DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE
<( incarnati 1112, prœlationis suse 1 5 , pridie calendas junii « obiit, mentis plenus, et Chronico Cameracensi illustris'. »
3. — Lambert. Archidiacre de Tournay. U dut son élection aune manœuvre assez habile des chanoines de Noyon. Le chapiti-e de Tournay, voyant Baudry malade, avait envoyé secrètement à Rome, pour obtenir le droit de se choisir un évêque propre. Le pape avait accueilli cette demande , et Raoul , archevêque de Reims , avait été commis pour sacrer le prélat flamand ; mais, prévenus du danger, les chanoines de Noyon se hâtèrent de le conjurer en faisant tomber leur choix sur l'archidiacre du chapitre de Tournay. Lambert , une fois nommé , travailla
' Cette épîtaphe contient plusieurs erreurs , si nous nous en rapportons à M. Leglay, éditeur de la chronique de Balderic (in-S", i834)- Suivant ce savant archiviste , Baudry (ou Balderic ) , auteur de la Chronique de Cambray , et Baudry , archevêque de Noyon, sont deux personnages distincts. C'est à tort qu'ils ont été confondus par les auteurs du Gallia christiana, par Levasseur, par une foule d'autres anciens écrivains , et enfin par M. Augustin Thierry. M. Leglay s'appuie sur l'autorité des bollandistes, qui les premiers ont démontré que la prétendue identité entre le chroniqueur de Cambray et l'archevêque de Noyon était impossible, que l'un avait été chantre à Térouane, tandis que l'autre ne l'avait jamais été; que l'un était mort en 1097, et l'autre seulement en 1 1 1 2 . D. Rivet , dans l'Histoire H Itéraire de la France, adopte l'opinion des bollandistes [Hist. litt.t. VIII, 4oo.). Les auteurs du Recueil des historiens de France avaient dans leur tome VIII confondu les deux Baudry, mais les continuateurs de ce recueil ont rectifié, dans le tome IX, 122, l'erreur de leurs devanciers.
L'opinion soutenue par M. Leglay nous paraît très-vraisemblable, mais elle a pour conséquence de déclarer apocryphe l'épitaphe que nous venons de citer. Cette épitaphe , rapportée par le Gallia christiana, était gravée sur une tombe dans l'église de Térouane. Or il n'y a pas de milieu, ou c'est l'auteur de la Chronique qui était enterré sous cette tombe, et alors l'épitaphe ne devait pas dire qu'il avait été évêque de Noyon et qu'il était mort en n 1 2 , ou c'est l'évêque de Noyon dont l'épitaphe voulait parler, et, dans ce cas, elle ne devait pas contenir ces mots : « Hul' jus ecclesiae canlor, et Chronico Camera- « censi illustris. »
Comment concilier ce témoignage lapidaire avec l'opinion des bollandistes, de D. Rivet et de M. Leglay? Le seul moyen c'est d'admettre que la tombe aura été refaite à une époque où le souvenir des deux Baudry n'était pas très-présent, et que, pour faire honneur au chantre chroniqueur, l'auteur de l'épitaphe l'aura identifié avec son homonyme , l'évêque de Noyon.
lui-même à maintenir la réunion des deux sièges, et le Pape révoqua sa bulle.
Simon. Prince du sang royal. Son père , Hugues le Grand, comte de Vermandois, était fils du roi Henri I", et par conséquent frère de Philippe 1". Simon fonda la grande abbaye d'Ourscamps, en 112g. C'est sous son épiscopat, que la cathédrale de Noyon fut incendiée ( i 1 3 1 ) et que le siège de Tournay fut définitivement détaché de celui de Noyon (i 1 A 6); il mourut à la croisade , où il avait accompagné le roi Louis VII.
ÉVEQUES DE' NOYON.
Baudouin II. Il appartenait, comme Baudouin I", à la famille des comtes de Flandre; mais il fut élu bien moins pour sa naissance que pour ses vertus. C'est sous son épiscopat cjue ies travaux de reconstruction de la cathédrale nous semblent avoir dû être entrepris avec activité. Nous avons déjà parlé de l'étroite amitié qui existait entre lui et saint Bernard '. Levasseur pense qu'il avait été moine et abbé de l'ordre de Cîteaux en l'abbaye de Châtillon , diocèse de Verdun. Si ce fait est exact, il devient pour nous une explication de plus du caractère imprimé à l'architecture de Notre-Dame de Noyon. Les souvenirs du moine se sont unis aux idées de domination
' Parmi les lettres de saint Bernard, il en est une adressée à l'évêque de Noyon , lettre facétieuse , comme dit Levasseur, mais qui prouve , par sa familiarité môme, combien étaient étroits les liens qui unissaient le saint et le prêtre. Voici cette lettre : 0 Domino Balduino Noviomensi « episcopo frater Bernardus Qarae Vallis « vocatus abbas , melius quam meruit.
« Mitto vobis puerum istum prœsentium
<i lalorem comedere panem vestrum , ut « probem de avaritia vestra, utrum cum « tristitia id fectritis. Nolite lugere, nolite « flere, parvum ventrem habet , paucis con- « tentus erit. Gratiam lamen vobis habe- « mus, si doctior a vobis puer quam pinguior « recesserit. Materies locutionis pro sigiilo «sit, quia ad manum non erat, nam ne- « que gaufridus vester. i