‹ Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon [Texto impreso]Chapitre 15 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE. — IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — IV

Pendant le xiv' et lexv' siècle, on n’entend plus parler d'incendie; mais dans le xvi c nous en trouvons trois coup sur coup : d’abord le 4 juillet i5i6, le feu prit à la cathédrale; les désastres furent considérables, mais on se rendit maître des flammes au bout de quelques heures.

En i55a, le lundi 17 octobre, les Espagnols, s’étant emparés de la ville, la mirent à feu et à sang. Néanmoins, l’église Notre-Dame lut sauvée par le courage et la présence d’esprit d’un serviteur de l’œuvre, nommé Markets, qui s’étant enfermé dans une des petites tours, armé d’une hallebarde, précipita trois soldats qui montaient vers la charpente du comble avec le charbon et la paille pour l’embraser 1 .

Enfin, eu x 55y , à la fin de septembre, un mois après la fatale journée de Saint- Quentin , les Espagnols pénètrent de nouveau daus Noyon , après avoir fait mettre bas les armes à la garnison écossaise, qui s’était vaillamment défendue. L’ennemi pilla et incendia la ville, et, cette fois, l’église Notre- Dame ne fut pas épargnée ".

. iè. :

1 Voyez. Levasseur, pag. 84a cl 1189 .

Le soc de la ville, en t 55a, resta longtemps dans la mémoire des habitants.

Les ravages avaient été affreux. «11 y « quelques années, dit M. de la Fons {Hechcrches hiftoriqaej, pag. 70 ), on lisait encore l’inscription suivante sur une poutre sculptée en gothique, placée à l'extérieur de la maison du sieur Payen , vitrier, rue Saint-Eloi , n* a :

• C011 noilram «evui venil Durgumlo» in urbem

«TerribitU nimiurn gUudibtu cl giadii»;

• Surripuil quitbpiid vâluil, aïtnU MqtcUcx

• Notas ablata cit , tir b* quoque focta dois.

• Aima Dd bonitas cunctii tperanlibos in le

• Sempcr adest, nobû reddert (dura polesl. a,

• Anno Dominî i 53 *, 17 die oct. •

* Tous les chanoines avant abandonné la ville, il ne hit point tenu de chapitre à Noyon pondant plusieurs années : le dernier est du 9 août i55a. I.es chanoines s’assemblèrent d’abord à Soissons , le a4 septembre, puisa Paris, le i5 novembre, afin d’aviser à déposer dans un lieu sur les reliques qu’ils avaient emportées,

■ occasione universalis incendii civitatis > Noviomensis et dissolulionis dictæ eccle-

■ sia:. «

La cathédrale ne fut purifiée et bénie pour effacer les souillures résultant de l’effusion du sang, que le 7 octobre

Toutefois , aucun de ces incendies du xvr siècle ne dut altérer la solidité de l’édifice. Beaucoup de pierres furent calcinées; elles portent même encore aujourd’hui la trace du feu; mais l’ensemble de la construction ne fut pas compromis ’.

Les seuls incendies qui, par leur violence et par leur durée, doivent avoir mis en péril le monument, et peuvent avoir rendu sa reconstruction nécessaire, sont ceux de 1 1 3 1 et de i2p3. Les témoignages sont nombreux, précis et unanimes : ce ne sont pas des leux partiels, éteints presque aussitôt qu’allumés, dont les dégâts aient donné lieu à quelques réparations de détail, ce sont des incendies de la ville entière, de ces incendies auxquels rien ne résiste, et qui ne s’éteignent que faute d’aliments , lorsqu’ils ne trouvent plus rien debout sur leur passage.

Nous nous figurons difficilement de tels désastres , aujourd'hui que le jeu régulier des pompes et les mille moyens de secours dont une ville dispose triomphent, presque â coup sûr, des feux les plus violents. Mais, dans ces petites cités du moyen âge , aux rues étroites , aux maisons de bois si souvent recouvertes de planches ou de paille, la moindre étincelle avait, en quelques heures, embrasé tout un quartier, et le foyer devenait si ardent, que les murailles, même les plus épaisses, ne pouvaient résister à l’action des flammes. De nos jours , il est presque sans exemple qu’une église s’écroule par l’effet d’un incendie ; la charpente du comble prend feu , mais les murs résistent presque toujours. Ainsi, nous avons vu la toiture de la cathédrale de Chartres incendiée, et le monument est resté debout; mais, si la ville tout entière eût été en feu, et si les

1 Nous pourrions citer encore plusieurs foudre tomba sur le gros clocher, et y fit autres incendies, mais do moindre impor- une brèche, mais on se rendit bientôt

lance. Ainsi, le vendredi 3 août 1C07, la maître du feu.

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