‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 8 sur 129 · PREMIÈRE PARTIE. — III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — III

Enfin, si, pour dernière ressource, nous nous adressons aux historiens qui ont traité, non plus de Noyon ou du Noyonnais en particulier, mais de la Picardie, et notamment des villes, monastères et églises situés aux environs de Noyon, dans l’espoir d’y découvrir par aventure quelques révélations au sujet de notre église, nous ne tardons pas à reconnaître combien cette espérance est vaine. Il n’y a rien à attendre ni de Guibert de Nogent-sous-Coucy, ni d’Herman, le moine de Saint- Vincent de Laon. Leurs écrits sont pleins de détails sur l’établissement tumultueux de la commune de Laon, sur l’incendie de cette ville, sur la restauration de sa cathédrale, mais ni l’un ni l’autre ne disent un mot de cette église de Noyon, dont ils étaient cependant si voisins.

Un tel silence ne doit pas nous étonner. Ce qui est rare, ce qui est merveilleux, c’est une église que ses contemporains aient regardé bâtir et sur laquelle ils aient bien voulu nous laisser des notions exactes et précises. Ces chroniqueurs du

bourgeois faits et créés en la ville de Noyon depuis l'an mil trois cent vingt-quatre, et des serments que les maires et échevins prêtent quand ils sont faits et renouvelés. »

Nous ignorons si, dans les archives du département, à Beauvais, on pourrait obtenir de plus utiles découvertes. Ce dépôt est assez riche pour qu’il soit permis de l'espérer, mais il faudrait faire des recherches toutes spéciales , qui ne paraissent pas avoir encore été entreprises.

Nous devons joindre à la liste des ouvrages que nous avons consultés inutilement, d'abord celui de Colliettc, intitulé :

Mémo iris sur le Vtsrmandois , en trois volumes in- 4 *. Cest une histoire ecclésiastique qui ne dit pas un mot des églises. Ensuite les Antiquités do Noyon, par Duchesues;

l'Ancien Noyon , par Desrues, et enfin deux ouvrages modernes composés de citations extraites, soit de pièces manuscrites, soit des différents auteurs que nous venons de citer. Us ont été publiés par M. delà Fons, baron do Mélicocq. L'un de ccs ouvrages a pour titre : Recherches historiques sur Noyon si le Noyonnais, 1 vol. in-8\ 1837; l’autre est intitulé : Une cité picarde au moyen dgc, ou Noyon et le Noyonnais aux ur' et XV* siècles > 1 vol. in-8*, i 84 »- Ces deux recueils sont pleins de faits intéressants, mais l’auteur parait n'avoir rien trouvé qui se rapporte à la construction de la cathédrale. Il se borne à citer les dates données par Levasseur, en exprimant cependant quelque doute sur leur exactitude.

moyen âge, qui enregistrent tout ce qu’ils voient, tout ce qu’ils entendent raconter, qui ne nous font pas grâce de l’anecdote la plus insignifiante, jamais ils n’ont rien à nous dire de ces monuments qui de toutes parts grandissaient autour d’eux, et que le respect, la piété, l’enthousiasme des populations, signalaient à leurs regards. Survient-il le moindre trouble dans la paix du cloître, les revenus de l’abbayc sont-ils menacés par un procès, ses privilèges reçoivent-ils la moindre atteinte, nous en sommes instruits de cent façons; mais si nous voulons savoir l’origine de ces murailles qui abritent la communauté, de cette église qui retentit de ses prières; si nous cherchons quels changements sont survenus dans le plan primitif de ces constructions, par qui ces changements furent exécutés, les contemporains sont muets; ils n’ont rien vu, rien su, ou si par hasard il leur échappe quelques paroles, elles sont si brèves, si insouciantes, si incomplètes, que souvent elles ne servent qu’à nous égarer. 11 y a tels monuments sur le compte desquels les données les plus fausses ne se sont accréditées que parce qu’une fois, par hasard, un contemporain leur a rendu le mauvais service d’en dire quelques mots.

Qu’on juge donc de notre embarras. S’il s’agissait de l’histoire de la ville de Noyon, les matériaux ne nous manqueraient pas. Fallût-il remonter jusqu’à Jules-César, nous trouverions des témoins oculaires, des pièces originales, des autorités dignes de foi. Nous n’en manquerions pas davantage, soit pour décrire l’établissement de la commune, soit pour assister à la formation de la bourgeoisie et à ses rapports avec l’évêque; nous pourrions dépeindre, dans tous leurs détails, les dévastations dont les armées anglaises et espagnoles affligèrent pendant trois siècles cette triste contrée, le siège de la ville, sa prise et sa reprise durant la Ligue; puis nous pourrions ra-

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