‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon [Texto impreso]Chapitre 123 sur 126 · ÉVÊQUES DE NOYON · texte numérisé non relu

ÉVÊQUES DE NOYON

i i i*. — Baudouin II. Il appartenait, comme Baudouin 1". à la famille des cofntes de Flandre; mai*s il fut élu bien moins pour sa naissance que pour ses venus. C’est sous son épiscopat que les travaux de reconstruction de la cathédrale nous semblent avoir dù être entrepris avec activité. Nous avons déjà parlé de l’étroite amitié qui existait entre lui et saint Bernard '. Levasseur pense qu’il avait été moine et abbé de l'ordre de Citoaux en l’abbaye de Châtillon , diocèse de Verdun. Si ce . fait est exact, il devient pour nous une explication de plus du

caractère imprimé à l’architecture de Notre-Dame de Noyon. Les souvenirs du moine se sont unis aux idées de domination

‘ Parmi les lettres de saint Bernard, il en est une adressée à l'évêque de Noyon, lettre facétieuse, comme dit Levasseur, mais qui prouve, par sa familiarité même, combien étaient étroits les liens 'qui unissaient le saint et le prêtre. Voici celte lettre : - Domino Balduino Novïomensi

• episcopo frater Bernardus Clar» Vallis

* vocatus abbas, melius quam meruit.

> Mille» vobis puerum islum præsentinm

• latorem comedere panem vestrum , ut « probein de avaritia vestra, utrum cura

• tristitia id feceritis. Npiite lugere, nOlile

• (1ère, parvum ventrem habet . paucis con-

• tentus orit. Gratiam (amen vobis habe- « mus, si docliof a vobis puer quam pinguior » recesserit. Materies locutionis pro sigillo «sit, quia ad manum non erat, nain ne-

• que gaufridus vester. •

DEUXIEME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 241 <?t de puissance temporelle de l'évêque, pour faire admettre les vieilles traditions dans la nouvelle église.

i 167. — Baudouin III. Doyen du chapitre. Sa mémoire était en grande vénération parmi les chanoines ; il avait confirmé et notablement amplifié leurs droits et privilèges.

1 17$. — Reixold ou Renaud. Son origine est inconnue. U assista au con cile de Rome, tenu en la basilique de Saint-Jean de Latran, l’an 1 180. C’est sous son épiscopat qu’a été frappée la monnaie gravée sur bois à la page 1 1. (Voir ci-dessus, page aa8.)

1 198. — Etienne 1". Fils de Gauthier de Villebéon , chambellan de France.

Ce prélat fut en grand crédit auprès du roi Philippe-Auguste : c’est lui qui se rendit en Danemark, à la tête d'une députation* solennelle, pour demander au roi Knud VI la main de sa sœur Ingeburge; et, lorsque le monarque français voulut répudier sa nouvelle épouse, ce fut encore Etienne, évêque de Noyon , qu’il chargea de défendre sa cause devant le saintpère; plus tard, il se servit de lui pour faire déclarer légitimes les deux enfants qu’il avait eus d'Agnès de Moravie.

Etienne, comblé de faveurs, répandit à son tour de nombreux bienfaits sur son chapitre et sur son église. C'est lui certainement qui a mis la dernière main à l’église Notre-Dame. Il dota largement deux de ses chapelles, celle de Saint-Maurice et celle de Notre-Dame de la Gesine. Son épiscopat est un des plus brillants dont les annales de l'église de Noyon gardent le souvenir.

Nous avons déjà vu qu'il avait obtenu du roi Philippe Auguste la concession, ou plutôt la confirmation du droit de battre monnaie , droit dont ses devanciers avaient usé , mais sans autorisation aussi régulière.

mi. — Gérard de Basoches. Fils de Nicolas, seigneur de Basoches, et d’Agnès de Chavisy. Les Basoches appartenaient à la maison de Chastillon et en retenaient les armes. Sous ce prélat, la bonne harmonie entre les bourgeois et le chapitre fut sérieu sement troublée, à propos d’un sénateur de l’église que le maire

2'i2 NOTRE- DAME DE NOYON.

et les échevins avaient fait appréhender pour quelques méfaits par lui commis. Grande fut la colère du chapitre; il fui mina l’excommunication contre la ville. L’évôquc s'interposa comme arbitre, fit mettre le prisonnier en liberté, leva l'excommunication , et, profitant de la circonstance pour fortilier encore les droits de son église, rendit une sentence portant que le maire et dix «les jurés noyonnais jureraient sur les saints Evangiles de ne jamais porter la main sur un chanoine, clerc ou serviteur de l’église de Noyon. et que. chaque année, ce serment serait solennellement renouvelé '.

Vainqueur dans ses démêlés avec la bourgeoisie «le Noyon, Gérard de Basoches triompha également des prétentions d'un puissant seigneur du voisinage, Kngucrrand, sire de Courv, au sujet de la mouvance «lu château de ( )ulercy, ancienne re sidcnce royale de Charles le Chauve. Il fut reconnu que fe vèque tenait le château en lief, aux droits du roi Philippe I". qui l’avait donne à Badhod II. un des prédécesseurs de Gérard, et que foi et hommage lui étaient dus par Enguerrend.

Gérard de Basoches figura au nombre des prélats et sci-

' * Jurameiilum majorât et juratorum.

« Item major et jurali, et cummunia,

• siiignlis nnnis. jurakunt episcopo quod

• non mitterc inanum in canonicos aul ■ clcrico» de ehoro Noviomonsis ecdesiæ ,

• mit servientes eornm qui sont de mani- « paslu ipsoruni, nui forte ipsi servientes ■i sinl de communia No viorne nsi, etc. etc. »

On voit, par ce serment qfie les bourgeois acceptèrent, quelle était la dé|>endnnee et la soumission de la commune vis-à-vis du pouvoir épiscopal. Celte subordination avait toujours existé, grâce à l'habileté de Baudry ; elle se perpétua dans le xiii* et le xiv' siècle. On peut s'en convaincre en ouvrant un registre conservé dans les archives de ta mairie de

Noyon, registre dont nous avons déjà partiplus hnut (page i4j: on y trous era parmi les serments que les maires, éclievins et jurés, étaient tenus de faire chaque fois qu'ils étaient renouvelés, les mots suivants :

« Défense que le maire fait à la fenêtre de l'hôtel de ville lorsqu'il revient de prêter serment au chapitre-

• Je vous enjoins sur peine de corps et de castul . que pour discorde même contre aucun chanoine «le N’oion ou leurs clercs de chœur, ou a leurs serviteurs, il ne soit aucun qui eric commune, et. s'il adveunit que aucun le feisl, il cneourroit et peine de corps et de castel. •

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 243 gneurs que Louis VIII, à son lit de mort, fit jurer d’être fidèles à son fils. (Novembre 1226.)

On le voit assister aux obsèques de Louis VIII et an sacre de saint Louis.

1228. — Nicolas de Royf.. De la noble et ancienne maison de Roye.

Destiné d'abord au métier des armes, il entra dans les ordres et fut sacré évêque. Sous ce prélat, nouveaux conflits entre le chapitre et la commune. L'évêque intervint, et, tout en donnant quelques satisfactions aux bourgeois , confirma les droits du chapitre.

2 '10. — PiF.iuiE I" dit Pierre Ch.yri.ot. Fils naturel de Philippe-Auguste ;

élu évêque à l’âge de quinze ans. Son précepteur, Guillaume le Breton, lui a dédié sa Pbilippéidc. Dans sa dédicace, le poète exalte les qualités et les talents de son élève.

— Pelro karloto Philippi regis Francorum tilio. S

Tu quoque fautor «des, Karlole, simillimn régis Magnanimi proies, cui te natura crealrix Ul regale gémis signis probel indubitatis,

Corporis esse dédit similcm, uientisque vigore, élu

Ces louanges, et bien d’autres que nous supprimons , étaient elles méritées? il est permis d’en douter.

1200. — Vbrmond DF. I.A Boissière. Ce prélat ne jette pas plusH’éclat que son prédécesseur. Il fut enterré dans le chœur de la cathédrale, du côté droit; sa tombe était couverte d’une lame de cuivre sur laquelle étaient gravés ces vers :

Varmundus jacct hic, anlistcs Xoviomensis ,

Hic pins, liicmundus, et dictus Boisscrieiisi»- Doserait mundum , cum Clirislo scandit ad astra.

Hune tralie Vannundum post te, Duus, ad luu castra Anno millcno bis ccntum sepluageno Ac onnis binis sanctissimus est libi Unis.

On voit par cette épitaphe qu’il n’y avait pas grand’chose à du e de Vermond de la Boissière.

i3oi.

Gi y des Pbez. H était de la même maison que son prédécesseur. Nous avons déjà vu que ce prélat fit de nombreuses ameliorations dans son église . entreprit diverses constructions et entre autres la chapelle de sainte Luce et de sainte Marguerite. C'est pendant son épiscopat qu’éclata le fameux incendie de 1293 .

Simon de Nbsle. Fonda une chapelle en l’église de Noyon en mai i3oo. {Levasseur, p. 967 .) C’est aussi pendant son épiscopat que furent fondées quatre chapelles par Raoul de Clermont, sire de Neslc.

Pierre de Ferrière. Ne tint le siège que pendant deux ans environ, et n’est connu que de nom.

André de Crbcy dit i.e Moine. Fondateur des chartreux du mont Saint-Louis ou mont Regnaud, à la porte de Noyon. C'est le seul acte de son épiscopat dont on garde mémoire. Il renonça à l’évêchc pour disposer plus tranquillement de sa vie, et s'en alla mourir à Avignon.

Florent de la Boissibre. Troisième évêque de la maison de la Boissière. Il était fort âgé lors de son élection, ayant été cinquante-six ans chanoine avant de devenir évêque. H mourut au bout de deux ans.

Foucaud. Il était d'une haute naissance; son père était vicomte de Rochechouart. Il n’y a pas autre chose à en dire.

Guillaume I". Son père se nommait Mathieu Bertrand. Maigre ce nom roturier, il était de bonne noblesse. Mathieu Bertrand portail d’argent à trois roses de gueules, au cœur d'azur, chargé de trois fleurs de lis d’or à la bordure de gueules. Son fils gouverna bien son diocèse, sans avoir rien fait dont le souvenir se soit conservé.

Etienne Aubert, depuis Innocent VI. Avocat célèbre à Limoges, puis juge de la sénéchaussée de Toulouse , Etienne Aubert entra dans les ordres et fut élu par le seul ascendant de ses vertus évêque de Noyon. Quatorze ans plus tard, en i35a , le pape

DEUXIÈME PARTIE. — LISTE CHRONOLOGIQUE. 245 Clément VI vint à mourir, et Étienne Aubert, alors évêque de Clermont, se vit, à son grand étonnement, appelé à le remplacer. Il fit preuve, comme souverain pontife, delà plus rare sagacité, et d'un zèle aussi actif que clairvoyant. Il travailla à réunir les Églises grecque et latine, et peu s’en fallut qu’il n’y parvint. Il protégea Pétrarque contre d’absurdes ennemis qui l'accusaient de magie. En un mot , Étienne Aubert doit prendre place parmi les esprits les plus distingués du xiv' siècle.

34a. — Pierre d’Anure.

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