‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 126 sur 129 · DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE

et de puissance temporelle de l'évêque, pour faire admettre les vieilles traditions dans la nouvelle église.

67. — Baudouin III. Doyen du chapitre. Sa mémoire était en grande vénération parmi les chanoines ; il avait confirmé et notablement amplifié leurs droits et privilèges.

y4. — Reinold ou Renaud. Son origine est inconnue. Il assista au concile de Rome, tenu en la basilique de Saint-Jean de Latran, l’an 1 180. C’est sous son épiscopat qu’a été frappée la monnaie gravée sur bois à la page 1 1 . (Voir ci-dessus, page a 2 8.)

98. — Étienne I". Fils de Gauthier de Villobéon , chambellan de France.

Ce prélat fut en grand crédit auprès du roi Philippe-Auguste ; c’est lui qui sc rendit en Danemark, à la tète d’une députa tion solennelle, pour demander au roi Knud VI la main de sa sœur Ingeburge; et, lorsque le monarque français voulut répudier sa nouvelle épouse, ce fut encore Étienne, évêque de Noyon, qu’il chargea de défendre sa cause devant le saintpère ; plus tard, il se servit de lui pour faire déclarer légitimes les deux enfants qu’il avait eus d'Agnès de Moravie.

Étienne, comblé de faveurs, répandit à son tour de nom breux bienfaits sur son chapitre et sur sou église. C'est lui certainement qui a mis la dernière main à l'église Notre-Dame. Il dota largement deux de ses chapelles, celle de Saint-Maurice et celle de Notre-Dame de la Gcsine. Son épiscopat est un des plus brillants dont les annales de l'église de Noyon gardent le souvenir.

Nous avons déjà vu qu’il avait obtenu du roi Philippe- Auguste la concession, ou plutôt la confirmation du droit de battre monnaie , droit dont ses devanciers avaient usé , mais sans autorisation aussi régulière.

11. — Gérard de Basoches. Fils de Nicolas, seigneur de Basoches, et d’Agnès de Chavisy. Les Basoches appartenaient à la maison de Chastillon et en retenaient les armes. Sous ce prélat, la bonne harmonie entre les bourgeois et le chapitre fut sérieusement troublée, à propos d'un serviteur de l’église que le maire

et les échcvins avaient fait appréhender pour quelques méfaits par lui commis. Grande fut la colère du chapitre; il fulmina l’excommunication contre la ville. L’cvêque s’interposa comme arbitre, fit mettre le prisonnier en liberté, leva l'excommunication, et, profitant de la circonstance pour fortifier encore les droits de son église, rendit une sentence portant que le maire et dix des jurés noyonnais jureraient sur les saints Évangiles de ne jamais porter la main sur un chanoine , clerc ou serviteur de l’église de Noyon, et que, chaque année, ce serment serait solennellement renouvelé l .

Vainqueur dans ses démêlés avec la bourgeoisie de Noyon , Gérard de Basoches triompha également des prétentions d’un puissant seigneur du voisinage, Enguerrand, sire de Coucy, au sujet de la mouvance du château de Quiercy, ancienne résidence royale de Charles le Chauve. Il fut reconnu que l’évêque tenait le château en fief, aux droits du roi Philippe I er . qui l’avait donné à Radbod II, un des prédécesseurs de Gérard , et que foi et hommage lui étaient dus par Enguerrand.

Gérard de Basoches figura au nombre des prélats et sei-

* Juramcnlum inajoris et juratorum.

-Item major et jurati, et communia, -singuli» annis, jurabunt episcopo quod ■ non mittere manum in canonicos aut

• clericos de choru Noviomensia eccleai® , « aut servie» tes corum qui sont do maiij-

pastu ipsorum , nisi forte ipsi serviente»

• Mnl de communia Noviomensi, etc. etc. •

On voit, par ce serment que les bourgeois acceptèrent, quelle était la dépendance et In soumission de la commune vis-à-vis du pou roi r épiscopal. Cette subordination avait toujours existé, grâce à f habileté de Baudr^ ; clic se perpétua dans le xili* et le XI v’ siècle. On peut s’en convaincre en ouvrant un registre conservé dans les archives de la mairie de

Noyon , registre dont nous avons déjà parié plus liaut (page 1 4); on y trouvera parmi les serments que les maires, cchevins et jurés, étaient tenus de faire chaque fois qu'ils étaient renouvelés, les mots suivants ;

■ Défense que le maire fait à la fenêtre de l'hôte) de ville lorsqu'il revient de prêter serment au chapitre:

« Je vous enjoins sur peine de corps et de castel , que pour discorde même contre aucun chanoine de Noion ou leurs clercs de chœur, ou à leurs serviteurs, il ne soit aucun qui crie commune, et, s’il advenoit que aucun le feist, il encourroit et peine de corps et de castel. ■

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 243 gneurs que Louis VIII, à son lit de mort, lit jurer d’être fidèles à son fils. (Novembre taa6. )

On le voit assister aux obsèques de Louis VIII et au sacre de saint Louis.

iaa8. — Nir. 0 LAS nE Rove. De la noble et ancienne maison de Roye.

Destiné d’abord au métier des armes, il entra dans les or dres et fut sacre évêque. Sous ce prélat, nouveaux conflits entre le chapitre et la commune. L'évêque intervint , et , tout en donnant quelques satisfactions aux bourgeois, confirma les droits du chapitre.

■i !\ o. — Pierre I" dit Pierre Charlot. Fils naturel de Philippe-Auguste ;

élu évêque A l’âge de quinze ans. Son précepteur, Guillaume le Breton, lui a dédié sa Pbilippéide. Dans sa dédicace, le poète exalte les qualités et les talents de son élève.

— Petro Karloto Philippi regis Francorum filio. 5.

Tu quoque fautor ades, Karlote, simillima regis Magnanimi proies, cui te natura creatrix l't regale genus signis protêt indubilatis,

Corporis esse dédit similem, mentisque vigore, etc

Ces louanges , et bien d’autres que nous supprimons , étaientelles méritées? il est permis d’en douter.

i aâo. — Vermomi de la Boissiére. Ce prélat ne jette pas plus d'éclat que son prédécesseur. Il fut enterré dans le chœur de la cathédrale, du côté droit; sa tombe était couverte d'une lame de cuivre sur laquelle étaient gravés ces vers :

Varmundus jacct hic , autistes Noviomensis ,

Hic pius, hic mundus, et dictus Boisseriensiv Deseruit mundum, cum Chrislo scandit ad astra Huuc trahe Varmundum post te. Deux, ad tua castra Anno milleno bis ccutum septuageno Ac annis binis sanctissimus est tibi finis.

On voit par cette épitaphe qu’il n’y avait pas grand'chose à dire de Vermond de la Boissièrc.

! 3oi .

Giï des Prez. Il était de la mémo maison que son prédécesseur. Nous avons déjà vu que ce prélat fit de nombreuses ameliorations dans son église . entreprit diverses constructions et entre autres la chapelle de sainte Luce et de sainte Marguerite. C'est pendant son épiscopat qu'éclata le fameux incendie de 1393 .

Simon de Nesle. Fonda une chapelle en l’église de Noyon en mai i3oo. (Levasseur, p. 967 .) C'est aussi pendant son épiscopat que furent fondées quatre chapelles par Raoul de Clermont, sire de Nesle.

Pierre de Ferrière. Ne tint le siège que pendant deux ans environ, et n’est connu que de nom.

André de Crécy dit le Moine. Fondateur des chartreux du mont Saint-Louis ou mont Regnaud, à la porte de Noyon. C'est le seul acte de son épiscopat dont on garde mémoire. Il renonça à l’évêché pour disposer plus tranquillement de sa vie , et s'en alla mourir à Avignon.

Florent de la Boissière. Troisième évêque de la maison de la Boissière. Il était fort âgé lors de son élection, ayant été cin quante-six ans chanoine avant de devenir évêque. Il mourut au bout de deux ans.

Foicacd. Il était d'une haute naissance; son père était vicomte de Rochechouart. Il n'y a pas autre chose à en dire.

Guillaume 1". Son père se nommait Mathieu Bertrand. Maigre ce nom roturier, il était de bonne noblesse. Mathieu Bertrand portait d'argent à trois roses de gueules, au cœur d’azur, chargé de trois fleurs de lis d'or à la bordure de gueules. Son fils gouverna bien son diocèse, sans avoir rien fait dont le souvenir se soit conservé.

Étienne Aubert, depuis Innocent VI. Avocat célèbre à Limoges, puis juge de la sénéchaussée de Toulouse, Étienne Aubert entra dans les ordres et fut élu par le seul ascendant de scs vertus évêque de Noyon. Quatorze ans plus tard, en 1 33a . le pape

DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 245 Clément VI vint à mourir, et Étienne Aubert, alors évêque de Clermont, se vit, à son grand étonnement, appelé à le remplacer. Il fit preuve , comme souverain pontife , de la plus rare sagacité, et d'un zèle aussi actif que clairvoyant. 11 travailla à réunir les Églises grecque et latine, et peu s’en fallut qu’il n’y parvint. Il protégea Pétrarque contre d’absurdes ennemis qui l’accusaient de magie. En un mot, Étienne Aubert doit prendre place parmi les esprits les plus distingués du xiv* siècle.

i36a. — Pierre d’André, i 3 A 8. — Rernard Lebrun.

1 3 A 9 ■ GUÏ DE CoMBERU.

i35o. — François de Cocqberel.

i 35 i . — Philippe I" ipArbois, i35a. — Jean de Meulan.

On ne connaît de ces six évêques que leurs noms, et encore varie-t-on sur la manière de les écrire. On n’est pas d’accord non plus sur les dates de leur avènement et de leur mort.

1 35a. — Gilles deLorris. Ce prélatne s'est pas beaucoup plus illustré que ses prédécesseurs. Mais son épiscopat a au moins cela de remarquable qu’il a duré près d’un tiers de siècle, environ trentesix ans.

Philippe de Moulins. Apres avoir fait beaucoup de bien à l’église de Noyou, en instituant de nombreuses et utiles fondations, il fut créé parle roi Charles VI président de la cour des Aides, o Pour régler les finances en France (dit Estienne Pasquier) , on y establit des généraux des finances et de justice; et, pour les authoriser davantage, on les prit du corps de l’Église, comme archevêques et évêques, afin que le peuple y eust plus de créance. » Par lettre du 18 février i388, Charles VI commit pour chef de la cour des Aides l’évêque de Noyon.

Pierre (IV) Fresnel. Il était d’abord évêque de Lisieux. Appelé à l’évêché de Noyon. il l’occupa pendant six ans; puis, en

i4i5, il le résigna pour retourner à Lisieux. 11 était du parti du duc d'Orléans, et, après l’assassinat de ce prince, il fut emprisonné et subit une assez longue captivité.

i (\ i 5. — Raoil de Cobcy. Évêque de Metz dès son jeune âge, il fut élu, vingt-huit ans après, évêque de Noyon. Dans cette année ( i 4 i 5) , le a 4 octobre , fut livrée la malheureuse bataille d'Azincourt , la journée des éperons.

C'est sous l'épiscopat de Raoul , en 1 4a a , que nous voyons le chapitre, après avoir accepté des livres dont l'évêque lui avait fait présent, décider qu'il serait construit une bibliothèque. (Voir plus haut, page i46.)

i 4a6. — Jean de Mailly. Après le décès de Raoul de Coucy, le chapitre fut dans un grand embarras. Le duc de Redfort et le duc de Bourgogne avaient chacun leur candidat pour l'évcché de Noyon. Les chanoines, n’osant encourir la colère ni de l'un ni de l’autre , prirent le parti d’élire les deux candidats et de prier le pape de vouloir bien choisir entre eux. Le pape choisit Jean de Mailly , parent du roi d'Angleterre. Le nouvel évêque se rendit à Paris, le 1 7 septembre 1 4a8, pour rendre hommage au monarque anglais en qualité de pair de France et de comte de Noyon. Il fut ensuite nommé garde des sceaux de Henri V.

Il prit part au procès de Jeanne d'Arc , et assista . dans lu cathédrale de Paris , au sacre de Henri VI. Mais , lorsque le dauphin eut reconquis son royaume, Jean de Mailly se rangea de son parti, vint à Tours lui prêter serment et contribua à la révision du procès delà Pueelle. Plus tard, en i443, il reçut processionnellement son nouveau roi dans la ville de Noyon , u avec apparat de musique, de sonnerie et carillon de cloches, le grand autel paré comme aux octaves des reliques. » Il tenait à racheter ses vieux péchés.

Jean de Mailly soutint contre son chapitre un procès au sujet de la propriété des reliques de saint Éloi. Ce procès dura plus de soixante ans. Les chanoines finirent par gagner leur cause.

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 247 i 473. — Gmu.aime (II) Marahs. L'épiscopat de Jean de Maiily avait duré quarante-sept ans. Celui de son successeur en dura près de trente. Ils occupèrent à eux deux le xv' siècle presque tout entier. " Sous Guillaume Marafin fut rcnouvellé l’arrest louchant le serment solennel des maires et cschevins de la ville qui se fait par chacun an et sur les reliques de M' saint Eloi au palais épiscopal. « (Levass. 1070.) Pendant cet épiscopat, le Noyonnais fut ravagé par les guerres entre Louis XI et le duc de Bourgogne. Depuis plus d'un siècle, cette malheureuse province n’avait cessé d'être le théâtre de la guerre.

La paix ne régnait nulle part, car Marafin et son chapitre furent constamment en querelle. Il est vrai qu’il était parvenu à l'épiscopat d'une manière peu régulière. Le roi Louis XI avait fait signifier aux chanoines' qu’il voulait pour évêque Guillaume Marafin et non point autre. Les chanoines cédèrent, mais gardèrent rancune au prélat et lui firent rude guerre.

i 5 oa. — Ciuat.ES de Hasgest. Marafin étant mort, les chanoines firent supplier le roi de les laisser libres cette fois d'élire leur évêque. Le roi , ce n'était plus Louis XI , leur répondit qu'ils étaient libres, mais il leur recommanda Charles de Hangest, neveu de son ministre favori, le cardinal d'Amboise. Le chapitre prit au sérieux la liberté qu’on lui rendait, et se livra . pendant plusieurs séances, à l'exercice de son droit. Enfin, après de nombreux scrutins, Charles de Hangest fut élu '.

C’est sous son épiscopat que la bibliothèque votée par le chapitre sous Raoul de Coucy , en 1 4 a a, fut définitivement construite. (Voir Levass. p. ■ 1 1 1, et ci-dessus, p. 1 4 7.}

En i 5 i 6 , le feu prend à la cathédrale, la nuit, sur les dix heures du soir : il est éteint quelque temps après.

Le 1" août i 5 a 5 , Charles de Hangest résigne son évêché â

' Les chanoines étaient si heureux de rentrer en possession de leur antique droit d'élection , qu'ils ressuscitèrent , dans cette circonstance, tous leurs anciens usages.

Ils portèrent eux-mèmes dans leurs bra> le nouvel élu sur son siège, le placèrent sur le grand autel, et le rapportèrent devant son trône.

Jean de Hangest. son neveu, et se réserve seulement le titre et les fonctions de vicaire général. C'est en cette qualité qu'il posa la première pierre de la chapelle neuve ou chapelle de l’Assomption de la Vierge, en i 5 î 8 .

Il mourut le 19 juin de la même année. Sa mémoire fut bénie et vénérée par tous les chanoines, qui l'appelaient le Box Evêque.

i 53 a. — Jea.n de Hakgest. Bien qu'il fût en possession du titre depuis i 5 aâ, Jean de Hangcst ne devint réellement évêque que sept ans après, lorsqu'il eut atteint vingt-sept ans et qu'il put être sacré.

Il ne marcha pas sur les traces de son oncle , et , dès son entrée , il montra les dents au chapitre. Bientôt les procès recommencèrent comme au temps de Jean de Mailly et de .Vlarafin.

C’est sous son épiscopat qu'éclatèrent les incendies de i 55 ï et 1557.

En 1577, Charles de Hangcst mourut à Paris, au grand contentement de son chapitre, qu'il tenait en échec depuis quarante ans. Levasseur avoue pourtant qu'il était homme de science et très-orthodoxe ', mais il avait la fureur des procès, ne résidait presque jamais à Noyon , et portait barbe longue contre l'usage et les canons. Les chanoines furent si scandalisés de celte harbe longue, qu’ils lui refusèrent l’entrée au chœur jusqu'à ce qu’il se fût mis en état décent. Cette barbe devint l'origine d'un long procès sur lequel vingt autTes vinrent se gre(Ter.

1678. — Claude d'Angenxes. De la famille de Rambouillet. Il fut, comme Jean de Hangest, pourvu et non élu. Les procès continuèrent. Mais, cette fois, le chapitre était l'agresseur. L'évêque n’avait pas l'humeur belliqueuse : il abandonna la partie. Se voyant oblige de plaider au lieu de prêcher, de solliciter ses juges au lieu de visiter ses ouailles, la place ne lui sembla plus tenable , et, au

Colliette, au contraire, le soupçonne frère . François de Hangest, était un iélé d'avoir eu du penchant pour l’hérésie. Son protestant.

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