‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 73 sur 129 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE I

térêt, et, comme un assez grand jardin les sépare de la nef de l’église, il eût fallu, pour les comprendre dans le plan, donner à la planche une grandeur extraordinaire ou diminuer l’échelle générale, c’est-à-dire réduire les détails à des dimensions imperceptibles. Les vignettes des pages 1 3 4 et i56 donnent une idée des seuls fragments de l’évêché qui conservent encore quelque caractère : cette grande lucarne sculptée suffit pour nous faire apprécier la richesse qui régnait dans l’édifice. Le fondateur du palais épiscopal était ce même Charles d’Hangest qui posa la première pierre de la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours. Quant à la chapelle particulière des évêques, dite Sainte-Chapelle, elle est encore debout, mais mutilée et dépouillée de toute espèce de sculptures. Son vaisseau ne manque pas d’élégance ni de légèreté, sans mériter toutefois une grande attention. Cette chapelle est placée à peu près parallèlement à l’abside de la cathédrale, du côté du sud.

Les bâtiments situés de l'autre côté sont dans un meilleur état de conservation et plus dignes d’examen. Nous ferons d’abord remarquer les belles proportions de la salle du chapitre. Nous ne parlons en ce moment que du plan ; quand nous examinerons les planches XVI et XIX, nous nous arrêterons devant la pureté et la finesse de la décoration; mais le plan seul, vaste parallélogramme de vingt-quatre mètres sur douze, est une belle et noble conception. On ne peut pas bien apprécier aujourd’hui la beauté de cette grande salle , et surtout de ses voûtes si élégamment soutenues par quatre légers fuseaux de pierre, parce que deux murs de refend modernes la coupent transversalement; mais, quand la vue pouvait pénétrer librement dans toute sa profondeur, ce grand berceau devait produire un admirable effet. Il y a dans la disposition de cette salle quelque chose qui rappelle le délicieux réfectoire de l’abbaye Saint-Martin-des-

Champs à Paris. Les salles capitulaires de quelques cathédrales d’Angleterre, soutenues par un seul pilier, dont les innombrables nervures simulent les branches d’un vaste palmier, sont assurément plus éblouissantes encore, mais la forme et le caractère de la salle de Noyon sont peut-être mieux en rapport avec sa destination.

A côté de la salle capitulaire nous trouvons sur le plan les débris du cloître : cinq travées seulement sont encore debout. Nous en parlerons plus en détail, ainsi que du mur crénelé parallèle à l’église, lorsque nous examinerons les planches Vil et XIX.

Les deux grandes salles contre lesquelles le cloître était adossé du côté du levant servent de sacristie; elles sont aujourd’hui surmontées d’un plafond plat du temps de Louis XV, mais on conserve le souvenir de leurs anciennes voûtes à arêtes retombant sur un seul pilier central, comme dans les salles de chapitre des cathédrales anglaises dout nous parlions tout à l’heure.

Les deux sacristies doivent avoir été bâties à peu près à la même époque que le cloître. (Voir la planche XVI.)

A la suite des deux sacristies, on trouve un bâtiment dont l’évêque et le chapitre se servaient à l'usage de prison. Enhn, en retour d’équerre, nous voyons sur le plan un toit qui recouvre une longue construction : ce bâtiment est presque tout en bois. On remarque à l’extérieur, sur la charpente, quelques traces de sculpture qui peuvent remonter au xvi' siècle. C’était la bibliothèque ou librairie des chanoines; elle passe pour avoir été construite par l’évêque Raoul de Coucy, vers i4aa. Mais elle est évidemment plus moderne. On voit bien en 1 4 3 a Raoul de Coucy faire présent à son chapitre d’un beau cours de droit civil en cinq volumes, à la charge de faire construire une bi-

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