‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon [Texto impreso]Chapitre 14 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE. — IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — IV

et de Sens à venir au secours de l’église de Novon, et à lui procurer l’assistance de tous les évêques, abbés, clercs, barons et autres fidèles de leurs provinces.

Cet incendie de 1 1 3 1 produisit une grande sensation. Guillauihe de Nangis en fait ainsi mention dans sa Chronique générale : » Anno mcxxxii 1 , tota fere civitas Noviomensium cum « ecclesia Sanctæ Mariée et episcopio incendio flagravit. » Il n’est pas une cbroriftjue contemporaine, pas une histoire de Picardie, éorite postérieurement, qui ne parle de - ce désastre. Il faut que les effets en aient été bien terribles pour avoir fait une si vive impression à une époque où de tels événements se renouvelaient pour ainsi dire chaque jour.

Vingt et un ans après ce premier incendie , en 1 1 5 a, la ville devint de nouveau la proie des flammes : « Quo præsidente « anno 1 1 5 a fuit incéndium generale totius civitatis. » Ce sont les expressions de Democharès. Un autre écrivain , Desrués., dans ses Antiquités des villes de France, prétend que cette fois les églises ne furent pas atteintes par les flammes; mais cette allégation n’est appuyée par aucune autorité.

En î a 38 2 , le feu dévasta, pour la troisième fois, une grande partie de la ville. La cathédrale fut-elle épargnée? Rien ne le

"pnestnnte Domino valent is. Datum Cris- « piaci, v cal. juli». »

Levasseur nous apprend ( page 85 a ) qu’il a trouvé celle letlre dans le registre capitulaire coté B, fol. 37, privil. 3 G.

1 Celte date est évidemment inexacte, puisque la lettre du pape est datée de Crespy, et que c'est seulement en 1 1 3 > qu’innocent II séjourna cher le comte de Vermandbis. Tous, les autres historiens s'accordent pour placer cet incendie en 1 1 3 1 . (Voyez Sigebert et Gallia christiana , tom. IX, col. 1001.)

’ Duchesne et Desrues parlent de ce troisième incendie à l'année iaa8. Mais Democharès fixe sa date en ia 38 .. Cette version est adoptée par Levasseur et par le Gallia christiana : « Anno 1 a 38 , tertio con- ■ flagravit inceDdio urbs Noviomensis. > ( Gallia christiana, tom. IX, col. 1008.) L’équivoque provient de ce que Duchesne et Desrues ont confondu la date de l'élection de l’évêque Nicolas de Roye, qui eut lieu en 1338, avec celle de l'incendie, qui n’arriva que dix ans plus tard.

prouve; mais le désastre paraît avoir été moins grand qu’en

1 1 3 1 et même qu’en îiSa 1 .

En i'jy 3 , au contraire, on vit éclater, le 21 juillet, jour de Sainte -Praxède, un incendie, plus furieux que les deux précédents, et, s’il faut en croire les écrits qui sont parvenus jusqu’à nous, sa violence fut telle, qu’une grande partie de la ville et presque toutes les églises, y compris la cathédrale, furent réduites en cendres 2 . Voici en quels ternies les archives du monastère de Longpont parlent de ce quatrième incendie : « Anno incarnationis Doinini 129.3, mensejulio, i 3 calendas. «augusti, feria secunda, in aurora crepit ignis in civitate No- «viomensi, et a dicta aurora usque in meridiem feriæ tertiæ « sequentis, ecclcsia Beatæ Mariæ Noviomensis, et aliæ ecclesiæ « et quidquid infra muros civitatis continebatur, omnia com- « busta sunt, et quasi in pulverem reduc ta, exceptis domibus « templariorum et hospitalariorum et excepta parvula ecclcsia « B. Pétri apostoli. » Ainsi le feu dura depuis le lundi matin au point du jour jusqu’au mardi vers le milieu de la journée, et, de tous les monuments religieux, il n’y eut que les maisons des templiers et la petite église de Saint-Pierre qui échappèrent aux flammes 3 .

1 En effet, cet incendie de ia38 est rapporté purement et simplement, sans commentaire ni description , par le petit nombre d'auteurs qui en parlent, tandis que ceux de n3i et de iag3 donnent lieu aux expressions les plus énergiques et aux amplifications les plus effrayantes. Ainsi l'auteur du Gallia christiana, qui se contente de dire, en ia38, • L’rbs tertio conflngravit incendio, » s'exprime ainsi, en

iag3 :«Urbs rr.NE umversa quarto cor-

roit incendio. »

’ Democharis rapporte cet incendie dans les quatre vers suivants :

Mîllcquc 1er ccnlum teplctn roinu» urtw fuit aisj Per varium rentom, Noviomi gens quoque spsr%n In Juli mente, Praxedis lueeque Testa IUiu> inccnfcr maoor urius tu Dcui «to.

1 Du temps de I.evasseur, cette petite église de Saint-Pierre avait changé de nom :

on l'appelait l'église Sainte- Godeberle.

(Voyez Levasseur, pag. 84».) Il n'en reste point de trace aujourd'hui.

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