Radulfe. Chanoine de Laon
97 y. — LiNDDLFE. Fils d'Albert I", comte de Vermandois. C'est sous son épiscopat , et à Noyon , que Hugues Capet fut proclamé roi.
• Radbode. De la famille des ducs de Frise.
Hardouin. Fils de Robert de Croy. C'est pendant l'épiscopat d'Hardouin , et grâce à un singulier subterfuge , que fut rasée l'ancienne tour ou château de Noyon , qui portait ombrage au pouvoir temporel des évêques ' .
' « Le roi Robert avoit une tour à Noyon assise dans l'enclos de l'église Notre-Dame , joignant la cour episcopale; de laquelle tour le peuple de Noyon recevoit grand déplaisir. Car celui qui la gardoit pour le roy estoit si insupportable et arrogant, qu'il entreprenoit sur les droits et revenus de l'église , s'ingeroit des causes spirituelles, en sorte que l'evesque ne pouvoit juger ny définir sans luy; bref tenoit un chacun sous la rigueur de son lyranniqjie
esclavage , continuant tousiours de pis faire, non obstant toutes les remonstrances des plus gens de bien ; enfin fut advisé par l'evesque, le clergé et le peuple, qui gemissoient sous le joug , de résister au tyran ; pour a quoy parvenir fut trouvé bon de s'emparer de la tour et de la démolir. Un jour donc que le tyran s'estoit absenté de sa forteresse n'y ayant laissé que sa femme avec ses servantes, l'evesque voyant l'opportunité favorable , et ayant donné le mot
io3o. — Hugues.
10/1/4. — Baudouin I". De la famille des comtes de Flandre.
1068. — Ratbode II. « Vir doctissimus, scientia, piis moribus laudatus. »
1 098. — Balderic ou Baudry. Chapelain de l'évêché de Cambrai , homme de bien et de science. C'est lui qui donna, en i 108, aux habitants de Noyon leur charte de commune ' .
On a conservé l'épitaphe de Baudry ; la voici : « P.Baldricus, « hujus ecclesiae cantor et episcopus Noviomensis , anno Verbi
aux citoyens avecques commandement de s'armer, fit dire à la dame qu'il l'alloit voir pour la prier de luy vouloir tailler une chasuble en drap de soye, que personne ne pouvoit mieux qu'elle. La dame toute ravie du bonheur d'une telle visite et glorieuse de recevoir son evcsque, personnage de qualité et de maison , luy va audevant et le reçoit au dedans , ne sçachant rien du dessein. Après quelques discours de civilité voicy arriver ceux qui dévoient faire crouler la forteresse avec engins et instruments à ce convenables. Ce fut lors que M. l'evesque fit entendre à madame la gou- ■ vernante que pour les injures que son mary faisoit souffrir à l'église, à luy, aux chanoines et au peuple il falloil que la leur sautast, et que tousses boulevars fussent rasez : et partant, dit -il, sortons vistes , avant que l'on commence, crainte dépérir dans les ruines. A ces mots elle tomba en foiblesse d'appréhension qu'elle eut ; l'evesque la relevant et la rassurant par douces paroles la prit par la main et la mena au dehors en lieu de seureté. A l'instant et sans marchander davantage, les gens de l'evesque mirent le feu aux quatre coings du bafiment, sapèrent et minèrent tous les édifices. » ( Levasseur, extrait de Cousin, de Meier et d'Heriman, p. y/iô.) ' Baudry jura d'abord pour lui et ses
successeurs de toujours maintenir cette charte, et les habitants de tout état jurèrent après lui. Non content de s'être ainsi engagé par serment , l'évêque confirma par une nouvelle charte les promesses qu'il venait de faire. Cette seconde charte est ainsi conçue :
« Baldricus Dei gratia Noviomensis epis- «copus omnibus in fide perseveranlibus, a de die in diem promoveri in melius.
« Sanctorum Palrum, fratres charissimi , « dictis docemur et exemplis omnia bona B litlerarum apicibus debere commendari , « nein posterumtradanturoblivioni. Scianl « igilur omnes christiani présentes et futuri (1 communionem in Noviomo constitutam « concilie clericorum et militum , nec non 5 et burgènsium me fecisse : et sacramento , « pontificali auctoritate , atque analhematis « vinculo confirmasse et a domuo L. rege, a ut ipsam concederet , et regaii signo corro- » borarel impetrasse. Quam per me factam Il et a multis j uratam , et , ut pra;dictum est , 11 a rege concessam , ne aliquis destruere , « vel corrumpere présumai , ex Dei et mea «parte commoneo, et pontificali auctori- « taie prohibée. Quicumque transgresser i legis eam violaverit , excommunication! « subjaceat ; qui aulem bene servaveril « cum habitantibus in domo Doniini sine • fine maneat. » (Levasseur, p. 8o5.)