‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 109 sur 129 · FAÇADE, CODPE ET DÉTAILS DE LA SALLE DU CHAPITRE · texte numérisé non relu

FAÇADE, CODPE ET DÉTAILS DE LA SALLE DU CHAPITRE

Nous avons déjà parlé avec quelques détails de la salle du chapitre (voir planches J r0 et XVI), mais la vue de cette planche en donnera une idée plus exacte et plus complète. Nous ne répéterons plus ce que nous avons déjà dit des belles et nobles proportions de ce grand vaisseau, de l’élégance des quatre piliers qui supportent toutes les retombées centrales de la voûte, de la brillante disposition de ces cinq grandes fenêtres, de leur ornementation si ferme et si vigoureuse. Peutêtre, dans cette vue d’ensemble, sera-t-on plus frappé de certaines imperfections, qu’on ne l’était tout à l’heure à propos des détails d'une seule partie : ainsi la dimension de la rose à six lobes qui occupe le sommet de chaque ogive peut bien sembler un peu trop forte, et la surélévation des ogives est assurément exagérée; mais ces anomalies necontribuenl-elles pas à donner au monument un cachet d’individualité, un aspect original qui n’est pas sans un certain charme?

Il y a des détails de sculpture qu'on peut à peine apercevoir sur cette planche , faute d’une assez grande échelle : telles sont les figures fantastiques d’hommes et d’animaux qui forment consoles et soutiennent les cordons de feuilles à crochets rampantes autour des archivoltes des fenêtres. Quelques-unes de ces figures sont très-mutilées. Parmi celles qui subsistent encore on remarquera particulièrement celles de la première fenêtre. Ce sont deux têtes d’hommes surmontées chacune

d’une espèce d’animal fabuleux ressemblant «à -un dragon. L’une de ccs têtes porte une couronne. Les dragons enfoncent leurs serres dans les crânes des pauvres patients. C’est un de ces symboles de l’expiation des péchés si fréquents dans les monuments sculptés du moyen âge. Ccs deux consoles, dessinées sur une plus grande échelle, forment la vignette de la page 1 17.

Indépendamment de la coupe et de l’élévation de la salle du chapitre, on trouve encore sur cette planche divers détails dépendants de cette même salle, tels que la charpente du comble , la base et le chapiteau des colonnes centrales, la frise à feuillage formant corniche de couronnement à l'extérieur. On peut remarquer à peu près les mêmes bases et les mêmes chapiteaux dans le réfectoire de l'abbaye Saiot-Marlin-des-Champs à Paris. H y a plus d’une analogie, nous l’avons déjà dit, entre ce charmant édifice et notre salle du chapitre de Noyon.

Nous ne terminerons pas l’examen de cette planche sans dire uu mot de ce mur à couronnement crénelé que nous avons déjà admiré en visitant les ruines du cloître (voir page 6). Il existait au xm' siècle un tel besoin d’employer l’art en toute circonstance, que, même sur ce simple mur de défense, nous voyons régner un cordon de feuillage sculpté qui ferait l'ornement du plus riche palais ou de la plus belle église. Le motif de cette sculpture est du style le plus pur comme on peut le voir dans le détail dessiné de face et de profil.

Page 1