DES ÉVÊQUES DE NOYON
Nous ne pensons pas qu'on puisse attacher grande importance à connaître les noms des évêques de Vermand. Ces prédécesseurs de saint Médard appartiennent à une époque fort ténébreuse, où la critique historique pénètre difficilement. Voici cependant les noms de ces évêques; on en compte quatorze \ savoir :
Hilaire I”.
Martin.
Germain.
Maximin.
Eossonius.
OEternus ou Æternls.
Hilaire II.
Domitien.
Remldic ou Remv.
Mercosinis ou Mereo.
Promotls.
SoPFRONIlS.
Alomer.
Medardus (saint Médard)
Saint Médard est à la lois le dernier évêque de Vermand et le premier évêque de Noyon et de Tournay. C’est en 53 1 qu’il paraît avoir transporté son siège de Vermand à Noyon; quel-
1 G allia christiana, t. IX, p. 969
ques années plus tard, il fut élu évéquc de Tournay, et, dans l’ardeur de son zèle, il accepta ce double fardeau. Saint Médard joue un grand rôle dans l’histoire du christianisme au vi' siècle. 11 passa sa vie à défendre son troupeau contre les barbares, et à semer la parole de l’Evangile dans les provinces qui s’étendaient entre ses deux sièges épiscopaux. Ses vertus et ses miracles ont été chantés par Fortunat dans un de ses poèmes commençant par ce£ vers ;
Inter christicolas quos actio vexit ad astra
Pars tibi pro mentis magna. Medarde, palet, etc.
(Fortunati Carminum lib. sec. xvn. )
C’est à Noyon, dans les bras de saint Médard, que la reine Radegonde, fuyant la demeure de Clotaire I er , son époux, vint chercher un refuge. Ce fut de ses mains quelle reçut le voile; puis, devenue abbesse du monastère de Sainte-Croix fondé par elle dans la ville de Poitiers, elle mérita d’être, après sa mort, comptée parmi les saintes, bien que, de son vivant, la calomnie ne l’eût point épargnée et eût malignement interprété l’hospitalité généreuse quelle accordait au poète Fortunat.
Saint Médard, né à Salcncy, village près Noyon, est le fondateur d’une touchante institution qui a le mérite d’avoir subsisté pendant quatorze cents ans, la rosière de Salency. Grâce aux opéras-comiques et aux faiseurs de petits vers, tout le monde sait ce que c’est que la rosière de Salency; mais bien peu de gens se doutent que cette antique coutume remonte jusqu’à saint Médard. C’est à l’institution de la rosière que Fortunat fait allusion dans ces deux vers :
Te inter mundauos vepres gradientc, fatemur.
Calcatis spinis , promeruissc rosis.