut, consent à partager tous les revenus de l’abbaye, mais il en garde les deux tiers pour lui, et laisse l’autre tiers aux moines qui ne pourront supporter longtemps un partage aussi injuste et aussi inégal (1).
En 1686, M. Baillet, président au Parlement de Dijon, et Mme Bretagne, son épouse, promettent de donner 30 livres sur Baigneux-les-Juifs. Masnadaut et Joseph Tisserand sous-prieur étaient aux États de Bourgogne, en 1694. Masnadaut et Laurent, prieur, en 1700; les mêmes en 1703; Masnadaut et Dom Cercelet en 1706. A son retour des États de Bourgogne, l’abbé reçut au château de Saint-Remy,
le maire, les Echevins et syndics de Montbard, qui allaient le remercier de la protection qu’il avait accordée à la ville, et le prier de la lui continuer. Ils lui offrirent 10 livres de truffes qui coûtaient 10 francs la livre (2).
Sous lui étaient religieux à Fontenay, Dom Cercelet prieur, qui recueillit tous les titres de l’abbaye en 4 volumes. Ils sont restés manuscrits et ont beaucoup servi à Ridet, archiviste de Semur, qui fit le même recueil en 1777 et 1785; Dom Gabriel Brocard, Dom Henri Perrier, Dom P. Andant, Dom Gille Cœurdoux, P. Doigneux, Ét. Lovel, Dom Barthé-
(1) Cahiers de visites aux arch.
(2) Registres de Montb.
lemy, Absolat, P. Chausseau, René Giffray, 11 moines.
En 1705, les marchands de bois de Paris qui faisaient flotter le bois sur le ruisseau de Fontenay promirent de réparer les dégâts occasionnés au grand bâtiment longé par le ruisseau (1).
Anet Coustin de Masnadaut, après avoir été 27 ans abbé, mourut au Petit-Fontenay de Dijon, en 1709.
45e abbé
iie abbé Commenclataire Jean Marc de Masnadaut 1710-1722
Cet abbé frère du précédent, docteur en théologie, missionnaire distingué, prieur d’Aisy-sous-Rougemont, était du diocèse de Limoges comme son frère. Il prit possession de Fontenay, en personne le 9 avril 1710, en présence de François Coustin de Masnadaut marquis de ce lieu, comte d’Avradour, neveu des deux abbés (2).
A son arrivée au château de Saint-Remy, les magistrats, les notables de Montbard, après une délibération, vinrent lui présenter leurs hommages, des truffes, et lui demander sa protection pour la communauté de Montbard (3).
(1) Archiv. communales. — Arch. de Dijon. — Montbard par Mallard, 241.
(2) Cart. Font. 137. — Roussel, III vol. 288.
(3) Registres de Mont. 1710— 155.
L’année suivante, Gabillot, Mignot Folletat de Grignon, reconnaissent devoir au couvent 10 sous et deux chapons gras. Plusieurs habitants de Marmagne, rétrocèdent au frère Brocard, prieur, dix journaux de terre usurpés à la Croix-Prieur. Le couvent, selon l’ordonnance de Louis XIY, leur donne 60 livres pour le travail qui a amélioré ces terres (1).
En 1711, il soutint un procès pour l’éminage de la ville d’Autun, il ne voulut pas paraître au tribunal. Il s’en rapporta à la décision de la Roquette, l’évêque réformateur qui prononça en sa faveur (2).
En 1713, il affranchit les habitants de Saint-Remy du droit de main-morte, mais ils paieront toujours les 52 livres qui étaient perçues chaque année à la saint Barthélemy. Cet affranchissement fut approuvé en 1729 par Robert III Gassot de Deffens, abbé de Clairvaux; en 1714 de Masnadaut avait affermé la terre de Saint- Aignan, près de Saulieu, pour 480 livres à M. de Chartraire, seigneur de Montigny et Bières, trésorier de Bourgogne, sans rendre compte. Plus tard cette propriété lui sera vendue par le comte Zaleusky, abbé commendataire de Fontenay (3).
En 1716, de Masnadaut donna à Jean Nadaut, son homme de chambre, la ferme de Lachereuille pour des maisons qui avoisinaient le Petit-Fontenay de Montbard (4).
(1) Cart. Grignon. 180
(2) Cart. d’Autun.
(3) Archives de Saint-Remy. — Archives de Fontenay.
(4) Cart. de Fontenay.
Il mourut en 1722 à Bourbonne-les-Bains où il fut enterré. Sous lui vivaient les mêmes religieux que sous l’abbé précédent, son frère.
46e abbé
i4e abbé Commenclataire François Sanguin de Liyry, 1723-1727
Le 23 Octobre 1723, Louis XV donnait ses lettres patentes qui nommaient Sanguin de Livry abbé eommendataire de Fontenay. Ce nouvel abbé était de Paris, âgé de 11 ans, et simplement tonsuré. Il prit possession de son abbaye par Jean Marc de Royère, abbé de Peyraux, (Ardèche). Entre autres formalités, il alluma un grand feu à la cheminée de la cuisine en signe de propriétaire (1).
Cet abbé avait un grand nom, une grande intelligence qui le tirent nommer ambassadeur en Espagne, en Pologne et en Portugal.
Il eut un nouveau procès pour le droit d’éminage à Autun. Les sœurs de la Visitation, les bénédictins ne voulaient pas acquitter cette redevance. A sa mort, en 1727, on fit la visite générale des propriétés de Fontenay; personne ne se présenta au nom de l’abbé pour répondre (2).
La prise de possession est signée Claude Guiton, prieur, Charles Dasque, cellérier, F. Rémond dépensier, Claude Lambert, Jacques Corps, Charne-
(1) Archives de Dijon.
(2) Archives d’ Autun.
reau, prieur d’Aisy-sous-Rougemont, Daubenton, Doublot, Guyot et Guenepin.
47eabbé
13e abbé Commendataire
Antoine François Blitterwik de Montcley
Cet abbé, haut dignitaire de l’église de Besançon, prieur de Charlieu, fut nommé évêque d’Autun le 8 janvier 1724, prit possession de son siège la même année, assista au concile d’Embrun en 1727, administra l’archevêché de Lyon en 1730, fut nommé abbé de Fontenay après Sanguin de Livry. Il en prit possession le 8 Octobre 1731, et en 1732 il fut transféré à Besançon où il mourut d’apoplexie le 13 Novembre 1734 (1).
En 1733, Dom Clugny, abbé des Trois-Fontaines, visiteur de Fontenay, constate sur son procès-verbal que les revenus de la mense conventuelle étaient de 6500 francs (2).
A la mort de cet abbé on lit la visite générale des bâtiments qui faisaient partie du lot des abbés, afin de reconnaître les réparations qu’ils n’avaient pas faites. Aucun de ses héritiers ne parut pour répondre (3).
(1) Arch. de Dijon, notice chronol. des évêques d’Autun, 70.
(2) Cahiers des visites.
(3) Arch. de Dijon et Hutun.
48e abbé
44e abbé Commendataire
Le comte Zaleuski 1735-1750
Le comte Zaleuski était premier référendaire de la couronne de Pologne, grand aumônier de Lorraine ; conseiller à la cour souveraine séante à Nancy, trésorier de Cracovie, Chevalier de l’ Aigle- Blanc, évêque de Kirvie et Chermières, abbé commendataire de Vaucher en Pologne, de Villers-Botnac en Lorraine, quand les lettres patentes du roi le désignèrent comme abbé de Fontenay, le 27 Février 1735. Ii en prit possession le 30 septembre 1737 en présence du marquis de Massol, seigneur de Collonges, de Magny-la-ville et la Serrée (1).
A peine fut-il installé qu’il vendit la terre de Saint-Aignan à un Chartraire de Bières, seigneur de Montigny, pour 500 livres qu’il donnerait annuellement. Cette terre a été vendue parce qu’elle était à charge au couvent. Comme gros décimateur, l’abbé devait 300 livres au curé, et entretenir le chœur et la sacristie de l’église. Chartraire avait 20 ans pour rendre au couvent une terre d’un revenu équivalent, ou donner chaque année 500 francs. Cette somme le gênait peu, comme trésorier de Bourgogne sans rendre compte, il avait 400000 francs de rentes. Cette fortune lui permit de donner au curé de Saint-Aignan 2000 livres pour une messe chaque semaine, à condition que chaque Dimanche,
(1) Archives de Dijon.
il prononcerait à la messe le nom de Chartraire, afin qu’il ne fût jamais oublié (1).
En 1739, six habitants de Marmagne vont de leur autorité privée couper au Gros-Buisson qui avait toujours été exploité par le couvent. L’assemblée des notables après plusieurs délibérations déclare la commune solidaire; un procès lui est fait, mais perdu par l’abbaye à la Table de marbre en 1753 (2).
Quelques années après, même procès est dressé par la maîtrise des Eaux et Forêts d’Avallon contre 6 autres habitants qui abattaient le bois au Larris des Fours, et perdu également. Ainsi Marmagne est devenu propriétaire de ces deux coupons de bois sans être désormais inquiété dans sa jouissance (3).
Dans le cahier de visite de 1745 on lit ce qui suit : « L’église trouvée dans un très mauvais état, causé « par l’humidité qui y règne, augmenté depuis « quelques années par la difficulté qu’ont les eaux a qui viennent du ruisseau de Saint-Bernard, de ce s’écouler par les canaux à eux destinés, et qui se ce répandent dans l’église, dans les temps d’inondacc fions, humidité qui a pourri absolument toutes les « formes du chœur, de façon qu’on est obligé de ce faire tous les offices du jour et de la nuit dans la « partie supérieure du chœur destinée à celui de la « messe seulement, ce qui, joint au mauvais état du <( reste de l’église, fait que l’office divin ne peut se « célébrer avec la décence convenable.
(1) Original de la vente. — Ridet, Titres de Fontenay.
(2) Registres de Mann. — Greffe de Dijon, année 1753.
(3) Archives communales.
« L’ancien réfectoire menace d’une ruine prochaine « si l’on n’y remédie, ce qui nous a paru pratique, « par la démolition sans laquelle il y aurait une perte « considérable de matériaux.
Derrière le grand bâtiment qui contient les caves et greniers règne un canal destiné à l’écoulement des eaux qui viennent de l’étang supérieur, lequel est totalement délabré, et sa réparation est d’autant plus urgente que si elle était négligée elle pourrait entraîner la ruine totale de la maison, si l’on n’a soin de le rechausser au moins du côté du canal et d’en relever le glacis. ( Visite de Dcm Clugny , abbé des Trois-Fontaines). Pour chaque visite il recevait 72 livres (1).
Dans son procès-verbal Dom Clugny consigne les réparations matérielles dont la communauté a besoin. Le visiteur suivant, Dom Mayeur VI, de Clairvaux, désignera aussi les ruines morales : il prescrit la lecture spirituelle, l’examen de conscience, la charité, le soin des malades; défend la chasse, le jeu, l’entrée des femmes sous peine d’interdit, commande aux religieux de porter toujours des habits propres, au dépensier de leur donner chaque année un vêtement neuf ou 90 livres, mais plutôt l’étoffe que l’argent.
Sous cet abbé, le couvent a rétabli depuis ses fondations le corps de logis dit inlirinerie, ayant son aspect au nord sur le jardin, et dans icelui pratiqué quatre chambres bien commodes et bien distribuées. A cette époque, l’abbé oblige celui de Saint-Michel de Tonnerre à réparer les dégâts causés au Petit-
(1) Plus, cahiers visit. à Dijon.
Fontenay par la rupture des écluses de son moulin. (Dormois.)
En 1741, Zaleusky abandonne aux religieux la maison abbatiale qui était en face du parvis de la grande église, et ceux-ci lui cèdent tous les appartements à gauche de la porterie et s’engagent à dépenser 4000 francs afin de les rendre dignes de l’abbé. Cet échange avait été conseillé dès 1684 par Pierre V Bouchu, abbé de Clairvaux, et Anet Coustin de Masnadaut l’avait aussi proposé, dans l’intérêt du recueillement et de la solitude nécessaires à un cloître, recueillement et solitude qui ne pouvaient exister quand l’abbé commendataire y séjournait avec sa cour trop bruyante, qui troublait les religieux jusque dans leurs offices. ( Cah . des visites.)
En 1746, Dubois, prieur de Fontenay, amodie à une Dame Mercie la ferme de Neuiily-les-Dijon et la seigneurie pour 5448 livres une fois données. Elle refusa plusieurs années de donner trois émines de froment et 6 d’avoine et pour cela fut condamnée à 753 francs d’amende, plus à acheter une propriété qui rapporterait 400 livres au profit de Fontenay et qui en serait éloignée au moins de trois lieues. (Ridet.)
En 1760, sous cet abbé la digue de l’étang de Choiseau se rompt, les eaux causent des dégâts aux habitants de Marmagne qui s’empressent de réclamer de grosses indemnités ; les moines refusent, Buffon est nommé arbitre, il tranche la difficulté en faveur du village; le couvent est obligé à réparer sa digue et à payer l’indemnité convenue. On est peut-être
surpris du refus que les moines opposent à une demande qui paraît si juste, mais il ne faut pas oublier qu’ils venaient de perdre deux procès avec la commune pour le Gros-Buisson et le Larris des Fours, et qu’ils n’étaient pas disposés à terminer à l’amiable les difficultés qui s’élevaient entre eux et les habitants (1).
Les religieux en 1751 envoyèrent dans la personne de Daubenton représentant de Zaleusky un huissier pour l’obliger à réparer les dégâts causés à ses bâtiments par un orage du 19 mars et à restituer au trésor des titres et livres qu’il en avait tirés. Cette démarche resta inutile (2).
49e abbé
15e abbé Commendataire
J acques-Joseph- François de Vogué,