‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon. Plans, coupes, élévations et détailsChapitre 121 sur 139 · DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — PLANCHE XXIII

ses deux bras arrondis seraient égaux entre eUx, lors même qu'ils seraient identiques à l'hémicycle central, la distance qui sépare ces trois hémicycles nous forcerait à ranger l'église Sainte-Croix parmi les exceptions. A vrai dire, ces hémicycles latéraux ne sont pas des transsepts, mais des chapelles : dans presque toutes les églises circulaires, des chapelles sont ainsi pratiquées en dehors du cercle formé par la paroi extérieure du monument. Il est vrai qu'en général elles sont placées sans ordre ni symétrie, tandis qu'ici elles forment une croix régulière. Mais si nous admettons l'église Sainte-Croix au nombre des monuments à transsepts semi- circulaires, on conviendra qu'elle doit prendre place parmi ceux qui n'en reproduisent le type que très -imparfaitement.

Il en est de même de Saint -François -d'Assise. Une abside très-courte et très-ramassée , des transsepts très-allongés, sans même parler de la forme polygonale de ces transsepts , et de ces deux autres hémicycles placés comme au hasard à l'autre extrémité du monument , c'en est assez pour ne chercher, ni sous les voûtes de cette -église souterraine, ni dans le brillant vaisseau qui la surmonte , ce principe d'exacte symétrie et d'harmonieuse régularité qui constitue les véritables églises à transsepts semi-circulaires. Saint-François-d' Assise est un admirable musée : le génie de la peinture , dans la première ardeur de la foi et de la jeunesse , a décoré ses murailles ; mais

office de nef. Cette disposition tout à fait faces un autre aspect qu'aux trois autres ,

exceptionnelle ne permet guère de mettre il serait impossible de savoir où est le

en parallèle l'église de Montmajour avec chœur, où sont les transsepts, où est la

les églises à transsepts arrondis propre- nef. Le monument serait identique sous

ment dites : elle se rapproche plutôt des tous ses côtés, comme un monument cir-

églises circulaires; car, n'était le petit culaire. Ce petitédifice est un chef-d'œuvre

porche placé en avant de l'hémicycle qui dans son genre. J'ignore s'il a des ana-

.sertde nef, porche qui indique l'entrée du logues en Orient, mais je ne lui en con-

monument et donne à une de ses quatre nais pas en France.

l'architecture les a construites d'une main distraite et les yeux à demi-fermés. Il n'en est pas moins curieux de trouver dans ce couvent italien, aux xii" et xiii" siècles, un exemple, quelque altéré qu'il soit, de ces églises à transsepts semi-circulaires presque inconnues au delà des monts, et dont la France et l'Allemagne elles-mêmes nous oflrent de si rares vestiges.

Nous terminons ici cette série d'observations sur les églises à transsepts arrondis. Tous les rapprochements, toutes les comparaisons, tous les détails dans lesquels nous venons d'entrer, sont de simples notes à l'usage de ceux qui voudront approfondir le sujet. C'est surtout en Grèce et en Asie Mineure qu'on pourrait avec profit chercher des lumières sur cette question. Si nous connaissions toutes les églises à transsepts arrondis qui subsistent encore dans ces contrées; si des dessins exacts reproduisaient leurs formes et leurs dimensions ; si l'époque présumée de leur construction pouvait être indiquée^ nous posséderions les éléments d'un travail sérieux, et l'étude de notre tableau comparatif pourrait conduire à des résultats vraiment instructifs. Mais, à défaut de ces moyens d'investigation , nous croyons pouvoir, sans témérité , persister dans la conjecture que nous avons hasardée en commençant : c'est en Orient , nous le répétons , que doit avoir pris naissance le type des églises à transsepts semi-circulaires, ou, pour mieux dire, à trois hémicycles égaux. Nous n'en voudrions pas d'autre preuve que l'impossibilité de trouver en Italie , c'est-à-dire dans le voisinage ou sous la domination de Rome, une seule église de ce genre bien caractérisée. Les essais avortés que nous voyons à Rome, à Pise, à Ancôjie, à Assise, nous confirmeraient au besoin dans notre conjecture : évidemment cette manière de construire les églises n'est pas née sur la terre d'Italie, puisque, lorsqu'elle a voulu par hasard s'y produire, elle s'est

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