DÉTAILS DE DEUX TRAVÉES DE IA NEF
En examinant la nef dans son ensemble (voir planche VII), nous avons fait ressortir avec détail l'excellence de ses proportions, la pureté de ses formes, l'heureuse disposition de toutes ses parties. Nous ne pourrions que nous répéter si nous entrions dans un nouvel examen de ces deux travées.
Nous nous bornerons donc à signaler dans cette planche un détail que la petite échelle de la coupe générale ne nous aurait pas permis d’apprécier. Ici même on ne s’en rendra compte qu'imparfaitement : mais quiconque entrera dans l’église ne pourra manquer de l’apercevoir. 11 s’agit de la forme des arcades à ogive dans le rez-de-chaussée de la nef et à l’entrée des collatéraux. An lieu de venir se reposer verticalement sur le tailloir des chapiteaux, les archivoltes de toutes ces arcades semblent suivre une direction concentrique en se rapprochant de leur base, à peu près comme les arcs dits en fer à cheval. Cette forme ne manque pas d’élégance, mais elle se rencontre très-rarement dans le style à ogive, surtout en France. Or, ce qu’il y a d’assez étrange , c’est qu’ici elle n’existe que par une illusion d’optique. L’archivolte tombe en réalité verticalement sur le tailloir. Mais dans un espace de vingt centimètres environ , à partir de son point de jonction avec le tailloir, cette archivolte, qui est à vive arête dans sa partie supérieure, devient tout à coup taillée en biseau (voir la planche). Or, à une certaine distance, l’œil n’aperçoit pas cette différence de tra-