‹ Monographie de l'Abbaye de FontenayChapitre 33 sur 42 · partie des dîmes sur les terres de la Villeneuve et · texte numérisé non relu

partie des dîmes sur les terres de la Villeneuve et

Estormer, en présence d’Olivier de Grignon (2). En

1175, l’abbé Bernard se trouve au Chapitre général

de Cîteaux, qui le délègue avec Henri de Morimond,

Guillaume d’Auberive et Guillaume de la Ferté pour

régler les pâturages entre les Cisterciens et les

moines de Labussière (3). A cette époque, Jean et

Gautier de Mont-St-Jean donnent à Fontenav tout ce

qu’ils avaient aChemino Romano ad Estormer (4). Osmond, Eudes et Valdéric de Marmagne, donnent à l’abbé Bernard un jardin au-dessous de l’abbaye, un pré sur le chemin du Fain, ubi jacet miles et Las cheriam super Fanum (5). En 1177, Marguerite, prieure de Jully-les-Nonnains, donne des dîmes sur Sennevoi; Haymon d’Orgéol donne deux setiers, moitié froment, moitié seigle, sur ses terres d’Étalente avec le droit de pêcher dans son étang un jour et une nuit quand ils voudront (6).

Le pape Lucius III, en 1181, confirme à Bernard tous les dons faits à Fontenay par les ducs de Bourgogne et surtout le droit de prendre du sel à

(1) Ansart, histoire de Ste-Reine, 346.

(2) Cart. Font.

(3) Gallia, Christ. 496.

(4) Cart. de Font.

(5) Cart. de Font. 202.

(6) Cart. Marmagne, 285.

Lons-Ie-Saulnier. L’armée suivante, le même pape approuve les dons accordés à Fontenay, entre autres celui des vignes de Pouilly près Dijon, et de la maison de Saint-Jean-de-Losne, et dispense l’abbave de donner des dîmes surtout celles des animaux dans les terres qu’elle cultivera (1).

Vuillelme, fils de dame Eduige de Saulx, donne à Josbert de Maisey tout ce qu’il avait à Marmagne et à Saint-Georges de Lucenay, à condition qu’à sa mort tout retournera aux moines de Fontenay. C’est cette famille de Saulx qui donna le Petit-Fontenay de Dijon (2).

L’abbé Bernard a dû joindre ses instances à celles des autres abbés de Cîteaux pour solliciter la canonisation de saint Bernard en 1174, 21 ans après sa mort. Elle fut déclarée officiellement par Alexandre III, Je 18 janvier à Anagni et, en 1178, notre abbé alla à Clairvaux pour assister à la seconde élévation des reliques du nouveau saint, fondateur de Fontenay.

Ce fut sans doute en souvenir de cette canonisation que Fontenay éleva la chapelle de Saint-Bernard à quelques pas de la Fontaine de la Raeherie dans l’enceinte du premier ermitage.

Bernardus jacet in ecclesiâ prope Stephanum œduensem episcopum, fldelis dispensator ecclesiœ Fontenetensis.

(lj Cart. Font. 14-41.

(2) Ridet, Titres de Fontenay.

8e Abbé

Josbert ou Justin, 1182-1195

Josbert était frère de Milon de Grancey, abbé de Saint-Étienne de Dijon, tous deux fds de Josbert de Graneey de Maisey (1). Sous cet abbé de grande famille, la prospérité du couvent augmente chaque jour par de nouvelles donations.

Odo de Châtillon lui donne le Pâtis de Nan-Eausur-Lucenay; Mathieu d’Étais partant pour la croisade donne le droit de pâturage sur Étais et Puits et la foret du Pain près de l’abbaye, à condition qu’on lui donnera 50 livres provins, et lui rendra ainsi qu’à sa femme les honneurs mortuaires comme à un moine (2). Adam de Savoisy et André son frère cèdent leur bien de Planay à condition qu’il leur sera rendu s’ils reviennent de Jérusalem. Un des deux revint en effet. En 1212, un évêque de Mâcon termine le procès soulevé pour la reddition de ce bien (3). Anséric de Montréal et son épouse Sybille donnent au couvent le libre passage sur leur Pedagio divionensi in saa parte (4). Cet Anséric était un favori du duc de Bourgogne

Eudes III. Elisabeth, veuve de Henri de Fontainesen-Duesmois, pour lame de son mari, donne pâturage sur ses terres et renonce à ses droits sur Vadenay. Calo de Lucenay et un Raymond à son lit de mort,

(1) Chifflet, 1273.

(2) Procès de Marm. contre le couv-1777, au Greffe à Dijon.

(3) Note de l'abbé Merle sur Fontenay.

(4) Cart. Font. 572.

donnent le pâturage sur le territoire (1). Eudes III donne le droit d’éminage sur le marché d’Autun, droit qui rapportait cinq muids de froment. Sur les ordres du même duc, Odo, archiprêtre de Touillon, termine les querelles suscitées au monastère par un Thibaud Gérard, pour un bois de Poiseul-la-Grange, ainsi qu’avec Olivier de Grignon qui donne le bois Mont-Arlant (2).

En 1187, Josbert reçoit de Grégoire VIII une bulle qui défend aux moines de Fontenay de fulminer aucune excommunication contre les princes et autres seigneurs, d’assister à celle qui se ferait, ou de répondre à la citation d’un juge laïc (3).

Cet abbé est cité comme témoin de Hugues IV en faveur de Cluny.

Il fut un père distingué pour Fontenay, et fut inhumé dans le chapitre.

Sous cet abbé la vallée de l’Ermitage fut appelée la vallée de Saint-Bernard.

9e Abbé

Jean Ier, 1193-1196

Cet abbé administra avec prudence Fontenay seulement pendant deux ou trois ans. Aussi les cartulaires ont conservé peu de souvenirs de lui, excepté les donations qui lui furent faites (4).

(1) Cart. Font.

(2) Gallia Christ. — Cart. Grignon, 114 — 178.

(3) Archives de Dijon.

Il reçut de Gillebert et de Hugues de Nogent des terres entre la Maladière de Nogent et celle de Marmagne, de Bernard et de Teceîin de Nogent ce qu’ils avaient au Fain, en compensation deux serfs sont donnés à Tecelin ; de Guillaume de Becheco et de Hugues son frère, un bois à Nogent, du consentement de Rainard de Courcelles, quia ad ejus casamentum peidinebat (1).

Odo, archiprêtre de Touillon et son neveu Léonard, curé de Marmagne, donnent leur portion du moulin qui était in introitu Marmeniæ super domum conversarum , plus leur vigne des Celliers de Sainte- Reine (2).

Cet abbé fut témoin de la donation de Eudes III à Saint-Maurice de Semur.

Son nom se trouve dans des chartes de Quincy près de Tanlay et de Saint-Michel de Tonnerre (3).

Fonteneti prudens rector fuit , jacet in medio capitulo.

10e Abbé Hubert, 1196-1201

Cet abbé est nommé dans une charte de Mathilde de Grignon. Cette comtesse, grande bienfaitrice de Fontenay, ne cesse de donner des biens, des vignes à Saigny pour acquitter des messes et le surplus est

(U Gai. Christ.

(2) Cart. Nogent, 74. — Cart. Fain, 124.

(3) Cart. de Marm. 13.

(4) Roussel, art. Quincy et Saint-Michel.

destiné à acheter de la toile pour faire des corporaux (1). Elle eut quatre maris : Odo d’Issoudun, Guy, comte de Nevers, Pierre Philippe, frère d’un comte de Flandre et Robert de Dreux (2). Elle borne avec les moines de Fontenay ses terres d’Étalente, de Poiseul-da-Grange, leur donne la permission de pêcher dans ses eaux deux jours de son vivant et après sa mort un jour et une nuit pour honoraires de l’anniversaire qu’ils devront célébrer (3).

En 1197, André de Fontaines-en-Duesmois partant pour Jérusalem donne son pré du consentement de ses enfants, en présence de Wuillelme, prieur de Fontenay et d’André de Bussy. La même année, Matinea, femme de Hugues de la Torre, donne sa part du Breuil de Yenarey. Cette mère avait six enfants en religion, deux fils à Fontenay, trois filles au Puits-d’Orbe et une à Marcilly-les- Avallon (4).

Osmond de Rougemont donne pâturage et pêche à Buffon et à Saint-Remy; Osmond de Planay, sa part du moulin de Marmagne qu’il possédait avec Odo, archiprêtre de Touillon et Léonard, curé de Marmagne (5).

Sous cet abbé, Gérard d’Échalot, parent du premier abbé Godefroy, fut inhumé à Fontenay. C’est lui qui avait donné la maison d’Échalot où les femmes

(1) Cart. de Grignon, 150.

(2) Chifflet, 1470—1472.

(3) Chifflet, 1470.

(4) Cartul. de Grignon.

(5) Cartul. de Marm. 128.

séparées de leurs maris se retiraient avant que de venir à Touillon (1).

L’abbé Hubert abdiqua en 1201 ; dans un titre postérieur, il est cité comme jadis abbé, il repose en paix à la porte de l’église de Fontenay.

Les moines, en le sépulturant là, ont-ils voulu le punir à cause de son abdication ?

11e Abbé

Bernard II, 1201-1204

Bernard de Grignon était cellérier de Fontenay sous l’abbé Hubert auquel il succéda. Il est nommé dans un titre de Clairvaux en 1202, et dans une charte du duc de Bourgogne, en faveur de la Bussière (2). Il reçut de Régnier de Champ-d’Oisel tout ce qu’il possédait à Sennevoi; d’Olivier de Grignon, droit de pâturage sur ses terres ; de Pierre, Chevalier de Sainte-Reine, une vigne à condition qu’il engagerait Hervé de Fontaines à en donner aussi une autre (3).

L’abbé Bernard était témoin de la donation par laquelle Girard le Broz d’Asnières, près Dijon, donnait aux moines de la Bussière le droit de pâturage sur la Chaleur (4).

Il fut nommé général de Citeaux, où il mourut en 1206.

(1) Roussel, diocèse de Langres, 5.

(2) Manusc. de Chàtillon, docurn. manuscrits.

(3) Cart. Font. 570.

(4) Chifflet, 1473 et manuscrits de Chàtillon.

12e Abbé

Pierre Ier, 1205-1207

Innocent III, en 1205, donne aux abbés de tout l’Ordre de Cîteaux le pouvoir d’absoudre de tous les cas réservés, même les moines qui s’entrebattent (1). Le même pape confirme aux religieux de Fontenay la possession des biens qu’ils avaient à Pommard et à Pernand, ainsi que dans le comté d’Auxerre, depuis le village de Champelot jusqu’aux rivières de Cuza et Cora (2).

Cet abbé fait un accord avec Huon et Humbeaud de Laignes pour les biens qu’ils avaient donnés à l’abbaye. Hila de Mont-Saint-Jean, fille de Guy de Villers-Monfort et Jean son fils, abandonnent à Fontenay tout ce qu’ils possédaient à Corbeton et à Marmagne (3). Une dame veuve cède son serf Odot Lepelletier avec ses enfants et ce qu’il possédait (4).

Le nécrologe de Fontenay fait mémoire de Pierre, aux ides de Mars 1207. Il est inhumé au milieu du Chapitre.

13e Abbé

Guillaume III, 1207-1214

Vuillerme, comte de Joigny, pour le bien de son âme, donne aux moines de Fontenay l’exemption

(1) Arch. de Dijon.

(2) Arch. de Dijon.

(3) Arch. d’Autun.

(4) Cart. de Marmagne, 7.

de tout péage, sur terre et sur ses eaux, pour leurs hommes et leurs animaux. Le duc de Bourgogne, Hugues IV, donne une propriété à Pommard et quelques privilèges (1). Innocent III approuve la paix faite avec les chanoines d’Auxerre relativement à des biens dans le comté d’Auxerre, prend l’abbaye sous sa protection, déclare que l’hospitalité qu’elle donne ne transfert aucun droit à ceux qui la reçoivent, défend de payer des dîmes aux évêques, aux princes, aux rois, même pour la guerre sainte (2). Bernard

de Montbard, seigneur d’Epoisses, ratifie la donation que sa mère fait à Fontenay de 10 setiers de blé, et de dix sous à prendre sur Vassy (3), traite en même temps des 300 marcs d’argent donnés à Fontenay par Hila, dame de Mont-Saint- Jean ; à sa mort 150 marcs reviendront à son fils Guy, chanoine de Langres et d’Auxerre, et les 150 autres appartiendront aux religieux (4).

Pierre, comte de Tonnerre, rend spontanément les biens qu’il avait usurpés et détenus injustement au préjudice du Petit-Fontenay (5).

L’abbé Guillaume reçoit de Gautier et Simon, chevaliers de Grignon, des dîmes surSaigny, Grignon et Venarey; de Mathieu de Genay un pré; de Josbert et de Hodierne sa femme, 4 setiers de blé et d’avoine sur Estormer; de Robert le Petit, de Ricey et de sa

(t) Cart. de Font. 7.

(2) Cart. Font. 27-29.

(3) Chifflet, 1468. — Cart. Font. 8.

(4) Cart. Marmagne, 8.

(5) Cart. Tonnerre, 71.

femme Svbille, pâturages et grange à Fontaines-les- Sèehes; de Manassès-de-Laïs et de Agnès de Sennevoi tout ce qu’ils possédaient à Montbard et à Marmagne ; fait la paix avec de Rocoourt de Lucenay pour le bois des Morots où il prétendait avoir des droits. Les deux frères Radulphe et Robert donnent leurs droits sur les Morots (1).

Cet abbé fut témoin de la donation que Girard le Broz d’Asnières-les-Dijon fit à l’abbaye de Prâlon, fondée par Marie de Sombernon, femme de Guy, frère aîné de saint Bernard, qui s’y rendait souvent pour y célébrer les saints offices. Pendant longtemps on y a gardé les ornements et le calice dont il se servait. Ils furent donnés plus tard aux Jacobins de Dijon (2).

Guillaume est cité dans une charte de Hugues, duc de Bourgogne, en faveur de la Bussière, et en 1214 dans les lettres d’Oigny; en 1210 il avait signé la donation de Garnier de Fontaines pour l’abbaye de Prâlon (3).

Il est dit de lui, Fontenetum ülustr&vit , jacet in c&pitulo.

14e abbé

Haymon, 1214-1234

Sous l’administration de cet abbé, les moines étaient inquiétés, attaqués, car ils s’en plaignent au - Pape. Un légat, â Beaune, commande à l’abbé de

(1) Cart. Grignon. — Cart. Font. 572 — Marmagne. — Chifflet.

(2) Chifflet, 1468.

(3) Chifflet. — Gall. Christ.

Saint-Michel de Tonnerre, au doyen de cette ville et au prieur de Saint-Aignan, de menacer d’excommunier tous ceux qui porteraient atteinte aux personnes, aux biens, aux privilèges de Fontenay (1). Hugues IV prend Fontenay sous sa protection, s’engage à ne causer aucune dépense, pour lui, pour ses chevaux, ses valets et chiens, et se réserve le droit de chasse à l’exclusion de tout autre, excepté l’abbé (2). Il demande à l’abbé le Petit-Fontenay de Beaune et donne en échange son château de Saint-Remy, sa propriété de Fresne et Merville, le péage de Châtillon et reconnaît aux moines le droit de haute, moyenne et basse justice à Marmagne (3), leur concède encore le droit de prendre plusieurs charges de sel à Lons-le-Saulnier (4).

Si l’abbave est attaquée, elle ne manque pas de bienfaiteurs. Gautier, chevalier de Montbard, donne ses droits sur la forêt qui conduit au chemin de Saint-Jacques, au faubourg de Montbard (5); Guy,

fils de Bernard, seigneur d’Epoisses, chanoine de Langres et d’Auxerre, pour 18 livres provins vend tout ce qu’il a à Marmagne, hommes, prés, vignes, dîmes et redevances quelconques (6). Milon de Sennevoi donne droit de pâturage sur ses terres à condition qu’il se contentera de la réparation des

(1) Cartul. Tonnerre, page 39.

(2) Cart. de Font.

(3) Cart. Font. — Chifflet et Gai. Christ. — Courtépée, Art. Beaune.

(4) Manusc. de Châtillon. Cart. Font.

(5) Chifflet, 1473, et cart. Marmagne.

(6) Chifflet, 1409.

dommages sans demander d’amende (1); Odoard, meunier à Marmagne, donne la moitié du blé qu’il retirait du moulin qui était indivis entre Osmond de Planay, Léonard, curé du village, Hugues Piscator de Montbard et Huilliard de Marmagne (2).

L’abbesse du Puits-d’Orbe, Agnès, cède le Deser tum de Font&nis siccis ; Robert de Châtillon, son champ près de la Maladière de Marmagne; Agnès, dame de Saigny, un setier de froment pour son fils partant à la Croisade; Aleth de Villaines-les- Pré votes, sa propriété près de Saint- Philibert ; Philippe de la Torre de Venarey, la 4e partie de ses dîmes de Bourbilly, Vie, Genav et Semur, origine du Petit-Fontenay de Semur; Hugues, damoiseau de Venarey, une dîme de blé sur le moulin des Laumes ; Robert de Châtillon et Lequette son épouse, leur champ des Lépreux de Marmagne; Renaud, vicomte de Tonnerre, assure une rente sur Quincy-Corbeton (3).

L’abbé Haymon et Gautier, évêque d’Autun, terminent la difficulté pour la forêt entre Fontenay et Touillon (4), c’est-à-dire Camisard et Combe- Arembert.

Le danger n’était pas écarté par les menaces d’excommunication du légat à Beaune. Grégoire, en 1227, défend encore aux moines de donner aucune dîme ni redevances même aux princes, et l’année

(1) Cart. Marmagne, 124.

(2) Cart. Marmagne, 147. — Roussel, 187.

(3) Gai. Christ. 149. Cart. Marmagne. — Cart. Nogent, 96, passim.

(4) M. Charmasse, — Cart. évêché d’Autun, 263.

suivante, il commande à l’archevêque de Lyon de défendre l’abbaye et ses religieux (1).

Cet abbé avec Hervé de Flavigny est cité dans une charte du chevalier Gautier de Sully et de Ode son épouse, fille de Milon de Lantilly, qui font des aumônes à Auberive (2). En 1225, il est question de lui dans un titre de Molesmes, et en 1229 dans les tables des Trois- Fontaines (3).

In capitulo sepultus est , 1233.

Sous cet abbé, Fontenay restaura l’abbaye de Marcilly-lès-Avallon. Elle appartenait à des religieuses sous le nom de Notre-Dame de Bon-Repos. Par un décret du Chapitre général de Citeaux, le gouvernement et l’administration en furent confiés à Etienne, abbé de Clairvaux. Douze ans plus tard un autre Chapitre du même ordre céda les droits sur ce monastère à l’abbé de Fontenay pour lui et ses successeurs, 1242 (4). Jusqu’à la Révolution, Marcilly dépendit de Fontenay. Dans les derniers temps il était habité par un Prieur et un religieux avec un revenu de 800 livres.

Martin, 1234-1251

Cet abbé avait été forestier sous l’abbé Hubert, en 1197. Son administration ne commença pas en

(1) Archiv. de Dijon.

(2) Roussel. — Auberive.

(3) Gai. Christ. — Roussel.

(4) Sires de Noyers, par M. Petit de Vausse, 76.

paix, car, à peine est-il installé qu’il réclame les deux protections les plus puissantes, celle du Pape et celle du duc de Bourgogne.

Le Pape Grégoire IX, en 1234, lui adresse une bulle qui détend aux légats mêmes, d’excommunier les moines de Fontenay; défend à tous les moines défroqués de conserver plus longtemps les biens qu’ils avaient emportés; défend aux religieux de dénoncer les princes et les bienfaiteurs. Le même pape annule toutes les excommunications lancées injustement contre les familiers du couvent, ceux qui cuisent à leurs fours ou qui moulent à leurs moulins ; défend aux évêques d’excommunier les moines de Fontenay sans une permission spéciale, de les examiner pour les ordres; de leur refuser l’ordination, excepté pour des difformités publiques ; les dispense de recevoir gratis les évêques, les autorise à prendre le Saint-Chrême chez les évêques les plus voisins, sans rétribution; approuve les indulgences accordées par ses prédécesseurs (1). En 1250, Innocent IV exempte les religieux des synodes, de toute assemblée ecclésiastique, et commande à l’archevêque de Lyon d’employer les armes spirituelles pour faire respecter les personnes et les propriétés de Fontenay (2).

Cette protection papale ne suffisait pas pour écarter toutes les attaques contre l’abbaye. Il fallait encore celle du duc de Bourgogne, Hugues IV, qui prit sous sa tutelle les forêts de l’abbaye, à condition qu’il aura

(1) Cart. Font. 29-30-33-35-41, passim.

(2) Cart. Font. 29-30, passim.

seul le droit d’y chasser, de partager les amendes et de nommer un forestier, cependant avec l’agrément de l’abbé (1).

Martin, en 1234, avait fait avec les autres abbayes une association de prières et de bonnes œuvres. A cause de cette union, quand un religieux ou simplement un frère venait à trépasser, les autres communautés aussitôt faisaient les cérémonies funèbres comme pour un membre du couvent même.

C’est pour cela que dans le ménologe on citait les défunts de toutes les abbayes associées. Cette pieuse union existe encore au moins pour les Ursulines, en France (2).

? Notre abbé Martin reçoit d’Émélina, veuve de Marmagne, tous ses biens à condition qu’elle et ses enfants seront soignés, entretenus et sépulturés au couvent; de Iiuillard de Marmagne, sa portion du moulin, à condition que ses hommes serfs pourront épouser les serves du couvent et réciproquement; de Jean, chevalier de Montbard, ses droits sur la dîme de Marmagne, pour six setiers d’avoine, une pièce de vin, et son homme Richard avec ses héritiers; de Jean et d’Adéline des Arrans le droit de pâturage et l’usage du bois pour les serviteurs de l’abbaye dans la forêt des Arrans ; de Milon de Saint-Florentin, dix journaux entre Corbeton et le moulin de Pépini ou Poupenot; de Agnès de Lucenay, droit de pâturage sur Lucenay; de Agnès, veuve de Manassés, chevalier de Sennevoi, tout ce qu’elle avait, innoa, Johan -

(1) Cart. Marmag. 101»

(2) Mignard, 5, abbayes, 95 et man. de Châtillon.

nis Sennevoi cognomine Rossel, antequam habitum religionis in domo Fonteneti acciperet ; le tout était assis sur la rivière de Sennevoi (1).

Par son testament, Marie de Darcey choisit sa sépulture à Fontenay dans la chapelle des Darcey, la première du côté de l’évangile. Blanche, veuve de Hervé, seigneur de Sombernon, fille de Mathieu d’Étais, donne à Fontenay 100 sous à prendre à Sombernon sur les foires de Saint-Macon (2).

L’abbé Martin eut un procès avec les Templiers pour les dîmes de Nogent (3). A la même époque, il donna aux religieuses de Jully-les-Nonnains 10 sous dijonnais pour leur vigne sur la fontaine Gravain. En 1251, il signe le testament d’un Thomas de Tonnerre qui laisse son bien aux moines de Fontenay, à condition qu’ils l’emploieront à doter des filles pour leur mariage.

Cet abbé est cité dans un titre de Molesmes de 1244, dans une charte de Châtillon de 1252, et dans les tables de Clairvaux.

Son inscription contient ces mots : pie curam Fonteneti egit , jacet ad gradum Presbyterii ejus dem ecclesiæ .

XVIe abbé

Guillaume IV, 1252-1269

Guillaume avec plusieurs autres abbés assistèrent à la translation des reliques de saint Lazare à Autun, en

(1) Cart. Marm. 17-77. — Chifflet, 1174. — Cart. Montbard. 20, passim.

(2) Chifflet, 1475.

(3) Cart. Nog. 76.

1250. Sous cet abbé, Alexandre IV déclare que les religieux de Cîteaux ne pourront être appelés devant des juges laïques; qu’ils ne pourront être sentencés que par leurs pairs ; défend aux moines et aux bourgeois de Flavigny de lever des dîmes sur les terres appartenant à Fontenay; leur commande même de restituer ce qu’ils avaient reçu injustement; permet aux moines qui sont trop éloignés du couvent de faire les oflices divins dans leurs métairies, mais à condition qu’ils seront soumis à l’autorité locale. Urbain IV, à cause des guerres continuelles, exempte les religieux de toute redevance aux évêques et aux princes pendant trois ans (1).

Nos moines ayant beaucoup souffert de ces guerres envoyèrent une députation à saint Louis à Asnières pour lui exposer leur misère et solliciter quelque secours. Leur demande fut écoutée; saint Louis leur accorda la facilité de circuler partout dans son royaume, sur terre, sur eau, sans rien payer, les dispensa du tribut in Pedagio , Pontanagio et aliaquacumque costuma , puis fonda des prières pour ses ancêtres, Louis VIII et Blanche de Castille, sa mère. Ce fut la première faveur obtenue du roi de France et qui fit donner à Fontenay le nom d’abbaye royale (2).

A la demande de Guillaume, le duc de Bourgogne termine la difficulté pendante entre l’abbaye et la Dame du Fain, Marguerite de Cuisseney pour la forêt qui touchait aux murs du couvent, qui en fut

(1) Cart. Font. 57, 58, 48.

(2) Cart. Font. 6.

établi maître et propriétaire. En 1739, les religieux profiteront de cette décision ducale pour repousser les prétentions des habitants de Marmagne sur le Gros- Buisson. Malgré cette décision favorable, le 21 Mars 1753, la Table de marbre débouta l’abbaye de sa propriété qui fut reconnue appartenir à la commune ainsi que le Larris des Fours (1).

En 1253, Bernard, curé de Marmagne, donne sa vigne des Arpains et la Charrière près la Borde de Fontenay; Jean, noble homme de Salmaise, donne une aumône sur Beaune, Otho, bourgeois de Tonnerre et sa femme abandonnent leur maison devant l’église Notre-Dame; Huon et Dulcis, son épouse, cèdent leurs biens à condition qu’ils seront sépulturés au couvent, s’ils meurent titra mare, en deçà de la mer. Cet abbé reçoit de Renaud du Fain sa part dans la forêt voisine de Fontenay, l’étang de Marmeau et son moulin, celui de Buffon, une partie de celui de Nogent, et celui de Grignon donné par un Gautier, ancien Prévôt de Grignon (2).

Marmagne lui vend pour 20 livres viennoises la haute, moyenne et basse justice avec les censes, coutumes et droit de pêche (3).

Malgré le malheur du temps, ou mieux à cause de l’instabilité des choses humaines, le nombre des moines allaient toujours en augmentant. L’abbé les employait à cultiver les nombreuses fermes que possédait l’abbaye.

(1) Greffe de Dijon, année 1753. Cart. Fani. 219.

(2) Cart. Marm. 7. 189. — Cart. Nog. 74. — Cart. Ton. 14. Roussel. III.

(3) Cart. Marm. 7.

C’est sous Guillaume que Gueniot de Semur fonda son anniversaire avec les conditions citées au Chapitre des anniversaires.

Sous cette administration, Fontenay acheta de Clairvaux la moitié de la crieriedu vin à Tonnerre (1).

En 1267, le pape Clément défend de recevoir un moine sans dot pour qu’il ne soit pas à charge au couvent, (a rch de Dijon.)

Guillaume fut inhumé dans la grande église en face de la chapelle des Ducs de Bourgogne, c’est-à-dire la seconde du côté de l’épître.

17e abbé

Raoul II, 1269-1274

L’abbé Raoul est cité dans les registres de la cour des comptes de Dijon, peut-être en était-il membre? Il est témoin d’une donation de Gautier, évêque d’Autun, du testament que Hugues IV fit à Villainesen-Duesmois, la veille de Saint-Michel en revenant de Saint-Jacques de Compostelle (1) en 1272. En 1271, au mois de février, il est témoin de la vente d’un pré in non de Magny-Lnmbert faite par Adéline, fille de Gérard de Magny-Lambert à Gérard, évêque d’Autun. En janvier 1271, il avait assisté à l’acte par lequel un Renaud de Touillon reconnaît tenir de l’évêque d’Autun, Gérard, la dot de sa femme à Magny, et s’engage, s’il vient à mourir sans enfants ou à s’établir ailleurs, à laisser tout son bien à l’évêché.

(1) Cart. Tonnerre, 6.

(2) Courtépée, 1. vol 139. — Gai. Christ.

Le 18 octobre, Raoul assistait comme témoin de l’acquisition que Gérard faisait d’une maison attenant au Castrum Tullionis (1).

Sous cet abbé le pape Grégoire X exempte tout l’Ordre de Cîteaux des impôts de guerre, défend même aux collecteurs de rien demander aux religieux pendant 6 ans. Ce pape et Martin V approuvent les indulgences accordées à Fontenay par leurs prédécesseurs (2).

Raoul, en 1271, bâtit la première église de la Villeneuve du consentement de l’évêque d’Autun, dans le cimetière d’où elle fut transférée en 1749 à l’endroit qu’elle occupe. Dans la même année, il créa l’étang de Choiseau sur des terrains qu’il avait achetés de plusieurs habitants de Montbard, entre autres de Huguenin et de Odette, fille de André du Chasnal : quelques propriétaires de ces terres inondées par les eaux du nouvel étang avaient conservé le droit de haute, moyenne et basse justice qui fut abandonné au couvent quelques années après (3).

En 1272, il reçut le corps d’Eustachie de Mellot, morte à Carthage, à la suite de saint Louis. A son départ, elle avait demandé à être inhumée sous le parvis de la grande église. (4) La même année il affranchit les habitants de Fresne du droit de mainmorte (5).

(1) M. Charmasse. Cart. de l’évêché d’Autun, 42-43.

(2) Cart. Font. 33. arch. de Dijon.

(3) M. Charmasse. Cart. Monthard, 33. Cart de marm. 8.

(4) Manus. de Châtillon.

(5) Manus. de Châtillon.

Doin Guillaume, abbé de Flavigny, Dom Etienne de Notre-Dame d’Etalente, de l’ordre du Val-des- Écoliers, Simon, maître de la maison de Saint- Antoine d’Étais, tous trois exécuteurs testamentaires

de Blanche de Sombernon, fille de Mathieu d’Etais donnent à Fontenay tout ce qu’elle avait à Nogent. A son tour l’abbé Raoul est établi exécuteur testamentaire de Geoffroy de Grignon et d’Alinette, son épouse qui choisissent leur sépulture à Fontenay, parce que Jean de Grignon en était prieur, et que ses six sœurs étaient religieuses, trois au Puitsd’Orbe, deux à Jully-les-Nonnains et une à Marcilly, avant qu’il ne fût converti en abbaye d’hornmes (1).

L’abbé Raoul reçut de Robelin Renaud de Montbard sa vigne de Corbeton, à condition qu’il lui serait servi chaque semaine une Prébende conventuelle, c’est-à-dire quatorze michettes de pain, une paire d’habits garnis de peau d’agneau et deux pièces de vin (2); d’Isabeau, prieure de Jully, ses près, ses vignes de Blaisy près Saint-Remy.

Sous lui, le Duc Hugues IV donne aux habitants de Marmagne le droit de bois au Grand-Jailly, à la condition que chaque année à la Toussaint, ils lui fourniront 16 setiers d’avoine. Les mêmes conditions sont faites pour l’abbesse du Puits-d’Orbe à ses gens de Marmagne.

Il fût inhumé devant le grand autel (3).

(1) Cart. de Nogent. 100.

(2) Cart. de Montb. 33.

(3) Cart. Montb. 159.

18e abbé

Eudes, 1264-1295

Cet abbé est cité dans la Gallia christiana, comme procurateur de l’évêque d’Autun, Gérard II, de la Roche de Beauvoir pour les dîmes accordées au roi Philippe le Bel par l’assemblée du clergé tenue à Paris.

Robert, duc de Bourgogne, lui donne des lettres patentes par lesquelles il s’engage à prendre sous sa protection les bois de l’abbaye en se réservant la moitié des amendes encourues par les délinquants.

Jean de Chalon déclare main-mortables tous les biens que le couvent possède dans le comté d’Auxerre et les déclare exempts d’impôts. Eudes règle avec Jean, abbé de Moutiers-Saint-Jean, la délimitation des propriétés que les deux abbayes possédaient sur le territoire de Montbard, l’abbé de Fontenay prouve par les bulles pontificales que les biens de Fontenay ne sont soumis à aucun impôt ou dîme.

Plus tard Eudes cède à Gauderic de Moutiers- Saint-Jean, 60 setiers de blé à prendre à Corsaint pour le moulin de Saint- Jean de Saint- Remy qu’il abandonne à Fontenay.

Gila, veuve de Eudes, seigneur d’Époisses, et ses enfants Eudes et Ermengarde donnent à l’abbé ce qu’ils avaient à Marmagne, ainsi que Barthélemy Moreau dit le Borgne de Flavigny, à condition qu’il reprendra en échange tout ce que le couvent avait reçu à Villeberny de la dame de Sombernon.

Simon de Courtenge donne sa tierce sur le champ Magni Jaillici ; Thibaud dit Molot de Lucenay, son

pré de Vadenav, pour 14 michettes conveutuelles. Hugues, fils du maire de Bussy, donne trois setiers d avoine sur Jours, et six sous à prendre sur Fossato de Ranis .

En 1286, l’abbé de Clairvaux, pour 60 parvorum turonensium , cède la totalité de la crierie du vin à Tonnerre. Plus tard l’abbaye aura un procès avec une veuve de Tonnerre qui avait fait annoncer son vin au préjudice de Fontenay.

Le 10 novembre 1297, notre abbé prête serment de fidélité et d’obéissance à l’évêque d’Autun. ( Pièces justificatives .)

19e abbé

Renaud, 1295-1304

L’abbé Renaud était frère de Renaud, seigneur de Fain. A cause de cette parenté Helvide, sa veuve, permit aux religieux de bâtir leur grange dîmière au Fain, et Isabeau, veuve de Gillet de Saint-Thibaud les autorise à prendre dans ses propriétés les laves et pierres nécessaires à cette construction (1). Il échange avec l’abbaye de Jully-les-Nonnains, les droits que Fontenay avait sur les aborne* ments de Laignes pour une grange et le moulin de Saigny (2) fait l’échange semblable avec Marguerite, reine de Sicile, de plusieurs maisons et propriétés des environs de Tonnerre, échange approuvé plus tard

(1) Cart. Fain, 208. Montb. 18.

(2) Cart. Grég. 117.

par Guillaume de Chalon, son neveu, comte d’Auxerre et de Tonnerre (1).

Sous cet abbé, un homme de Montbard, après avoir brisé les portes de la prison où il était enfermé à cause d’un crime, vint se réfugier à l’église de Fontenay pour profiter du droit d’asile qui lui avait été donné en 1168 par Alexandre III. Le mayeur de Montbard, depuis la porte du cloître qui communique à l’église l’engage à sortir, en lui promettant la vie sauve. L’abbé lui conseille de ne pas sortir dans la crainte qu’il ne lui arrive mal et pour sauvegarder les droits de son asile. Ce conseil fut méprisé, le coupable sortit, et les Fourches patibulaires firent mentir la parole du mayeur (2).

Eudes, duc de Bourgogne, donne à l’abbé Renaud la Briaille et la Briaillote, forêt près de Quarré-les- Tombes, peut-être sur le finage de Saint-Branchet où l’abbaye avait quelques biens (3).

En 1276, notre abbé est témoin de la vente d’une maison d’Etienne Boicher d’ Alise, à Girard, éveque d’Autun (4). En 1277, il échange avec Hugues d’Arcy, évêque d’Autun, pour trois muids de vin, tous les droits que l’évêché avait sur les dîmes d’ Alise- Sainte-Reine.

Jacet in capitulo.

(1) Cart. Tonnerre, 10.

(2) Cart. Montb. 35.

(3) Cart. Montb. 25.

(4) M. Charmasse, 31 — 242 (Pièces justificatives.)

Pierre II, 1305-1330.

L’administration de Pierre II qui dura 25 ans fut assez tourmentée. Les religieux et leurs propriétés n’étaient pas respectés parles gens de guerre. En 1354, Clément Y, à Avignon, commande aux abbés de Saint-Pharaon de Meaux, de Saint-Loup de Troyes, de l’Ile-Barbe de Lyon, d’employer toutes les armes spirituelles pour arrêter les attaques contre le couvent, et forcer à réparer les torts qui lui avaient été faits, sans égard pour les personnes, qu’elles fussent princes ou évêques (1). Jean XXI défend d’emmener les animaux de . l’abbaye sous quelque prétexte que ce soit, pour que les convers pussent toujours cultiver les terres. En 1320, Innocent IV annulle les excommunications ou interdits lancés contre les familiers du couvent (2).

Pendant 20 ans l’abbé Pierre lutta contre les évêques et les ducs de Bourgogne qui prétendaient avoir droit de haute, moyenne et basse justice sur le couvent; l’évêque, parce que l’emplacement avait été donné par ses prédécesseurs, et le duc, parce qu’il en était protecteur. Le Parlement de Paris se prononça en faveur de l’abbé.

Les causes du procès étaient un meurtre commis dans l’intérieur des murs claustraux, et l’épave d’un porc trouvé sous les murs du jardin. Soixante-

(1) Cart. Font. 56.

(2) Archives d’Autun, et Cart. Font.

quatorze pièces relatives à ce délit sont conservées aux archives de l’évêché d’Autun (i).

Un Guillaume de Montbard ayant volé dix moutons au Petit- Jailly sur les terres appartenant à l’évêque d’Autun et à Fontenay fut contraint de les ramener à la même place pour les rendre en criant à haute voix : Je vous les restitue. Malgré cette réparation, il fut saisi et jeté en prison d’où il sortit moyennant caution (2).

Ardoin, prieur de Couches-les-Mines, donne à Fontenay quelques biens sis à Ampilly-les-Jours et aux Celliers de Sainte-Reine, près de ceux qui avaient déjà été donnés par Léonard, curé de Marmagne. Les moines de Fontenay abandonnent aux Bénédictins de Flavignv une partie de leurs bâtiments des Celliers. En 1635, ils avaient là soixante-cinq journaux de terres, cinq soitures de prés, et trois journaux de vignes (3).

C’est à l’abbé Pierre que les seigneurs de Bussy promettent de ne pas dresser les fourches patibulaires dans un endroit où elles pourraient être vues du territoire d’Étormay, et s’engagent l’un et l’autre à ne pas pendre haut et court leurs hommes quand même ils commettraient quelques crimes (4).

Le Duc de Bourgogne reconnaît à Fontenay la haute, moyenne et basse justice depuis les Ormes de Montbard jusqu’aux fourches de l’abbaye. C’est pour

(1) Archives d’Autun.

(2) Archives d’Autun.

(3) Cart. Marmag. 18G.

(4) Gallia Christ.

cela qu’il obligea le maire de Montbard à placer son gibet au-delà des Ormes (I).

In capitulo sepultus est .

21e abbé

Guillaume de Montbard, 1330-1340

Guillaume reçut la bénédiction abbatiale de l’évêque d’Aulun, Pierre Ier, cardinal, Bertrand de Boulieu près Annonay, sans avoir subi l’examen ordinaire. Aussi l’année suivante cet abbé et ses religieux écrivirent au successeur de Pierre, Jean d’Arcy, 66e évêque d’Autun, que cette exception personnelle ne porterait aucun préjudice au droit du siège épiscopal, que les évêques dans la suite pourraient examiner les futurs abbés (2).

Guillaume soutint un procès contre l’évêque d’Autun et le Duc de Bourgogne, pour faire définir à qui appartenait la justice sur le Jailly. Trente-quatre témoins déposèrent que les jugements des Ducs avaient toujours été affichés au Jailly sans réclamation, ni opposition de l’évêque et de l’abbé. En conséquence, le Parlement prononça en faveur des Ducs (3).

Malgré cette contestation, il était en grande estime à la cour des Ducs où il exerçait les fonctions de trésorier pour faire rendre les comptes ; il recevait même cinquante sous pour ses jours de séance. Les

(1) Cart. Marne 6.

(2) Arch. d’Autun. — Gai. christ.

(3) Arch. d’Autun.

Ducs Eudes et Robert l'autorisèrent à prendre seize livres sur leur vigne de Grignon afin de dire une messe du Saint-Esprit pendant leur vie, et une messe de mort, quand ils seraient trépassés (1).

Béatrix, demoiselle du Fain, en 1333, avait donné à Fontenay la ferme du Pressoir (2). Pour y aller depuis l’abbaye, il fallait passer entre le parc du Château et le petit bois du Chaignot; le successeur de Béatrix, Messire André de Cuisseney s’y opposa. Il fallut un procès qui fut tranché en faveur de l’abbé, et pendant plusieurs années, le passage ne fut pas disputé. Les arbitres avaient été Dom Guy de Touillon, grand cellérier de Fontenay et André de Cuisseney.

Illustvis Fonteneti pastor vixit , in medio choro sepultus est.

22e abbé

jean, 1340-1350

Nous n’avons rien trouvé sur cet abbé et sur son administration, sinon qu’en 1347, il était abbé

de Fontenay, et Etienne de Châtillon, moine à Fontenay. En 1349, Jean avec ses frères écrivit à l’évêque d’Autun pour se justifier d’une accusation injuste qui leur était imputée par un certain Susseret du Jailly. Depuis plusieurs années, il cultivait un terrain appartenant à l’évêque, sans vouloir payer la redevance parce que, disait-il, les moines le lui défendaient, (arc/i. d’Aut.)

(1) Gai. christ. — Cart. Grignon.

(2) Cart. du Fain, 208, 290.

23e abbé

Évrard, 1350-1361

Sous cet abbé, Fontenay est à l’apogée de sa gloire, de sa prospérité; ses désastres passés sont réparés, trois cents moines ou convers sont disséminés dans ses métairies. Il reçoit des frères de toutes conditions. Le pape Innocent VI commande aux évêques d’admettre à l’ordination tous les frères de Fontenay pourvu qu’ils ne soient pas rendus irréguliers par de trop grandes difformités corporelles (1). Cette faveur avait déjà été accordée précédemment. Cette prospérité ne durera pas longtemps, de grands malheurs vont arriver à l’abbaye. Les Anglais, après leur victoire de Brion, s’emparent de Flavignv, consomment toutes les provisions, ravagent toutes les abbayes voisines et ne consentent à se retirer qu’à la condition qu’il leur sera donné une somme de 300.000 francs, ou livres Tournois (2). Les évêques d’Autun, de Chalon, les abbés de

Flavigny, de Saint-Bénigne, de Saint-Etienne de Dijon, de Saint-Martin d’Autun, de Saint-Pierre de Chalon, de Tournus, de Cîteaux, de Cluny, de Saint- Seine, de Maizières, de la Bussière, de Châtillon, de Moutiers-Saint-Jean, d’Oigny, de Fontenay, s’engagent à fournir cette somme, chacun selon les revenus de son abbaye. Cette convention onéreuse avait été faite à Guillon-sous-Montréal entre le roi

(1) Cart. Font. 56.

(2) Ansart. — Courtépée. IIIe vol. 626. — M0 Petit de Vausse. Aval. 163. — Dom Plan, III vol.

d’Angleterre Edouard III et le duc de Bourgogne Philippe de Rouvres (1).

En 1354, Isabeau, Demoiselle de la Grange-du- Cerf de Lantilly, veuve de Guiot de Bierry-Austrude,

donne à Evrard pour trois mailles d’argent sa maison de Marmagne, appelée la maison de la Demoiselle, quelques journaux de terres et renonce à son droit de Vadrien ou Vadrium (2). La même année Dom Richot, cellérier de Fontenay, et Thibaud d’Étalente, coadjuteur de maître Chifflet, tabellion de Montbard, somment Jean de Viserny, procureur du Duc de Bourgogne de reconnaître la haute, moyenne et basse justice pour l’abbé entre les Ormes de Montbard et les fourches de l’abbaye (3).

En 1355, Marie de Thil, Dame de Beaujeu et de Borboillot, achète à Thomas de Lignoiel, tout ce qu’il avait reçu de Perrenot de Montbard, pour le laisser au couvent avec 1 6 livres encore en terre, afin d’avoir chaque semaine trois messes chantées et un anniversaire (4),

En 1357, Guillaume de Thurev, 69e évêque d’Autun, descend de son château de Touillon à Fontenay le Jeudi-Saint pour faire la bénédiction des saintes huiles. Il trouve là, les prêtres, les ornements nécessaires à la cérémonie, paie généreusement les dépenses et donne un acte à décharge, afin que ce

(1) Les mêmes que dessus.

(2) Cart. Marmag. 69.

'3) Cart. Marmag. 71.

(4) Cart. Marmag. 155.

précédent ne soit pas un droit pour ses successeurs (1), au préjudice du couvent.

Après avoir terminé heureusement les difficultés qu’elle avait avec l’abbaye, Marguerite de Cuisseney, Dame du Fain, fonde à perpétuité un anniversaire, et réserve tout spécialement qu’en ce jour-là chaque père aura un chauveau de vin, à la mesure de Fiavigny.

Le malheur des temps ne permettait peut-être pas au cellérier de donner du vin aux religieux.

Cet abbé prononça à Marciilv-lès-Avallon, le panégyrique de Mile, sire de Noyers. L’original du discours existe encore à Paris parmi les manuscrits de la bibliothèque nationale sous le numéro 9873 (2).

24e abbé

Roger, 1361-1369

Le roi d’Angleterre, Édouard III, dont les armées avaient pillé l’abbaye en 1359, répare le mal en lui donnant par acte notarié, le 28 juillet 1361, 40,000 moutons d’or qui seront employés à la reconstruction de ses murs et à l’amélioration de son église. Cette donation est faite en faveur de Nobilis Rogerii de la Manche, jadis maréchal du roi. Ce Roger en peu de temps aurait-il quitté les armes pour prendre le froc monacal et devenir abbé (3)?

Philippe de Rouvres donne également au couvent 40 livres tournois afin d’y fonder un anniversaire

(1) Cart. Font. 31.

(2) M. Petit de Vausse, Sires de Noyers. 162-137.

(3) Archives de Dijon, 4.

pour sa mère Jeanne de Boulogne, sa sœur Jeanne de Bourgogne inhumées avec un jeune Duc dans leur chapelle qui était la seconde du côté de l’épître. En 1361, Jean, roi de France, ordonne à son payeur de donner chaque année à Fontenay ces 40 livres promises par son père, en attendant qu’il puisse fournir une terre dont les revenus produiraient cette somme (1).

Jeanne de Riégo, duchesse d’Athènes, comtesse d’Eu, de Château-Chinon, de Lormes, de Sombernon, mariée à un Mellot d’Époisses, fonde 4 messes par an, donne pour les honoraires ses biens de Bussy, ses hommes, ses femmes, ses enfants de Sombernon, c’est-à-dire les quatre familles suivantes; Garin le Tradrif, Michel le Putois, Guichart et Bachelet (2).

En 1367, Johete, femme de Bertrand Boillet, baron de Sernur, autorisée de son mari, vend à l’abbé Roger à peu près 10 journaux de terre sous la voie ou Capitaine pour 60 livres au coin du roi, pur, légal. Cette vente est un modèle de précautions prises pour en assurer l’exécution (3).

Rany de Bar, sire de Pierrefonds, gouverneur du duché de Bourgogne, commande au Châtelain de Villaines de donner au couvent 12 setiers d’avoine dus sur Villaines et Lucenay. Messire Jean de la Torre de Venarey donne aussi quelques biens pour avoir un anniversaire (4).

(1) Cart. de Font. 5. 117.

(2) Cart. de Font. 76. — Notes de l’abbé Merle.

(3) Cart. Marmagne 159. — Pièces justificat.

(4) Cart. de Fontenay. 84.

Cet abbé avait acheté d’un sieur Pont-Aubert une maison qui faisait partie du Petit-Fontenay de Montbard. (Cart. Montb.)

25e abbé

Nicolas, 1378-1417

Cet abbé obtient de Philippe le Hardi, due de Bourgogne, le droit de construire autour de l’abbaye les murs pour la protéger contre les attaques des gens d’armes qui pillaient et maltraitaient souvent les

moines (1). Ces gens d’armes étaient les Ecorcheurs, Rôtisseurs, ramassis d’Anglais, Espagnols, Gascons, Français, qui, après le départ des Anglais, en exécution du traité de Guillon, s’étaient réunis en grandes compagnies pour voler et ronger la Bourgogne jusqu’aux os. Ils s’étaient emparés du château-fort de Villaines-les-Prévotes, et de là, pendant plusieurs mois, ils se répandaient dans le voisinage, pillant, tuant, incendiant pour satisfaire leur soif de sang (î).

Sous cet abbé, malgré les inquiétudes causées par ces attaques fréquentes, les moines ont encore le loisir de faire un procès au Mayeur de Montbard pour l’empêcher d’élever ses fourches trop près de celles de l’abbaye; au comte de Tonnerre qui voulait soumettre à ses dîmes les propriétés que le couvent possédait dans les environs de la ville, Bosselin de Bar, procureur du comte, fut obligé de reconnaître les droits de l’abbaye, c’est-à-dire, l’exemption de dîmes. La sentence fut rendue à Vilieneuve-le-Roi (3).

(1) Cart. Font. 84.

(2) Cart. Font. 84.

(3) Cart. Tonnerre. 114

L evêque d’Autun et l’abbé Nicolas conviennent que la justice du Jailly et des Morots appartiendra désormais au couvent, mais ils ne peuvent s’entendre sur Féminage d’Autun que les habitants refusaient (1).

En 1401, Nicolas gagne un second procès contre Viennot et Fournier, fermiers des dîmes du comté de Tonnerre, qui avaient levé injustement les dîmes sur les biens du Petit-Fontenay. Aux assises de la Villeneuve-le-Roi, le bailli condamna les deux usurpateurs. La sentence fut seulement lue en leur présence. A cette époque on se contentait uniquement de lire la condamnation sans en laisser la copie. (. Dormois ).

En 1410, Nicolas Colibri, curé de Bussy, Milon de Grancey, évêque d’Autun, bornent les finages

de Lucenay, Etormav, Touillon, les Morots, et de Fresnes; ce bornage existe encore suivant les archives communales de Fresnes. L’abbé Nicolas renonce à la Justice sur le Jailly ou Carmet en faveur de l’évêque d’Autun, auquel le parlement de Paris l’avait attribuée malgré la prétention du duc de Bourgogne et du couvent qui furent condamnés aux frais du procès (2).

Nicolas était conseiller du duc et de la duchesse de Bourgogne, il recevait 9 francs d’or pour ses séances. ( Recherche des Feux de VAuxois.)

Nicolas Fontenetum illustravit ; jacet in

capitulo. (Man. Châtillon.)

(1) Archives d’Autun.

(2) Archives d’Autun. — Cart. Marmagne, 248.

26e abbé

Jean de Laignes, 1414-1438

Cet abbé ne serait-il pas Jean de Laignes qui, en 1410, était garde du Scel pour la Prévôté de Tonnerre.

Comme son prédécesseur, il était conseiller du duc et de la duchesse de Bourgogne ; il recevait 9 sous d’or pour ses jours de séance (1).

En 1418, il reçoit d’un certain Ithiers de Giez, bourgeois de Montbard et d’Isabelle, sa femme, une maison avoisinant le Petit-Fontenay au-dessous des prisons (2).

Le 13 avril 1423, Jean de Laignes maria le duc de Lancastre, régent de France, pour Henri VI, roi d’Angleterre, avec Anne, fille de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Cette princesse, née en 1404, mourut en 1433. Le mariage eut lieu à la chapelle du château de Montbard. Ce fut Pierre de Fontenay, seigneur de Beaurie, maître d’hôtel du duc de Lancastre, qui épousa Anne par procuration. A la cérémonie assistaient Agnès, sœur de l’épousée; Imbert de Villers, comte de la Roche ; Charles de Montmort, chevalier; Richard Valère, capitaine à Montreuil; Hugues Sabatier, capitaine du bois de Vincennes; Pierre de Damas, capitaine du château de Montbard ; Marguerite de Charny, dame de Montfort. (Dom Planch. III , vol. 553.)

(1) Recherche des Feux de l’Auxois

(2) Cart. de Montbard.

Dans les fascicules de la cour des comptes de Dijon on lit : Anno a nativitate Domini nostri 1C23, indictione prima, die autem tertia décima mensis aprilis, Pontificatus sanctissimi in Christo patris Domini nostri Martini V divina providentia papœ, anno sexto, demane circaunde cimam horam ... post decantationem missœ solemnis de Spiritu Sancto, per venerabilem in Christo, Domnum Johannem abbatem de Fontanayo, in capella castri de monte Barro devote alta voce celebratœ coram eodem Domno abbate, sacris vestibus, mitra, baculo pastorali, ibidem existente, assistentibus aliquibus reliogiosis etiam sacris vestibus indutis.

Ou en français: Fan 1423 de la naissance de Notre- Seigneur Jésus-Christ, indiction première, le 13 du mois d’avril, la sixième année du Pontificat de notre très saint seigneur Martin Y, pape par la divine providence, après la célébration de la messe solennelle du Saint-Esprit, chantée dévotement et à haute voix par vénérable en J. C. Dom Jean, abbé de Fontenay, vêtu des ornements sacrés, la mitre, le bâton pastoral, assisté de quelques religieux vêtus aussi d’ornements sacrés. ( Cour des comptes de Dijon.)

Le patriotisme de Jean de Laignes et de ses frères dut souffrir en donnant une princesse Bourguignonne à un envahisseur de la France.

En 1434, Jean de Pontailler, seigneur de Crépan et Magny près de Châtillon, donne à Jean de Laignes un muid d’avoine en échange des droits qu’il avait sur les granges de Grignon. Il prouve ses droits sur parole, car il avait caché tous ses titres à cause des

guerres continuelles et des incursions fréquentes des grandes compagnies qui exerçaient encore leurs ravages contre notre abbaye mal protégée par sa seconde enceinte de murailles (1).

C’est à cause de ces attaques que Martin V exempte d’impôts toutes les propriétés de Fontenay.

Charles VI en 1428 maintint les moines dans le droit de haute moyenne et basse justice malgré les réclamations des habitants de Montbard.

Jean de Laignes était encore abbé de Saint-Michel de Tonnerre de 1428 à 1438, son administration fut

louée par son successeur Etienne de Nicey (2). »

On a de lui plusieurs lettres par lesquelles il s’excuse de n’avoir pas assisté aux fêtes de Saint- Mammès comme abbé de Saint-Michel (3).

Joannes fidelis et prudens Fonteneti clispen sator exstiiit ; jacet acl gradum capellœ sa,ncti sepulcri in ecclesia. (Man. Châtil.)

27e abbé

Modernus, 1438-1440

A Jean de Laignes succéda l’abbé Modernus qui ne fit que passer. Cependant, à sa demande, Martin V adressa à l’official de Langres une bulle, pour lui commander d’ordonner aux laïques et aux religieux qui avaient usurpé quelque bien ou quelque droit sur Fontenay d’avoir à réparer leur tort promptement,

(1) Cart. Marmagne 135. Montbard 57.

(2) Roussel, art. Tonnerre.

(3) Roussel, art. Tonnerre. f

sous peine d’excommunicalion sans appel. A cause des troubles publies les propriétés et les droits des abbayes n’étaient plus respectés (1).

Sous l’abbé Modernus un certain Loillier de Montfort rend ses comptes de la location du moulin Colle du Fain, et donne un acte de propriété (2) pour le couvent.

28e abbé

Simon Évrard, 1440-1459

Simon envoie, en 1440, un moine de Fontenay pour être abbé de Marcilly-lès- A vallon. En 1442, notre abbé croyant en avoir le droit commande à Jean de Baigneux et à Dom Jean de Coulmiers d’aller couper du bois à Notre-Dame de Caillé, première fondation de l’hôpital de Montbard, près du chemin du Jaillv sur la route de Châtillon, tandis qu’il se transporte lui-même avec son neveu dans la combe qui va de Cruchy à Montbard, et enlève les outils aux maçons Perrin et Poinçot qui travaillaient dans une carrière sur laquelle ils pensaient avoir des droits, mais sur la plainte des habitants, Simon est condamné sur ces deux chefs et l’arrêt ducal donne raison aux habitants de Montbard.

Quelques années après, il put se venger contre ces mêmes habitants. Doynot, meunier à Semur, avait un procès pour avoir pêché dans le ruisseau de Fontenay au-dessous du moulin de Choiseau; les

(1) Cart. Font. 66.

(2) Cart. Font. 202.

habitants de Montbard épousent sa cause en prétendant que les eaux de Marmagne étaient communes, mais le lieutenant général du bailliage de l’Auxois les condamna et Fontenay conserva seul le droit de pêche.

Cet abbé et Jean de Chalon, seigneur de Vitteaux, et de Grignon font la délimitation de la Justice sur les

territoires d’Eringes, Seigny et Grignon, et au nom de Simon, Dom Guillaume de Chaource, procureur de Fontenay, fait avec le même seigneur un accord pour un bois entre Seigny et Grignon, et condamne les habitants de ces communes à 12 livres tournois au profit du couvent, pour les dégâts causés dans ce bois.

Simon rachète d’un Philippot de Montbard, quelques terres qui lui avaient été vendues illégalement, et déclare lui-même qu’il ne peut les garder plus longtemps parce qu’il n’est pas homme de Fontenay. Dans un procès intenté à l’abbé de Molosmes, près de Tonnerre pour des dîmes qu’il réclamait injustement, Simon est condamné à 100 livres tournois pour frais et dépens. ( Dorrnois , Petit- Fontenay.)

L’évêque d’Autun, le cardinal Rolin, fils du chancelier Rotin fait avec Fontenay une transaction touchant les arrérages de six setiers de froment, de neuf setiers d’orge que les moines avaient droit de prendre sur le moulin de Touillon, et sur trois muids de vin qu’ils devaient pour les dîmes des vignes de Sainte-Reine. Une seconde transaction survint entre les mêmes pour 24 journaux de terre en Bréviande de Lucenay que des hommes de Chaume cultivaient sous la direction des moines de Fontenay. (Archives d'Autun.)

Sous l’administration de Simon, Fontenay fut une troisième fois la victime des Rôtisseurs. C’est peutêtre dans ce troisième pillage qu’ils mirent le feu au grand dortoir qui sera rebâti par l’abbé suivant.

Simon gratus Deo et hominibus Fonteneti curam gessit ; sepultus est ad introitum ecclesiæ . (Man. Chat.)

29e abbé

Jean Frouard de Courcelles-s-Grignon,

Jean était simple religieux à Fontenay à la mort de Simon. Il fut établi comme abbé par Humbert, général de Citeaux et par le Chapitre général, contre Jean de Baigneux, à qui il fut défendu formellement de faire de nouvelles tentatives pour solliciter la dignité d’abbé. Cette nomination extra-régulière, la défense intimée à Jean de Baigneux, annoncent qu’il y avait au couvent quelques intrigues ou tiraillements intérieurs. La sagesse de Jean sut bientôt les apaiser et se concilier tous les cœurs (1).

Jean Frouard obtint de Sixte IV la permission pour ses moines de gagner l’indulgence du Jubilé sans aller à Rome. Cette faveur leur était accordée, à cause de la misère occasionnée par les guerres qui sévissaient toujours dans nos pays (2).

Charles VIII prend Fontenay sous sa protection et ordonne à tous ses débiteurs de payer promptement

(1) Gall. Christ. Série des abbés.

(2) Cart. de Font. 37.

ce qu’ils devaient, s’ils ne voulaient pas encourir la colère royale. Celte ordonnance est datée de Dijon, 1482 (1). *

Jean était à peine installé qu’il intenta procès à deux habitants de Saint-Remy, Claude Aubry et Jean Cantat pour les obliger à restituer un cerf qu’ils avaient tué sur les terres de l’abbaye, près du rupt de Fontenay, et qu’ils avaient emporté au château de Montbard, afin d’échapper à la justice de l’abbé (2).

Il eut aussi un démêlé avec Jean de Pontailler, seigneur de Courcelles et Nogent, héritier de Dame d’Ànglare de Courcelles. Il ne voulait pas permettre aux moines de réparer l’écluse qui conduisait l’eau au moulin Colle du Fain, malgré le droit qui avait été stipulé dans l’acte de donation (3).

Comme Jean Odinot et Mougenot des Morots fermiers de Fontenay ne pouvaient plus ou ne voulaient plus cultiver les terres de l’abbaye, Jean Frouard les amodia à Jean Gradelet. Cette amodiation fut soumise au Chapitre général de Cîteaux qui délégua les abbés de Longuaï, de Qnincy près de Tanlay, pour examiner si cette concession n’était pas contraire aux intérêts du couvent. Il amodie aussi à Simon Susseret, et à Jean, hommes du couvent quelques terres sur Marrnagne; à Adam Leclerc, curé de Duesmes pour 12 gros tournois toutes les dîmes qu’il levait à Quemignerot; à Pernot Linotte pour 29 ans le moulin et le foulon de Choiseau

(1) Cart. de Font. 11,

(2) Cart. de Montbard, 62.

(3) Cart. du Fain, 208. passim.

contre 13 setiers de froment, une pinte d’huile, et vingt-cinq livres de chanvre à fournir à la Purification. Il donne aux habitants de St-Remy et Blaisy le droit de pêcher dans la rivière et le ruisseau de Fontenay pour 12 livres tournois qui sont destinées à couvrir la grange du Château. Cet acte fut collationné en 1750 et porte l’empreinte d’une image de la Sainte Vierge, d’un saint de l’Ordre et au bas deux barbeaux adossés l’un contre l’autre. ( Archiv . de St-Remy.)

En 1485, Fontenay donna l’hospitalité au cardinal Anchet qui venait du concile de Lyon et qui apportait les reliques de saint Urse, patron de Montbard. Saint Urse était un prêtre Écossais qui s’était retiré dans la cité d’Aoste où il mourut en odeur de sainteté. Ces reliques reposèrent quelque temps dans l’eglise abbatiale, et ensuite furent portées solennellement à Montbard par Antoine de Chalon, évêque d’Autun, accompagné de plusieurs autres évêques qui accordèrent une indulgence de 40 jours à tous ceux qui les visiteraient aux grandes fêtes de l’année. (Arch. de Montbard.)

Sixte IV, en 1475, permit au général de Cîteaux de dispenser les religieux de son ordre de l’abstinence de viande plusieurs jours de la semaine à condition qu’ils ne mangeraient pas de poisson tous les jours. Cette restriction ne serait-elle pas l’origine de la défense d’avoir poisson et viande au même repas du carême?

Jean Frouard, avec les autres abbés de la Bourgogne, assistait à l’entrée de Charles le Téméraire à Dijon, le 23 janvier 1473. ( Courtépée . 1. vol. 213.)

Peu d’abbés ont su mériter un éloge aussi pompeux que Jean Frouard : « L’an de grâce 1492, 26 du « mois d’août, frère Jean de Courcelles, abbé de « Notre-Dame de Fontenay, en son vivant, était aimé « des plus grands seigneurs de France et de Bour- « gogne et généralement de tout le monde. 1° Il a « mis en bon état et réparation les étangs et moulins « de la dite église, et après il a mis sus le dortoir qui « avait été brûlé, et après il édifia les belles chambres « de l’abbé, et plusieurs autres grands édifices qu’il « serait trop long de raconter : 2° Touchant ses « frères et ses enfants, il les a entretenus toujours en a bonne paix et amour, comme un chacun le sait, et « sans aucune rudesse. Je prie Dieu qu’il veuille « mettre son âme en la gloire et la joie du Paradis. » (. Bigame , notaire de la maison.) Ceci est tiré du manuscrit de Châtillon.

Jean était docteur en théologie.

Multa ad utilitatem Fonteneti fecit, jacet in capitulo. Vir nunquam satis laudandus, obiit U92.

30e abbé

Jean Fougaut, 1493-1500

Jean Foucaut, docteur en théologie, fut en 1er lieu abbé de Rigny, bâti primitivement sous le nom de Fontenay, assista au Chapitre général de Citeaux en 1493, puis fut nommé par le Pape quarante-deuxième abbé de Clairvaux contre Antoine de Châtillon, qui avait déjà reçu sa nomination du général de Citeaux. A Clairvaux, il construisit la bibliothèque, l’enrichit

de nouveaux livres, y réunit les titres de l’abbaye, puis abdiqua pour venir à Fontenay coin me 30e abbé (1).

Il fit condamner une veuve Gautier de Tonnerre dont le domestique avait crié le vin au préjudice de Fontenay à qui appartenait le droit de crierie; l’abbé de Saint-Michel qui avait appuyé une écluse de son moulin contre la propriété de Fontenay. Il ratifie le compromis passé entre son prédécesseur et Antoine, évêque d’Autun, pour les limites des finages

de Lucenay, Morots, Fresnes, Eringes. (. Arch . de Fresnes.) (2).

Sous Jean Foucaut étaient moines à Fontenay Jean de Coulmiers, Cellérier, Michel Rafinon, Pierre de Laignes, Pierre Broichot, Jean de Courceiles, Jacques de Moutiers-Saint-Jean, Gauthier Patrueha, procureur, Jean Boiguénin, Thévenin, Boucher, Pierre Ferrée, Bulot, Pierre de Torcy, Antoine Boiguénin. (Arch. de Fresnes.)

Il abdiqua en faveur de son neveu Philibert Foucaut, pour se retirer à Clairvaux, où il mourut en 1509, et fut inhumé dans la grande église à l’entrée de la chapelle Sainte- Anne.

31e abbé

Philibert Foucaut, 1500-1515

Cet abbé avait fait profession chez les bénédictins, mais à l’abdication de son oncle il les quitta pour se

(1) Gall. chr. 494. — Roussel, 3e vol.

(2) Cart. Tonnerre 110.

retirer à Fontenay dont il fut nommé abbé par le Pape contre un certain Illiers qui avait déjà été élu par le général de Citeaux. Ces deux nominations faites officiellement Tune contre l’autre annoncent qu’il y avait au couvent de graves divisions et que la mitre abbatiale excitait déjà des convoitises (1).

En 1503, Philibert reçoit du cardinal Georges d’Amboise, archevêque de Rouen, le droit de porter la mitre, la crosse, l’anneau, et de donner la bénédiction papale après la messe. Ces insignes avaient déjà été portés par Jean de Laignes au mariage du duc de Lancastre, à la chapelle du château de Montbard. Seulement il n’était pas question de la /■ bénédiction papale (2).

Cet abbé en 1505 vendit à Jacob et à Jean Jacob Cosseret de Marmagne, une petite maison derrière le Pressoir, amodia aux mêmes pour trois vies le foulon et le batteur de Choiseau avec leurs dépendances pour soixante sous tournois, qui valaient trois francs; deux chapons estimés cinq sous tournois, et quatre plats de poisson estimés quatre blancs , à fournir aux quatre-temps. La même année Guy de Rochefort-Asnières donne au couvent son moulin de Buffon (3).

Alexandre VI, en 1510, accorde à l’Ordre de Citeaux l’indulgence du Jubilé. Cinq ans après Léon X donne aux mêmes religieux la faculté de

(1) Gallia Christ. Sériés abbatum.

(2) Cart. Font. 67.

(3) Cart. de Mann. 137.

gagner l’indulgence sans aller à Rome, pourvu qu’ils visitent une fois trois autels de la même église (1).

En 1513, Philibert amodie pour la première fois à Joannin Plaisant la ferme du Pressoir moyennant trois muids, moitié blé, moitié avoine. Ce Plaisant ne serait-il pas parent de Plaisant, prieur de Fontenay, dont la tombe est encore sous le cloître (2).

Cette première amodiation d’une ferme aussi considérable annonce déjà le malheur de notre abbaye. Elle n’a plus assez de convers ou de Donnés pour cultiver ses terres. Elle est obligée de les confier à des mains étrangères, car les vocations monacales commencent à diminuer. Le protestantisme se fait sentir. Cependant les donations se font encore. Jean Frouard et Jeanne Belet, son épouse, de Courcelles, donnent seize soitures de prés pour des prières (3).

L’abbé Philibert est cité dans les tables de Clairvaux en 1500. Il fut inhumé à Fontenay avec cette épitaphe : hic jacet Philibertus Foucaut , quondam abbas Fonteneti, q uoctodecim abbatizavit , et ut ipse ejusque successores abbates viitra , annulo et cœteris insignibus PontificalibuSy frui nec non et benedictionem solemnem largiri possety obtinuit , Tandem animam exhalavit devote die quinta Augusti , anno Domini 1516. (' Gallia . Christ.)

(1) Cart. de Marm. 47.

(2) Cart. de Marm. 295.

(3) Cart. de Font. 134.

Dans l’original delà Charte du cardinal d’Amboise, Fontenay est écrit Fontanagum( 1).

Sepultus est in introitu ecclesiœ.

32e abbé

Charles de Baisse y, 1516-1523

Charles de Baissey était fils de Jean de Baissey, gouverneur de la Bourgogne, sous Charles le Téméraire, neveu de Claude de Charmes, premier abbé commendataire de Cari-loci ou Cherlieu, près de Besançon, qui, en 1519, abdiqua parce qu’il n’avait pas assez d’énergie pour diriger cette communauté. Il vint se relirer à Fontenay en conservant toujours son titre de commendataire.

Il y avait un Claude de Baissey, abbé de Saint- Seine en 1505, peut-être était-il parent de notre abbé.

Quelques familles main-mortables de Fontenay voulant quitter Nogent pour aller s’établir à Benoiset en prévinrent l’abbé et lui donnèrent un acte par lequel elles se reconnaissaient dépendre toujours de Fontenay, ainsi que leurs biens (2).

Il amodie à Jean Bréon, homme du couvent, des terres et vignes, à Jean Deschiens de Marmagne plusieurs pièces de terre à cens annuel; traite avec les habitants de Fontaines du droit de pâturage sur Fontaines, les Morots et Verdenay, en présence de Claude Mission, prieur de Jully-les-Nonnains, de Antoine Gouvent, pannetier de Saint-Bénigne de

(1) Gall. Christ.

(2) Cart. Nogent, 80-116. Uret Marm. 30. 213. 292.

Dijon, et de Jean Bragent de Villiers-sur- Yonne, amodie à un Bornot des Morots la moitié des revenus temporels de la grange des Morots à des conditions bien détaillées. Cette grange comprenait 885 journaux de terre.

Il renouvelle à Joannin Plaisant le bail du Pressoir avec une augmentation de deux setiers de blé sur le bail fait précédemment par Philibert Foucaut, son prédécesseur.

Jacetad gradum Presbyterii. {Gai. Christ.)

33e abbé

Réné de Bresche de la Trémouille, 1525-1530

Réné de Bresche de la Trémouille était de la tamille de la Demoiselle Antoinette de la Trémouille, comtesse de Tonnerre, à qui appartenait le château de Thil. Il fut en premier lieu abbé de Saint-Étienne de Dijon, de la Bussière, de Flavigny et de Fontenay. C’est en cette qualité qu’il amodie (1) à Mathieu de Vertes, bourgeois de Tonnerre, six hommes de vigne pour 8 sous tournois de rente et quatre deniers tournois de cens annuel ; aux habitants de Planay les biens que l’abbaye possédait sur le territoire à condition que chaque amodiateur paiera annuellement G livres, la livre valant 12 gros et le gros 12 deniers (2).

Il comptait parmi ses ancêtres, Michel de Bresche, évêque du Mans. En 1518, les chanoines

(1) Ilist. de Vic-sous-Thil par M. Prudont. — Gall. christ. G93. — Cart. Tonnerre 20. — Man. de Châtillon.

(2) Cart. de Tonn. 13. — Manusc. de Châtillon.

de Coutances en Normandie le choisissent pour évêque. Il prend cette qualité dans une réclamation à François Ier contre l’évêque d’Autun, Jacques Hurault de Cheverny qui bavait trop surchargé dans la subvention accordée à de monarque à l’occasion de sa captivité (1).

Selon le Gallia chris tiana , Réné de Bresche serait le dernier abbé régulier de Fontenay, et, selon le manuscrit de Châtillon, le 5e abbé commendataire. Double erreur; après Réné, vint Jacques de Jaucourt, dernier abbé régulier. Réné n’a jamais été commendataire, à Fontenay.

La Commende a commencé en 1547, et Réné mourait évêque de Coutances en 1530 (2).

Ansart, historien de l’abbaye de Flavigny, dit que Réné est mort dans son abbaye, et a été inhumé dans la grande église abbatiale, entre les corps de saint Simon, de saint Jude et de saint Préjet au lieu même où fut mis son successeur Louis de Birague, et la pierre où étaient gravées les armes de Louis de Birague aurait été la pierre tombale de Réné de Bresche. (. Ansart , 395.) C’est encore une erreur; Réné est mort à Coutances, le 18 novembre 1530, d’après l’histoire de l’évêché de Coutances. ( Lettre de M . l'abbé Pelletier, professeur de Philosophie au séminaire de Coutances.)

(1) Gall. christ.

(2) Ansart. 395.

34e abbé

Jacques de Jaucourt, 1530-1547

Jaucourt est une petite commune entre Bar-sur- Seine et Bar-sur-Aube. De là les de Jaucourt ont été s’établir dans l’Avallonnais où ils furent seigneurs de plusieurs villages, surtout de Villarnoux. Ils ont rempli les fonctions les plus hautes à la cour des Ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, se sont distingués sous les armes comme sous le froc monacal. En 1321, Jean de Jaucourt, abbé de SainhSeine, affranchit tous les sujets de l’abbaye; en 1363, Guy de Jaucourt est abbé de Moutiers-Saint-Jean; en 1380, Louis Ier de Jaucourtlui succède, et plus tard en 1553, une Françoise de Jaucourt est abbesse au Puits-d’Orbe (1).

Jacques fut d’abord abbé commendataire de Pontigny, qu’il quitta pour venir à Fontenay où il fut nommé pour abbé en 1530, Il amodie à des vignerons de Montbard soixante ouvrées à Corbeton, renouvelle le troisième bail du Pressoir pour moitié des fruits, 6 chapons, 6 poulets de plus que dans les baux antérieurs (2).

Sous cet abbé, les habitants de Marmagne qui étaient encore sujets de l’abbaye devaient 17 setiers d’avoine à la duchesse de Longueville, Dame de Montbard, par son mariage avec Philippe de Hocberg, à qui le comté de Montbard avait été donné

(1) Cart. Grignon. — Gallia christ. — Roussel, 3e vol. Avall.

(2) Cart. Mont. 44.

par Louis XI. De son côté, elle devait au couvent 110 sous pour la grange du Jailly et un bois cédé à son mari par le couvent (1).

Sous cet abbé fut établi le mépart de Montbard, par un sieur Godran, chanoine de la Sainte-Chapelle et curé de Montbard. Ses statuts furent approuvés une première fois par Claude Descars, cardinalévêque de Langres, et une seconde fois par François de Clermont-Tonnerre en 1713. Ce fut un mépartiste qui composa l’inscription sur Fontenay, Quid hic , viator, aspicis (2)?

Jacques de Jaucourt avait pour religieux avec lui : 1° Dom Jean Petit, prieur; 2° Dom Pierre Farcy, docteur en théologie; 3° Dom Pierre de Fontenelle; 4° Dom Arnaud Moisot; 5° Julgan; 6° Dom P. Belin; 7° Odo Plaisant; 8° Joseph Bousselai; 9° Dom Jean Têtard ; 10° Dom Langueveau ; 1 1° Dom Jean Bobelloi; 12° Philibert Plaisant; 13° Dom Clément Poussot; 14° Dom Claude Leblanc; 15° Dom P. Monnot; 16 moines avec l’abbé. (. Recherche des feux de VAuxois.)

Jacques de Jaucourt mourut en 1547 au mois de mai. Il fut inhumé au côté de lepître avec cette inscription, hic jacet venerabilis vitæ vir, frater Jacobus de Jaucourt quondam abbas de Fonte neto , 1347 (3).

(1) Arch. de Montbard.

(2) Arch. de Montbard.

(3) Cart. de Grignon. — Gallia christ. — Manusc. de Châtillon.

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