‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 59 sur 129 · PREMIÈRE PARTIE. — VIII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — VIII

çus que nous allons hasarder. Loin de nous l’espoir d’atteindre le but, nous ne voulons qu’indiquer une voie qui nous semble pouvoir y conduire.

La révolution architecturale dont le xir siècle est témoin ne provient-elle que d’un de ces changements de goût matériel, d’un de ces besoins de nouveauté que les hommes éprouvent nécessairement à certains intervalles? L’ogive est-elle née seulement parce qu’il y avait trop longtemps que le plein cintre durait? N’y a-t-il là qu’une affaire de mode? Cette explication, dont quelques-uns se contentent, n’en est réellement pas une. La mode elle-même ne doit-elle pas avoir sa cause? Cette cause est futile et insaisissable, s’il ne s’agit que du caprice de quelques individus; mais ne peut-elle pas être grave et profonde , lorsqu’il est question des habitudes de tout un peuple ? Or d'où est née la mode qui , pendant le xn' siècle , fit adopter universellement, dans une moitié de l’Europe, un nouveau genre de construction? La question, comme on voit, reste toujours au même point.

Cette révolution doit-elle être attribuée uniquement, comme d’autres l’ont voulu , à la nécessité toujours croissante d’exhausser les églises, soit par zèle religieux, pour mieux honorer la divinité , soit par motif de salubrité, pour prévenir l’asphyxie des fidèles? L’ogive, il est vrai, s’emploie utilement dans les constructions d’une grande hauteur; mais on peut faire des monuments très-élevés sans se servir de l’ogive. Les cathédrales de Mayence, de YVorms, de Spire ont tout autant d’élévation que beaucoup de grandes églises du xm c siècle, et leurs arcades sont toutes à plein cintre. L’architecture à ogive ne serait

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