‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 108 sur 129 · DÉTAILS · texte numérisé non relu

DÉTAILS

11 a été déjà si souvent question de ces grandes fenêtres à plein cintre qui couronnent la nef et les transsepts, que nous n'avons rien de plus à en dire à propos de ce détail en grand. Seulement on peut, à la vue de cette planche, surtout à l'aide du plan , se rendre beaucoup mieux compte que par nos paroles, de la combinaison et.de l'ajustement de ces fenêtres. Le passage pratiqué dans l’épaisseur de la muraille sépare complètement, comme on voit, l'arcade extérieure de la fenêtre intérieure; de cette séparation résulte un intervalle, un enfoncement qui fait admirablement valoir les parties en saillie. C’est principalement là ce qui donne à ces grandes ouvertures tant de relief et de caractère.

Quant à la fenêtre à ogive gravée en dessous de ce détail, ne peut-on pas dire que son ornementation est encore, jusqu’à un certain point, toute romane? Ces zigzags qui entourent l'archivolte, ces grosses annelures qui coupent la eolonnette, ces petites billettes sculptées sur le bandeau inférieur, ne sont-ce pas là autant de souvenirs des anciennes traditions? Comparez cette fenêtre aux deux autres que nous reproduit cette même planche; n’est-il pas évident que leur système de décoration est tout différent, et que, par une sorte d’échange ou d'emprunt réciproque, d’un côté l’on trouve le plein cintre avec la décoration propre à l'ogive, de l’autre, l’ogive avec la décoration qui appartient au plein cintre ? Ces particularités commencent

à être appréciables sur des dessins à cette échelle; sur le monument lui-même elles sont bien autrement visibles. Qu’on nous pardonne d’y revenir sans cesse : c’est là le trait caractéristique de cette église de Noyon.

Le plan et la coupe du collatéral supérieur (ou triforium, pour employer le nom consacré en Angleterre ) ne présentent rien de particulièrement remarquable, mais Us servent à se rendre compte de tous les détails de cette partie de la construction, et notamment à juger avec exactitude de l’épaisseur relative des deux espèces de piliers et des deux espèces d’arcsdoubieaux. L'alternance, comme on voit, n’existe pas seulement dans la grande nef, elle se continue dans les collatéraux; on l'aperçoit même extérieurement, car, bien que les contreforts soient d’égale épaisseur et de même saillie, les écoinsons des piliers forts se prolongent deux fois plus que ceux des pi<liers faibles.

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