‹ Monographie de l'église Notre-Dame de NoyonChapitre 96 sur 129 · BASES, CHAPITEAUX. PLANS DES PILIERS · texte numérisé non relu

BASES, CHAPITEAUX. PLANS DES PILIERS

Les détails que contient cette planche vont nous faire pénétrer d’une manière plus intime dans le véritable caractère du monument. La forme des piliers en plan et en élévation, la forme des bases, la forme des chapiteaux, ce sont là les trois éléments principaux de l’ostéologie architecturale. Dans les planches suivantes, nous verrons les moulures, qui sont pour ainsi dire les fibres et les muscles de l’édifice ; mais ici ce sont ses pieds, sa tête et son corps que nous allons d’abord étudier.

Dans toutes les parties de la cathédrale de Noyon, dans la nef aussi bien que dans le chœur, les bases , comme on peut s’en convaincre d’un coup d’œil , sont toutes ornées de pattes. Ce genre d’ornement est certainement un des signes les plus sûrs pour déterminer l’âge des monuments. A peine en usage dans les premières époques du style à plein cintre, il devient d’un emploi presque universel au xi e siècle, se perpétue pendant presque tout le xn', et ne disparaît définitivement que lorsque le style à ogive a complètement triomphé et devient pur de tout mélange. 11 nous suffirait donc de trouver dans cette église de Noyon des pattes sur toutes les bases des piliers et colonnes, pour affirmer que, si la construction s’est prolongée jusqu'au xin* siècle, elle n’a certainement pas duré au delà de ses premières années.

Il est vrai que, si les pattes que nous voyons sur les bases leur assignent un certain caractère d’ancienneté, la forme de

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ces mêmes bases , surtout dans la partie occidentale de la nef, semble au contraire leur donner un cachet de nouveauté. Remarquez combien le tore inférieur est aplati , combien il déborde le stylobate, combien la scotie est profonde. Ne sont-ce pas là les profils adoptés par le xm* siècle et même vers sa seconde moitié? 11 y a quelque chose d’étrange à trouver ainsi réunis des signes indicateurs pour ainsi dire contradictoires. Mais nous l’avons déjà vu, c’est là le caractère dominant de cette église de Noyon. Dans ses moindres détails, aussi bien que dans ses grands traits d’ensemble, toujours se représente ce mélange évidemment intentionnel de l’archaïsme et de l’innovation.

Nous nous bornerons à cette observation générale sur les bases des colonnes et piliers. Si nous pouvions les passer toutes en revue dans la nef, dans le chœur, dans toutes les parties et à tous les étages du monument , nous aurions à faire remarquer une foule de variétés et, pour ainsi dire, de nuances qui ne seraient pas sans intérêt, soit dans la forme plus ou moins aplatie, plus ou moins accentuée de ces bases, soit dans l’extrême diversité des pattes dont elles sont ornées. On en peut voir quelques échantillons gravés sur bois aux pages 107, 1 3 1 , 1 33 et 171 ; mais on en trouvera bien d’autres, et tout aussi remarquables, sur le monument lui-même. Si quelqu’un voulait faire une étude spéciale des bases de colonnes du moyen âge, et notamment des bases ornées de pattes, de griffes, de palmetles et autres appendices de ce genre, je crois qu’il ne trouverait nulle part une moisson d’exemples aussi variés et aussi originaux que dans cette église de Noyon.

Quant aux chapiteaux , il n’est pas question en ce moment de ceux qui sont sculptés dans le goût tout à fait archaïque , ceux des chapelles de l’abside; on les trouvera à la planche XIV.

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