‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 38 sur 129 · PREMIÈRE PARTIE. — VI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — VI

au milieu du xm c siècle qu’au commencement du xiv', nous pouvons l’affirmer avec une égale certitude.

Nous n’avons donc plus de choix : il ne reste que les incendies de 1 1 3 1 et de 1 i 5 a qui puissent avoir rendu nécessaire la reconstruction de la cathédrale.

Mais ne va-t-on pas nous demander pourquoi nous supposons que ces deux incendies, et plus particulièrement le premier, ont détruit l’édifice de fond en comble? La seule raison que nous en ayons donnée jusqu’ici, c’est que les historiens nous l’attestent; or, nous venons de voir qu’en pareille matière les témoignages historiques ne sont guère infaillibles; nous venons de démontrer, malgré tes attestations d'archivistes contemporains, que le fameux incendie de 1293 avait dû nécessairement épargner la presque totalité de l’église: pourquoi 11’en serait-il pas de même du désastre de 1 1 3 1 ? Pourquoi le vieux monument n’aurait-il pas résisté aux flammes? Pourquoi ne serait-ce pas lui que nous aurions devant les yeux?

Notre réponse est bien simple : la même raison qui ne nous a pas permis de croire au récit des moines de Longpont nous force d’ajouter foi aux paroles de Guillaume de Nangis et à celles de tous les chroniqueurs qui ont parlé de l’incendie de 1 1 3 1 . Dans les deux cas, c’est le caractère de l’architecture qui détermine notre conviction, c’est lui qui nous fait affirmer que l’édifice ne peut être ni antérieur, ni de beaucoup postérieur au xii' siècle.

Mais 11’avons-nous pas dit que l’époque de transition (et c’est au xn e siècle que ce nom est généralement donné) n’était encore qu’imparfaitement étudiée; que ses caractères constitutifs ne pouvaient pas être définis avec la même précision que ceux de l’époque du style à ogive proprement dit , c’est-

à-dire des xni®, xiv' et xv e siècles ? Dès lors quels indices cer- . tains, quel moyen de contrôle la vue des monuments peutelle nous fournir? De quel droit pouvons-nous rejeter ou accepter le témoignage des historiens?

Qu’on nous permette de distinguer ce qui est encore vague et obscur dans l’époque de transition, et ce qui peut, au contraire, être éclairci jusqu’à l’évidence, et l’on verra qu il existe des jalons assez nombreux et assez sûrs pour déterminer que tel monument est ou n’est pas de ceux que cette époque à dû voir construire.

Cette nouvelle digression ne nous écarte pas de notre but , puisque, en essayant ces recherches sur la cathédrale de Noyon, nous nous proposions avant tout, sinon de résoudre, du moins de poser nettement les questions principales que soulève encore l’époque de transition.

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