‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon [Texto impreso]Chapitre 122 sur 126 · RADBonE. De la famille des ducs de Frise · texte numérisé non relu

RADBonE. De la famille des ducs de Frise

997. — Hardolin. Fils de Robert de Croy. C'est pendant l'épiscopat d'Hardouin, et grâce à un singulier subterfuge, jque fut rasée l'ancienne tour ou château de Noyon , qui portait ombrage au pouvoir temporel des évêques '.

1 * Le roi Robert avoit une tour à Noyon Assise dans l’enclos de l'église Notre-Dame, joignant la cour épiscopale: de laquelle tour le peuple de Noyon recevoit grand déplaisir. Car celui qui la gardoit pour le roy estoit si insupportable et arrogant, qu'il entreprenoit sur les droits et revenus de l'église , s'ingeroit des causes spirituelles, en sorte que l’evesque ne pouvoil juger ny définir sans luy; bref tenoit un chacun sous la rigueur de son tyrannique

esclavage, continuant toujours de pis faire, non obstant toutes les remonstram-c-s «les plus gens de bien: enfin fut advisé par l’evesque.leclergéet le peuple, qui gémissoient sous le joug, de résister au tyran ; pour a quov parvenir fut trouvé bon de s'emparer de la tour et de la démolir. Un jour donc que le tyran s'estoit absenté de sa forteresse n’y ayant laissé que sa femme avec ses servantes, l'evesque voyant l'opportunité favorable, et ayant donné le mot

jo3o. — Hugues.

io4/j- — Baudouin I". De la famille des comtes de Flandre.

1068. — Ratbodb If. « Vir doctissimus, scientia, piis moribus laudatus. «

1 098. - Baldkric ou Baudry. Chapelain de l'évêché de Cambrai , homme

de bien et de science. C’est lui qui donna, en 1108. aux habitants de Noyou leur charte de commune '.

On a conservé l’épitaphe de Baudry ; la voici ; « P. Baldricus., » Imjus ccclesiæ cantor et cpiscopus Noviomcnsis, anno Verbi

aux citoyens avecques commandement de s’armer, fit dire à lu dame qu'il l'nlloit voir pour la prier de luy vouloir tailler une chasuble en drap de soyc, que personne ne pouvoit mieux quelle. La dame toute ravie du bonheur d’uuc telle visite et glorieuse de recevoir son evesque , personnage de qualité et de maison , luv va audevant et le reçoit au dedans, ne sachant rien du dessein. Après quelques discours de civilité voiev arriver ceux qui dévoient faire crouler la forteresse avec engins et instruments à ce convenables. Ce fut lors que M. l’evesque fit entendre à madame la gouveniRiiteque pour les injures que son mary faisoil souffrir à l'eglise, à luy, aux chanoines et au peuple il falloit que la tour sautast. et que tous ses boulcvars fussent rases-: et partant, dit-il, sortons vistes, avant que l’on commence, crainte dépérir dans les ruines. A ces mots elle tomba en foiblesse d'npprchension qu’elle eut ; fevesque la relevant et la rassurant par douces paroles la prit par la main et la mena au dehors en lieu de seureté. A l'instant ot sans marchander davantage, les gens de fevesque mirent le feu aux quatre coings du batiment, sapèrent et minèrent tous les édifices. > ( Levasseur, extrait de Cousin, de Meier et d'Henman , p. 745.)

1 Baudry jura d’abord pour lui et ses

successeurs de toujours maintenir cette charte, et les habitants de tout état jurèrent après lui. Non content de s’élrc ainsi engagé par serment , l'évéque con-^ firmn par uno nouvelle charte les promesses qu'il venait de faire. Cette seconde charte est ainsi conçue :

« Baldricus De» gratis Noviomcnsis epis-

■ copus omnibus in fidc perseverantibus,

> de die in dicm promoveri in tnclius.

• Sanctorum Palrum, fralrescharissimi ,

• dictis docemur et exemplis omnia bona « litlerarum apicibus deberc commcndari ,

■ ne in posterum tradanturoblivioni. Sciant

• igilur omnes christinni présentes et futuri

■ comuiunioncm in Noviomo conslitutam « concilio clericorum et militum , nec non

• et burgensium me fecisse : et sacramcnto ,

1 |«mtificali auctoritate, atque anathemalis

• vinculo confirmasse et a domno L. rege,

« ut ipsam concéderai . et rogali signo corro-

• boraret impetrasse. Quain per me factam

• etamultis juratam.et, ut prædiclum est.

« a rege concessam , ne aliquis destruere ,

• vel corrumpere présumai . ex Dei et mea

• parte commoneo, et pontifical! auclori-

• tate prohibée. Quicumque transgressor

• legis eam violavcrit , excommunicationi

• subjaceat: qui autem beue servaveril

• cum habitantibus in domo Doraini sine

• fine mancat. • (Levasseur, p. 80 5 . J

DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 239 «incamati 1112 , prælationis suæ i5, prûlie calcudas jimii «obiit. mentis plenus, et Gironico Cameracensi illuatris '. •>

a i 1 3 . — Lambert. Arcliidiacre deTournay. U dut son élection à une nia nœuvrc assez habile des chanoines de Noyon. Le chapitre de Tournay, voyant Baudry malade, avait envoyé secrètement à Rome, poju' obtenir le droit de se choisir un évêque propre. Le pape avait accueilli cette demande , et Raoul , archevêque de Reims , avait été commis {mur sacrer le prélat flamand ; mais , prévenus du danger, les chanoines de Noyon se hâtèrent de le conjurer en faisant tomber leur choix sur l’archidiacre

du chapitre de Tournay.

! Cette épitaplie contient plusieurs erreurs, si nous nous en rapportons à M. Leglay, éditeur de la chronique de Bnlderic |in-8\ 1 834 )- Suivant ce savant archiviste, Baudry (ou Baldcric), auteur de la Chronique de Cambrav , et Baudry , archevêque de Noyon , sont deux personnages distincts. C'est à tort qu'ils ont été confondus par les auteurs du Galtia christiana , par Levasseur, par une foule d'autres anciens écrivains , et enfin par M. Augustin Thierry. M. Leglay s'appuie sur l'autorité des bollandistes.qui les premiers ont démontré que la prétendue identité entre le chroniqueur de Cambray et l’arcliovèque de Noyon était impossible , que l’un avait été chantre à Térouanc, tandis que l’autre ne l'avait jamais été; que l'un était mort en 1097, et l'autre seulement en 1 1 12. D. Rivet, dans l’Histoire littéraire de la France, adopte l'opinion des bollandislcs (Hul. litt.i. VIII, 4oo.). Les auteurs du Recueil des historiens de France avaient dans leur tome VIII confondu les deux Baudry, mais les continuateurs de ce recueil ont rectifié , dans le tome IX , tas, l'erreur de leurs devanciers.

Lambert, une fois nommé, travailla

L'opinion soutenue par M. Leglay nous parait très-vraisemblable , mais elle a pour conséquence de déclarer apocryphe l’épitaphe que nous venons de citer. Celte épitaphe , rapportée par le Galliti chrulianu , était gravée sur une tombe dans l'église de Térouanc. Or il 11'y a pas de milieu, ou c'est l'auteur de la Chronique qui était enterré sous cette tombe, et alors l'épitaphe ne devait pas dire qu'il avait étéévêque de Noyon et qu'il était mort en 1)13, ou c'est l'évêque de Noyon dont l'épitaphe voulait parler, cl, dans ce cas, elle ne devait pas contenir ces mots : • Hu-

• jus ccclesix cantor, et Chronico Camt-ra-

• ccnsi illustris. •

Comment concilier ce témoignage lapidaire avec b opinion des bollandistes. de D. Rivet et de M. Leglay? Le seul moyen c'est d'admettre que la tombe aura été refaite à une époque où le souvenir des deux Baudry n'était pas très-présent, et que, pour faire honnour au chantre cliro niqueur, l'auteur de l'épitaphe l’aura identifié avec son homonyme . l'évêque de Noyon.

2fiO

NOTRE-DAME DE i\OYON v

lui-même à maintenir ia réunion des deux sièges , et le Pape révoqua sa bulle.

Simon. Prince du sang royal. Son père, Hugues le Grand , comte de Vermandois, était fils du roi Henri I", et par conséquent frère de Philippe 1". Simon fonda la grande abbaye d’Ourseamps, en i i 29 . C'est sous son épiscopat, que ia cathédrale de Noyon fut incendiée ( i 1 3 1 ) et que le ^iége de Tournay fut définitivement détaché de celui de Noyon (i 1 46); il mourut à ia croisade, où îî avait accompagné le roi 1 «ouis VH.

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