‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 127 sur 129 · DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE

bout de dix ans . il résigna son évêché pour passer à celui du Mans.

1 588. • — Gabriel de Bleiuny. Il était évêque depuis quelques jours seulement, lorsque la nouvelle de la mort de MM. de Guise parvint A Noyon. La ville et le chapitre se déclarèrent aussitôt pour la ligue. Le nouvel évêque eût voulu ne point prendre de parti. C'était un homme d'église, rompu aux affaires ecclésiastiques. mais sans passions politiques. Il résida peu à Noyon . et mourut à Péronne en i5ga.

i5g3. — Jean Minier. Issu de parents pauvres, homme de bien et de science , il fut nommé évêque de Noyon , mais non promu , la mort l'ayant surpris avant qu'il Tôt en possession de son siège. «Cette nomination, dit Levasseur, ne pleut à tous à cause de sa vile extraction, qui sembloit y contredire, pour estre icelle par trop éloignée de la qualité d'un pair de France et comte de Noyon. «

i5g5. — Charles de Balsac. Noyon, ville ligueuse et anti-royaliste, fui prise par le roi en 1 5g î , reprise par les ligueurs en 1 5g3 , et enfin définitivement soumise en février i5g5. Le roi, usant du droit du vainqueur, donna l’évêché de Noyon à Antoine d’Estrées, père de la célèbre Gabrielle, lequel en disposa incontinent en faveur de messire Charles de Balsac, premier archidiacre de Rouen. Il n'était plus question d’élection, et néanmoins le chapitre crut devoir faire bon et magnifique accueil à son nouveau prélat.

Charles de Balsac résida peu À Noyon; il occupait de grandes charges et assistait souvent au parlement en qualité de pair. Il fut de mœurs très-pacifiques, et mourut regretté de ses ouailles et de son chapitre.

i 6 a 6. — Henry de Baradat. Gentilhomme de la chambre du roi, seigneur de Damery, baron de Thou; nommé évêque par le roi , sacré à Paris parM. deGondy. Levasseur, qui écrivait sous son épiscopat, le loue avec hyperbole. C'était un homme ordinaire , mais bon et charitable. II fit une nouvelle édition du bré-

viaire et du missel de Noyon , et réforma quelques monastères de son diocèse. Une maladie de poitrine l’enleva en 1 660. 1661. — François de Clermont-Tonnerre. Cet évêque de Noyon s'est acquis une véritable célébrité par son excessive vanité aristocratique. La Bruyère a fait son portrait ; on ne tarirait pas s’il fallait rapporter tous les traits de sot orgueil dont se compose sa vie. C'est à lui qu’il arriva de dire à ses auditeurs : canaille chrétienne, ne pouvant pas se résoudre à les appeler mes frères. Dans son discours de réception à l’Académie française, il ne disait pas un seul mot de son prédécesseur Barbier de Haucourt; l'Académie lui ayant demandé de se conformer à l’usage, il répondit qu'il s'était fait une loi de ne jamais louer de roturiers. C'est lui qui , dans sa dernière maladie, disait à Dieu : Seigneur, ayez pitié de ma grandeur; et c'est encore à lui qu’on prête le mot fameux que Dangeau met dans une autre bouche : « Dieu y regardera à deux fois avant de damner un homme de ma qualité. »

Madame de Coulanges écrivait à Madame de Sévigné ( te 10 décembre i6gé): « M. de Noyon fait toujours i la cour une figure principale; il est le seul présentement qui y soit, et la cour a toujours besoin d'un pareil amusement. »

Ce personnage de comédie mourut le 5 février 1701, après un épiscopat de quarante ans.

Pendant le xviii' siècle, le siège de Noyon a été occupé par six évêques sur le compte desquels on ne possède aucun renseignement. Nous nous bornerons à citer leurs noms.

1701. — Claude Maur, fils d’Urbain d’Aubigné.

1707. — Charles François de Chàteauneue.

1751. — Claude II de Rouvroi Saint-Simon.

1733. — Jean François, fds de François-Isaac de la Cropte de Bourzac. 1766. — Charles de Broglie.

' 777 - — Louis-André Grimaldi. Dernier évêque.

La plupart des évêques qui figurent sur cette longue liste

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 251 chronologique, ont été ensevelis dans l’église Notre-Dame de Noyon; niais il n'existe aujourd’hui aucun vestige de leurs tombeaux. 11 faut qu’à l’époque révolutionnaire on se soit appliqué, avec un soin particulier, à détruire les tombes épiscopales, ou au moins à faire disparaître les pierres qui les recouvraient. Ce qui semble indiquer que cette destruction dut être systématique, c’est qu’on a laissé subsister dans l’église un très-grand nombre de pierres tumulaires de toutes les époques, mais consacrées à des mémoires plus modestes. Ainsi nous trouvons beaucoup d’inscriptions qui nous parlent de chanoines, de chantres, de sous-cliantres, de chapelains, d'écolâtres, de trésoriers, ou même de simples laïcques tels qu’avocats, médecins, conseillers, etc. etc. mais pas un seul fragment de marbre ou de pierre sur lequel soit écrit le nom d’un évêque, comte de Noyon et pair de France.

Quoique les pierres tumulaires de cette ancienne cathédrale ne couvrent que des cendres obscures, elles n’en sont pas moins dignes d’intérêt. Ce ne sont pas seulement les inscriptions, la forme des lettres et leur disposition qui méritent d’être étudiées : l’artiste, de même que l'antiquaire, y peut trouver son profit. Quelques-unes de ces pierres sont aussi remarquables comme objets d’art, comme œuvre de sculpture ou plutôt de gravure en creux, que comme monuments paléographiques.

Nous aurions pu donner des Jac-similc de ces pierres tumulaires ou tout au moins les décrire et en discuter la valeur; mais c’eût été sortir des homes de notre travail. Il y aurait là matière à un ouvrage spécial. Déjà M. l'abbé Magne en a jeté les bases dans un mémoire plein d’observations utiles 1 .

' Ce mémoire a été publié dans le Bulletin monum" de M.doCaumon. t. X.Caen, 1 84 A -

Les inscriptions les plus importantes qui existent encore dans l’ancienne cathédrale de Noyon ont été fidèlement recueillies par lui.

Nous ne ferons qu’une seule remarque, la seule qui se rapporte directement à notre sujet. Parmi ces pierres tumulaires si nombreuses, il n’en est pas une seule qui soit antérieure au xiii c siècle. Nouvelle preuve, s’il en était besoin, qu'avant l’an 1200 les travaux de reconstruction de l’église Notre- Dame de Noyon ne devaient pas être complètement terminés.

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