‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 72 sur 129 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE I

« ès mains de M. Antoine Fauvcl, maistre de la fabrique, pour parachever la chappelle neufve, et pour y mettre des images à la discrétion dudict Fauvel et de l’escolastre '. »

Ainsi, vers i53o, lorsqu’il s’agissait de construire dans une cathédrale une nouvelle chapelle, on se servait encore du style à ogive, tandis que, vers la même époque, et même vingt ans auparavant, dans la plupart des constructions civiles, l’ogive était abandonnée et cédait la place au plein cintre de la renaissance. Nous ne prétendons pas qu’avant 1 53o on n’eût pas encore appliqué le style de la renaissance aux édifices religieux; nous voulons seulement faire remarquer qu’on ne s’en servait pas généralement pour cette destination , et que, tandis que son emploi était devenu presque universel dans les édifices civils, on conservait encore, pour les constructions religieuses, une certaine fidélité à ce style, que quatre siècles auparavant l’église n’avait adopté qu’avec hésitation, mais quelle avait encore plus de peine à abandonner.

La chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours était autrefois désignée sous un autre nom : on l’appelait chapelle de l'Assomption. De semblables changements de noms se sont opérés successivement dans presque toutes les autres chapelles de la cathédrale de Noyon , sans qu’on puisse savoir pour quelle cause et à quel moment les nouvelles dénominations ont prévalu. Ainsi la chapelle centrale, derrière l’extrémité du chœur, est aujourd’hui, comme dans presque toutes les églises, la chapelle de la Vierge; elle était autrefois, et du temps même de Levasseur, consacrée à saint Eloi 1 2 : aujourd’hui c’est la cha-

1 Annales de jY oyon, p. 1119.

* • L’église porte en longueur 48 toises à prendre depuis le grand portail jusque au fond de la chapelle Saint-Eloi, der-

rière le chœur.» (Levasseur, p. i34.)

Il y avait aussi dans la nef une seconde chapelle de Saint-Eloi, et une troisième à l’entrée du chœur.

pelle contiguë du côté du sud qui est placée sous l'invocation de ce saint. La chapelle actuelle de Saint-Nicolas était jadis divisée en trois parties, dont la plus rapprochée de la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours était consacrée à sainte Lucc et à sainte Marguerite, en vertu d’une fondation de l’évéque Guy Desprès, remontant à l’année ia85. Presque toutes les anciennes consécrations ont été ainsi bouleversées; plusieurs chapelles sont même complètement abandonnées 1 : aussi ne compte-t-on maintenant dans la cathédrale que onze autels consacrés, tandis qu’il est constaté, par une bulle du pape Clément VI, qu’en 1 348 il existait trente-neuf chapelles fondées et dotées; Levasseur en comptait encore de son temps vingt-six ou vingt-sept, y compris le maître-autel et celles des voûles. 11 entend par celles des voûtes les chapelles alors établies dans les galeries ou tribunes qui surmontent tous les collatéraux de l’église, et notamment ceux du chœur. Ces chapelles hautes devaient être assez nombreuses : on ne trouve guère, dans le rez-de-chaussée de l'église, que l’emplacement de vingt chapelles environ; ainsi, à moins que le même autel pût servir à deux chapellenies, il fallait qu’en 1 348 il y eût dix-neuf autels dans les tribunes hautes, et qu’au temps de Levasseur il en restât encore six ou sept.

Épuisons ce qui concerne cette première planche en disant encore quelques mots des bâtiments épiscopaux adossés à l’église et reproduits sur le plan du rez-de-chaussée. Pour compléter l’ensemble de ces bâtiments, il aurait fallu faire figurer dans ce plan le palais de l’évêque, sa chapelle et toutes les autres dépendances de l’évêché; mais ces constructions n’existent plus qu’en très-petite partie : ce qui en reste a peu d’in-

1 Ainsi nous ne voyons plus aujourd'hui Vierge, dont Calvin fut titulaire de i52i

l'ancienne chapelle dédiée à la gésinc de la h i534< (Voir ci-dessus, pag. i5.)

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