‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 68 sur 129 · PLAN DU REZ-DE-CHAUSSÉE · texte numérisé non relu

PLAN DU REZ-DE-CHAUSSÉE

Pour bien juger le plan de la cathédrale de Noyon, pour l’étudier dans sa pureté primitive, il est nécessaire de se reporter à la planche deuxième, représentant le plan de l’édifice au premier étage. Là, en effet, l’église est dégagée de toutes les additions qui, à diverses époques, ont élargi sa partie inférieure ; elle se montre sous son propre aspect. Qu’on jette donc, d’abord, un coup d’œil sur cette seconde planche, afin qu’en revenant à la première on puisse faire abstraction de tout ce qui est étranger à la pensée primitive de l’architecte. Le transsept du nord devient ainsi symétriquement pareil à celui du sud , et la nef, réduite à la grande allée du milieu et aux deux allées collatérales , n’est plus flanquée de ces chapelles de toute forme et de toute dimension qui en altèrent si mal à propos la régularité.

Ainsi compris, le plan de Notre-Dame de Noyon est admi-

rablement harmonieux. Ses quatre parties, cest-à-dire la nef, le chœur et les deux transsepts, se lient et s’enchaînent par des rapports de parfaite concordance. Rien de mieux combiné, pour exprimer dans un plan la forme de la croix, que ces deux transsepts terminés, comme le chœur, en hémicycle. On a peine à comprendre que ce parti n'ait pas été généralement adopté, surtout lorsqu’on voit combien en élévation l'effet de perspective en est heureux. Nous indiquerons à la planche XXIII un certain nombre d’églises encore existantes où cette disposition se retrouve. On pourrait probablement en citer quelques autres qui nous ont échappé, mais le nombre n’en est certainement pas grand. Même pendant le règne du plein cintre, ces sortes d’églises sont des exceptions, et elles deviennent d’une extrême rareté dès qu’on entre dans l’époque à ogive.

Parmi les autres caractères archaïques que présente l’église de Noyon, nous avons signalé ces piliers carrés flanqués de colonnes engagées et ces colonnes cylindriques se succédant alternativement des deux côtés et dans toute la longueur de la grande nef. On ne trouve, en général , cette disposition que dans les monuments byzantins ou romans. Mais en se reproduisant ici elle subit une importante modification. Les piliers carrés ne portent pas seuls, comme le voulait l’ancien usage, les retombées de la grande voûte de la nef. On peut voir sur le plan, par les lignes ponctuées, que l’arête qui part du pilier carré aboutit diagonalement au support cylindrique, et réciproquement, tandis que, dans l’ancien style, cette arête, laissant de côté le support cylindrique, n’irait se reposer que sur le pilier carré qui vient après; de cette manière, l’arête décrirait un arc beaucoup plus grand, ce qui lui permettrait de conserver la courbe semi-circulaire, tandis que, de la manière dont les arêtes se croisent dans les voûtes de l’église de Noyon ,

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