DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE
i^yS. — Guillaume (II) Marafin. L'épiscopat de Jean de Mailly avait duré quarante-sept an.s. Celui de son successeur en dura près de trente. Us occupèrent à eux deux le xv' siècle presque tout entier, k Sous Guillaume Marafin fut renouvelle l'arrest touchant le serment solennel des maires et eschevins de la ville qui se fait par chacun an et sur les reliques de M' saint Éloi au palais épiscopal. » (Levass. i 070.) Pendant cet épiscopat, le Noyonnais fut ravagé par les guerres entre Louis XI et le duc de Bourgogne. Depuis plus d'un siècle, cette malheureuse province n'avait cessé d'être le théâtre de la guerre.
La paix ne régnait nulle part, car Marafin et son chapitre furent constamment en querelle. Il est vrai qu'il était parvenu à l'épiscopat d'une manière peu régulière. Le roi Louis XI avait fait signifier aux chanoines qu'il voulait pour évêque Guillaume Marafin et non point autre. Les chanoines cédèrent, mais gardèrent rancune au prélat et lui firent rude guerre.
i5o2. — Charles de Hangest. Marafin étant mort, les chanoines firent supplier le roi de les laisser libres cette fois d'élire leur évêque. Le roi, ce n'était plus Louis XI , leur répondit qu'ils étaient libres , mais il leur recommanda Charles de Hangest , neveu de son ministre favori, le cardinal d'Amboise. Le chapitre prit au sérieux la liberté qu'on lui rendait, et se livra, pendant plusieurs séances, à l'exercice de son droit. Enfin, après de nombreux scrutins , Charles de Hangest fut élu ' .
C'est sous son épiscopat que la bibliothèque votée par le chapitre sous Raoul de Coucy , en 1/122, fut définitivement construite. ( Voir Levass. p. 1 1 1 i , et ci-dessus , p. 1/17.)
En 1 5 1 6 , le feu prend à la cathédrale , la nuit , sur les dix heures du soir : il est éteint quelque temps après.
Le 1 " août 1 5 2 5 , Charles de Hangest résigne son évêché à
' Les chanoines étaient si heureux de Us portèrent eux-mêmes dans leurs bras rentrer en possession de leur antique droit le nouvel élu sur son siège, le placèrent d'élection, qu'ils ressuscitèrent, dans cette sur le grand autel, el ie rapportèrent decirconstance, tous leurs anciens usages. van t son trône.
Jean de Hangest , son neveu , et se réserve seulement le titre et ]es fonctions de vicaire général. C'est en cette qualité qu'il posa la première pierre de la chapelle neuve ou chapelle de l'Assomption de la Vierge, en 1628.
«^ Il mourut le 29 juin de la même année. Sa mémou-e fut
V bénie et vénérée par tous les chanoines , qui l'appelaient le Bon
EvÊQUE.
i532. — Jean de Hangest. Bien qu'il fût en possession du titre depuis iSaS, Jean de Hangest ne devint réellement évêque que sept ans après , lorsqu'il eut atteint vingt-sept ans et qu'il put être sacré.
Il ne marcha pas sur les traces de son oncle , et , dès son entrée , il montra les dents au chapitre. Bientôt les procès recommencèrent comme au temps de Jean de Mailly et de Marafin.
C'est sous son épiscopat qu'éclatèrent les incendies de iSSa et 1557.
En iSyy, Charles de Hangest mourut à Paris , au gi-and contentement de son chapitre, qu'il tenait en échec depuis quarante ans. Levasseur avoue pourtant qu'il était homme de science et très-orthodoxe ' , mais il avait la fureur des procès . ne résidait presque jamais à Noyon , et portait harbe longue contre l'usage et les canons. Les chanoines furent si scandalisés de cette barbe longue, qu'ils lui refusèrent l'entrée au chœur jusqu'à ce qu'il se fût mis en état décent. Cette barbe devint l'origine d'un long procès sur lequel vingt autres vinrent se greffer.
1 578. — Claude d'Angennes. De la famille de Rambouillet. Il fut, comme Jean de Hangest, pourvu et non élu. Les procès continuèrent. Mais, cette fois , le chapitre était l'agresseur. L' évêque n'avait pas l'humeur belliqueuse ; il abandonna la partie. Se voyant obligé de plaider au lieu de prêcher, de solliciter ses juges au lieu de visiter ses ouailles , la place ne lui sembla plus tenable , et . au
" Collietle, au contraire, le soupçonne frère , François de Hangest, était un zélé d'avoir eu du penchant pour l'hérésie. Son prolestant.