I. JfMA^c df8 MimuMfnts fronçai», n
i. CVst M. Lenoir qui aUribue le monument à cet artiste, auteur de la rol.'iiiii- t«>rse d'Anne de Montmorency.
couronnes fleurdelisées ; le chapiteau appartient à Tordre composite. Cette colonne portait un vase qui a été détruit eatiërement et auquel M. Lenoir substitua un génie de marbre blaac chargé de la tâche assez difficile de brûler avec une torche le poignard de Jacques Clément. Les ajustements imaginés aux Petits-Augustin s , n'étaient pas toujours de très-bon goût. Attribuée, nous ne savons par quelle raison , à Prieur, cette gracieuse figure d'enfant présente de grands rapports de ressemblance avec les génies sculptés par Pilon pour la colonne de François II.
Deux anges d'albâtre qui ont fait partie de la chapelle de Henri III sont relégués dans la crypte de Saint-Denis ; ils accompagnent une reproduction de l'épitaphe ancienne posée audessus du cœur de ce prince. Il existe aussi , dans le magasin de l'église , un écusson sculpté en marbre de Campan , miparti de France et de Pologne ', cl entouré du collier de l'ordre du Saint-Esprit; ce fragme t provient de l'ancien piédestal de la colonne.
Les ligueurs ont détruit presque tous les monuments où Henri III était représenté en peinture ou en sculpture. Le Louvre possède cependant un très-intéressant buste de ce prince sculpté en albâtre par Germain Pilon Le monastère dos Feuillants, à Paris, conservait plusieurs portraits sur verre, sur bois ou sur toile, de Henri III , son fondateur; ils ont disparu. A Venise , dos peintures rappellent encore le séjour que Henri III lit dans celte ville, en 1574, quand il revint de Pologne en France ; Palladio lui éleva un arc de triomphe, et Tinloret fut chargé do peindre son portrait pour la sérénissime république* ; voyez aussi à Versailles le tableau de TinstitutioD
i . On sait qu'avant d'arriver an trône de France , Henri 111 fat éln roi de Pologne.
a. ViARDOT, Musées d'Ilalie.
DE SAINT-DEMS. ^ 57
de Tordre du SaintrEsprit, peint par Jean Baptiste Vanloo, et au Louvre les riches ornements donnés par Henri J II à la chapelle du même ordre.
VU. Colonne du cardinal Louis de Bourbon * . —Louis, cardinal de Bourbon- Vendôme, fils de François de Bourbon, comte de Vendôme , et de Marie de Luxembourg, était à la fois évoque et duc de Laon, pair de France , archevêque de Sens, évèque de Saintes , du Mans, de Luçon et de Tréguier ; abbé de Saint-Denis, de Corbie, de Saint-Vincent-de-Laon, de Saint- Faron-de-Meaux, d'Ainay, de Saint-Amand, de Saint-Crépi n-le- Grand , à Soissons, et de Saint-Serge, d'Angers. Dans les diocèses de Sens et de Laon , de beaux monuments témoignaient jadis de sa magnificence et de son amour pour les arts. Il mourut le H mars 15b7, à Paris, en l'hôtel de Bourbon; son corps fut inhumé dans la cathédrale de Laon où reposait déjà le cœur de sa mère, et son cœur fut porté à Saint-Denis, dont il avait été le premier commandataire.
Nous avons dit ailleurs quel fut , au moment de la révolution , le sort de la statue de ce prélat, sculptée en marbre et posée au sommet d'une colonne ^. Arrachée seule à la destruction , cette colonne a repris place dans l'église de Saint- Denis , non pas à l'endroit où elle se trouvait primitivement , mais à côté de la porte du croisillon méridional. Comme celle de Henri Ili , elle est en marbre Campan Isabelle ; sa base, en albâtre blanc» repose sur un socle moderne plaqué de marbre brun veiné. Le chapiteau , également sculpté en albâtre, a été
1. Ce monanient, inscrit au catalogue du Musée des Petits-Angustius, sous le no 112 , y est indique à tort comme élevé au cardinal Charles de Bourbon , profbmé roi par la Ligue, sons le nom de Charles X Ce prince mourut en 1590 , à Funtenay-le-Comte , en Poitou, et fat inhnmé sans monument dans une des é%\ises de la ville.
•i. \Ai nom de l'artiste qui a sculpté ce monument n'est pas connu.
exécuté dans le style de la première renaissance ; il se distingue par la délicatesse du ciseau Les angles du tailloir, qui sont très-saillants, avaient été disposés de manière à présenter un large appui à la plate-forme qui le surmontait autrefois et qui portait la statue du cardinal. Quatre griffons tiennent lieu de volutes ; ce sont des animaux , les uns à tête de lion , les autres à tète de chèvre , ayant tous quatre pieds, des cornes et de longues queues. Un anneau i)artage la corbeille en deux parts dans sa hauteur ; l'albâtre est sculpté de petites feuilles adhérentes à la masse , de génies armés de thyrses , de corbeilles de fruitS; d'enfants qui se balancent dans des rinceaux ; je ne vois là que de la fantaisie ; qu'un autre plus ingénieux y découvre un sens symbolique. Du côté le plus en vue , Técusson du cardinal, blasonné de trois fleurs de lis au bâton péri en bande, se détache sur un cartouche de forme élégante, un chapeau à trois rangs de glands, six do chaque côté, surmonte les armoiries. Les fleurons ordinaires du chapiteau corinthien sont remplacés , ici , par deux enfants groupés auprès d*un vase; là , par une tête d'ange ailée , ailleurs par une tête de mort qui a aussi des ailes. La colonne se trouve aujourd'hui tellement rapprochée du mur que tout un côté du chapiteau est perdu pour le spectateur. Un vase magnifique en bronze, un peu moins ancien que la colonne, bien qu'il date aussi du xvi" siècle, remplace Teffigie détruite du cardinal; des lambrequins, des guirlandes, despalmettes, des cannelures^ en décorent la coupe ; sur lo couvercle trois pelits enfants nus soutiennent un cœur- Nous ne connaissons pas d'une manière certaine l'origine de ce vase, nous sommes cependant fondé à croire qu'il provient de l'église des Célestins, où étaient déposés les c<Burs de plusieurs princes et grands personnages *.
i . Nous devons prévenir ceux de nos lecteurs qui voudraient recourir aui
suivant des inscriptions bien authentiques, Charles V et 8a femme, Jeanne de Bourbon, reçurent un nouveau baptême au musée des Petits-Âugustins ; elles auraient fait double emploi avec d'autres effigies des mêmes personnages ; il fut décidé qu'à Pavenir elles s'appelleraient saint Louis et Mai^uerilede Provence ; on alla même, afin de leur composer une généalogie vraisemblable , jusqu'à certifier qu'elles avaient été tirées de la chapelle des Quinze-Vingts. Détruit plusieurs années avant la révolution, ce dernier édifice n'avait jamais possédé les deux statues ; le peu d'objets intéressants qu'il contenait , fut porté au nouvel hospice des aveugles, établi dans le faubourg Saint- Antoine. La transformation de Charles V en saint Louis n*eut pas de résultats bien sérieux tant que la statue resta au Musée, mais , depuis sa translation à Saint-Denis , ce prince est devenu l'objet des hommages les plus fervents. Il reçoit les prières , l'encens , les offrandes et les révérences du clergé aussi bien que des simples fidèles. Une copie en a été exécutée en marbre et envoyée à Tunis pour être placée sur l'autel de la chapelle que le Roi vient do faire construire au lieu, même où est mort son aïeul saint Louis. Voici plus de vingt ans que la tétede cette statue sert de type à tous les artistes qui ont à peindre ou à sculpter un saint Louis pour quelque monument public; vous la retrouverez dans les galeries historiques de Versailles, à la coupole de cet édifice sans nom qui couronne la montagne Sainte-Geneviève, au Palais de Justice de Paris, et à la grande porte do l'église de la Madeleine , où le Charles V, canonisé, tient compagnie à saint Philfppe *.
Jeanne de Bourbon , métamorphosée en Marguerite de Provence , n'a pu partager que les honneurs historiques rendus à
1. Il en est de même aux vilranx modernes de Téglise d'Ea, de celle àf Saini-Lonis-on-l'lle à Paris, de la chapelle funèbre de Sablonviile, etc. , etc.
Di: SÂINT-BENIS.' H\
son mari ; son changement de nom ne lui donnait droit à aucun culte '.
Ces deux statues étaient peintes autrefois. Charles V, vêtu d*une longue robe , porte par-dessus un manteau attaché sur répaule droite par une boucle en losange. Ce manteau , jadis rehaussé de fleurs de lis d'or, s'ouvre complètement du côté droit; du côté gauche il est fermé et se. relève sur le bras. Les cheveux sont taillés en rond ; ime couronne fleurdelisée et semée de pierreries entoure la tête. Le visage est imberbe ; on reconnaît à merveille le nez caractéristique du roi Charles. La chaussure est longue et pointue. Les mains ont été refaites ; la droite tient un long sceptre , la gauche une petite église de Irès-laide forme.
La reine porte un costume qui était inconnu du temps de Marguerite de Provence; une jupe très-longue , qui lui couvre le» pieds , laisse voir en s'ouvrant , sur les côtés , une robe de dessous ; un corsage garni de pierres précieuses serre la taille et maintient le vêtement; aussi , la ceinture, qui est richement ornée, descend-elle librement sur la jupe La tête présente Texpression de la candeur et de la bonté. Les cheveux sont gracieusement nattés; la couronne , afln de se prêter au mouvement de la coiffure , prend une forme plutôt carrée que circulaire. Les mains refaites , comme celles du roi , tiennent les mêmes emblèmes.
Nous ne connaissons aucun portrait de saint Louis qui réunisse des conditions suffisantes d'authenticité. Les effigies de ce prince, qui existaient à la Sainte-Chapelle, à Poissy, àRoyaumont et dans queUjues autres églises voisines de Paris, ont
I. V. MiLLiN, Antiquités nationatfg, l. I; les gratores qu'il publie de ces slalom unt été faites avant leor déplacement. Y. aussi Montfaucon , Mon. de ta immarcliie française, t. III, p. M.
élé détruites; les plus précieuses étaient en métal '. Les représentations de la reine Marguerite ont eu le même sort. Il est assurément très-regrettable qu'on ne possède d'un aussi grand roi aucun monument original et considérable; mais ce n'était pas un molif de commettre un faux en matière d'iconographie, pour combler celte fâcheuse lacune. On a voulu aussi nous donner pour le cœur de saint Louis un cœur inconnu trouvé sous une dalle , à la Sainte-Chapelle; les partisans de l'archéologie sentimentale s'efforçaient de prouver, en trèsbon style , que nul autre cœur au monde n'était digne de reposer près do la couronne d'épines du Christ , notre Seigneur; des mémoires excellents, publiés par M. Letronne, ont rétabli la vérité historique, en opposant à des conjectures peut-être pieuses, la sévère opiniâtreté des faits.
Le CliarIcsV-Saint Louis reparait en second exemplairedans ta même chapelle. L'intervalle d'une seule travée sépare l'original de la copie. Cette deuxième figure, sculptée en pierre comme la première , est placée sur un des côtés de l'autel * ; elle a été peinte , et du moins la vieille statue a pu rester exempte du hideux système de coloration suivi par les peintres-badigconneurs de Saint-Denis. Il n'en est pas plus raison-
t en or et (
4. Le buste delà Sainte-Chapelle, toat en or et en vermeil, avait été donné, en 1304, parPhilippe-lc-Bel ; il renfermait la pins grande partie du chef dn saint roi. Un autre buste d'argent doré, du poids de trois cents marcs , contenante partie snpéricurc de la face, exislait à Tabbaye de Poissy ; le roi Jean le fit terminer ; il avait été commandé par IMiilippc de Valois et par la reine Jeanne de Bourgogne. Les fresques du couvent dos Carmes, à Paris, exécutées an xiv« siècle, et re|>réseutanl ie voyajïc de saint Louis au Mont-Carmel, ont complètement péri.
I^a petite église de la Monijoie, au diocèse d'Agen , croit posséder dans nn reliquaire dn commencement du xiv^ siècle quelques parcelles d'une main de saint Louis. Un cilice conservé sur un des autels de la cathédrale de Meaux, passe IM)ur avoir appartenu au saint roi.
2. 11 n'est pas certain que ce ne soit pas un simple moulage en ptfttre.
DE SAINT-DENIS. Ifi3
nnhie cependant de mettre ainsi en regard Tune de l'autre, deux efSgies pareilles d'un même personnage.
XII. Isabelle de France. — En face du faux saint Louis , sur Tautre côté de l'autel, une statue moderne, aussi en pierre et coloriée , représente la bienheureuse Isabelle de France , sœur de saint Louis, fondatrice du monastère de Longchamp. Elle a été sculptée • d'après les détails donnés par Montfaucon sur une tombe que les religieuses de Longchamp conservaient autrefois dans leur église. Le manteau royal, semé de fleurs de lis d or en champ d'azur, recouvre la robe de bure et le cordon de saint François; les pieds sont chaussés de sandales. Les mains tiennent un livre fermé et un modèle d'église. Le visage, entouré d'un voile, a été copié sur une statue de marbre qui , dans la crypte , porte le nom de Blanche , fille de saint Louis. On a supposé que la tante ne pouvait manquer d'avoir avec sa nièce quelque ressemblance de famille.
XIII, XIV. Anciens cercueiis.— LeèôeuK statues du portail des Célestins ont ici pour piédestaux deux cercueils quadran- {i^utaires , l'un en granit gris , l'autre en pierre. Le premier passe pour celui de Marguerite de Provence , le second pour celui de Jean de France, surnommé Tristan , parce que sa naissance arriva à Damiette , au moment du désastre de Tarnu'»e des Croisés.
On a gravé , en conséquence , des inscriptions sur le bord dos couvercles. Mais ne serait-il pas possible que Taltribution de ces cercueils ne fût pas plus exacte que celle des statues. \\r> ont été longtemps oubliés, ot nous n'admettons pas facilement que les traditions qui s'étaient attachées à eux dans l'oripne , soient parvenues à se garantir de toute erreur. Quel-
I. Cette figure , qoi date de 1830 environ , n'a été mise en place qu'au mois •Porlobre IMO.
abbatiale de Boyaumont', et qui se trouvent provisoirement déposés dans le bureau de Tagence. Ils sont en cuivre , avec fijrures repoussées et fonds en émail*. Le champ de la tombe se compose de six plaques de métal , couvertes , dans toutes leurs parties apparentes , d'émaux coulés entre des 61ets de cuivre jaune qui dessinent des enroulements d'un très -bon style. Les rinceaux , courant sur un fond bleu , se terminent par des fleurs nuancées de vert, de blanc, de rouge et d'azur. La figure du jeune prince, en fort relief, est au milieu de la tombe. Il reste, vers la tète, seulement la silhouette de deux anges tenant des encensoirs , et , de chaque côté du corps , les traces de deux moines priant dans des livres ouverts. La grossièreté de la tète de l'effigie accuse évidenmient la difficulté qu'a rencontrée l'ouvrier dans son travail de repoussé. Le visage est dépourvu de toute beauté ; les yeux , grands et privés d'expression, sont incrustés d'émail blanc avec la prunelle en noir. Un petit cercle semé de points bleus , comme des hirqiioises, sert de couronne. Les bras sont collés contre le corps: la main droite se relève vers la tête et reste ouverte; la gatiche tient un sceptre surmonté d'une énorme fleur de lis. Le vêlement consiste en deux robes : celle de dessous est munie de petites manches; celle de dessus est divisée par des galons en une infinité de losanges que remplissent alternativement une fleur de lis de France et un château de Castille. Des galons brodés de cercles, et des quatrefeuililes renfermés dans des compartiments ronds , décorent la chaussure. Sous U»s pieds de l'enfant est un lion qui semble prêt à se mettre
r HuMée des Monuments français, iio 21. La tombe de Jean de France seule Haii i-aïahitfuée
i. MoMTF.ucoN, t. II, |».I60, 162. MiLLis, Antiquités nationales ,1. Il, n" H ii-Mf ot ffravares. Millin décrit ces tomlies k peu près comme elles sont encore.
en marche ; il lève la tète vers le prince ; sa queue, très-longue, n'est plus marquée en partie que par Tempreinle restée sur le champ émaillé ; ses yeux sont en émail bleu foncé avec prunelle noire.
Ce monument , assez bi*^n conservé , est à peu près unique aujourd'hui , depuis que la révolution a envoyé à la fonte les cuivres et les bronzes ; il a droit de tenir une place importante dans l'histoire de l'art de travailler le cuivre et d'y appliquer l'émail. Les plaques étaient fixées sans doute sur du bois; on voit les marques de tous les clous qui les retenaient; la tête s'attache au corps par des clous rivés au nombre de cinq. Autour du champ sur lequel repose l'effigie, de petites bandes de cuivre disposées en carré portaient Tépitaphe que nous rapportons en indiquant , par la différence des caractères, les portions qui manquent maintenant :
IIIC lAGBT : lOANMBS : BXCBLLRNTISSIM1 LTD
ovici régis francorvm filivs qui in eiate infancie migra
VIT AD XPM ANNO GRACIE : MILLESI MO : DTCBNTRSIHO : QVADRAGB8IM0 : SEPTIMO ! SEXTO ? IDTS: MÀlTII.
Les lettres se dessinent incrustées d'émail rouge sur le fond de cuivre. Suivant Millin et Montfaucon , un large rebord orné de fleurons émaillés encadrait la tombe; il en reste une douzaine do morceaux environ. Douze petits écussons étaient fixés sur cette bordure : cinq aux fleurs de lis de France, autant aux châteaux de Castille, un mi-parti France et Castille, et Un dernier aux armes d'Aragon. Il ne s'en est consen'é (tue six : trois de gueules au château d'or posé sur un quatrefeuille de môme, et trois d'azur aux fleurs de lis sans nombre. La tombe de Blanche de France est en très-mauvais étal. La statue n a plus de UHe. Le costume diffère à peine de
celui de Jean de France. La robe de dessous , qui est trèslongue , cache presque entièrement les pieds et la chaussure , dont ii ne parait qu'un bout de galon. Le chien ou le dragon *, anciennement placé sous les pieds , ne s'y trouve plus ; il ne subsiste du champ de la tombe qu'une plaque latérale qui présente la silhouette d'une queue d'animal et celle de deux moines lisant des prières. Des morceaux de cuivre jaune trèsminces, qui ont fait partie de la bordure , portent, gravés à la pointe du ciseau , des fleurons , des fleurs de lis à deux étamines et des châteaux ; les fonds sont gui Hochés. Les châteaux , formés de trois tours réunies et posés sur un fleuron comme sur une console , ont leur appareil marqué de la même façon (|ue les murailles maçonnées du blason. L'épi taphe a été détruite, à l'exception d'une bande sur laquelle on lit encore :
ORTM PimOGBNITA QVB IN BTATR INFAM..
Kiie était conçue dans les mêmes termes que celle de Jean do France ; pour la compléter , il n'y aurait qu'à substituer le mot Blancha au mot loannes , et à changer la date. Blanche mourut le trois des calendes de mai 1243.
Des peintures murales, placées près du maître-autel de l'éplis<» de Royaumont, représentaient encore Jean et Blanche à |MMi près tels qu'ils sont figurés sur leurs tombes.
Lis anciennes épilaphes ont été reproduites sur les socles iiKHltTnes préparés pour les deux monuments.
XVIIL Monument de Turenne, -^^ons avons dit comment Louis XIV voulut que Turcnne partageât les honneurs de la H'pulture royale. Un monument considérable en marbre et en
1. Nilliu el MoiitfaucoD uc sont (ms d*acrord sur ce point. ,
bronze , confié au talent des plus habiles artistes du temps *, fut érigé à ce grand homme dans la chapelle de Saint-Euslache, située derrière celle de Notre -Dame -la -Blanche, à laquelle malmenant elle se trouve réunie. Le corps de Turenne était intact au moment des exhumations de 4793. DéjK)sé dans une chapelle , en attendant que la Convention eût statué à son égard, il échappa aux profanations, mais pour subir une ignominie plus hideuse encore. Le Muséum d'histoire naturelle le réclama comme curiosité , et cette noble dépouille resta deux ans dans une cage de verre à côté des singularités anatomiques de l'espèce humaine et du règne animal. Elle fut ensuite transportée au Musée des Pelits-Augustins où elle retrouva un tombeau. EnHn, les Consuls firent conduire en grande pompe à l'église des Invalides (alors le temple de Mars) les restes de Turenne ; le mausolée qui était à Saint-Denis fut réédifié aux Invalides, dans une des chapelles du dôme , et depuis il y est toujours resté en glorieuse compagnie.
En l'absence du tombeau , il était convenable de rappeler à Saint-Denis le souvenir de la sépulture d'un aussi grand personnage. Voici donc comment on s'y est pris. On s'est emparé de répitaphe d'un pauvre homme nommé Viriot Copperet, citoyen de Metz , mort à Paris en 1604 , dix jours après avoir quitté la prison où d'odieuses calomnies l'avaient fait enfermer. Cette inscription, placée aux Célcstins, réclamait les prières do.^ passants et souhaitait que Dieu les gardût do fausse accusation. Elle avait, par malheur pour le défunt, un cadre élégant sculpte en pierre et incrusté de marbre ; des tôtes d'anges, des vases enflammes , des torches allumées , des consoles, un fronton demi-circulaire brisé, en formaient la décoration. L'épi-
1. Lebrun dessina la composition ; Tuby fit le groupe principal, et le to^rt* lief (le la bataille de Turckeim; Marsy sculpta les flgures acc4»ssoires.
DE SAINT-DEMS. H9
laphe a été expulsée de sou cadre ; une table de marbre noir la remplacée, el sur celte plaque, dans une couronne de laurier , on a imaginé d'ajuster une tète de marbre blanc ramassée sous mes yeux dans une cour de l'école des Beaux- Arts, qui représente un personnage du temps de Louis XIV, mais qui n a pas la moindre ressemblance avec les portraits si connus de Turenne. Enfin , les armoiries du maréchal et ses insignes se sont installés dans le fronton. Peux colonnettes de pierre , à chapiteaux doriques en marbre , portent cet absurde |)asliche.
J'ai lieu de croire que la tète est celle de la statue du maréchal duc do Noailles, mort en 1678, et inhumé à Paris dans l'église de Saint-Paul. Le tombeau qui lui avait été érigé, et sur lequel le sculpteur Anselme Flamen l'avait représenté expirant dans les bi as de la religion , a été brisé par les révolutionnaires avec tous les monuments de la même église.
XIX. Monument de la reine Jeanne d*Évreux, — C'était letle princesse qui avait décoré de peintures et d'une statue (le la Vierge en marbre blanc la chapelle de Notre-Dame-de- Blancbe. L'inscription qui rappelait cet acte de munificence ayant été détruite, un monument nouveau a été appliqué contre un des piliers de la chapelle. Il se compose d'un basrelief de style à peu près gothique où se voit la reine Jeanne a^'enouillée devant un autel que surmonte la statue dont elle a\ait fait présent. Ce bas-relief a pour encadrement une M-ulpture en pierre , sur un des côtés de laquelle Dieu est li^tiré bénissant; au musée des Petits-Augustins, elle faisait partie du mausolée du chancelier Pierre d'Orgemont , mort vn \ 3H9, et contenait une épitaphe. L'inscription ancienne consacré*» au souvenir des bienfaits de la reine Jeanne , a été rej)rtMluile sur le bord inférieur de l'encadrement, au-dessous d'un écusson aux armes des comtes d'Évreux, d'azur semé de
fleurs de lis d'or sans nombre , à la bande componée d'argent et de gueules ; elle est conçue en ces termes :
MADAMR LA ROTMB JBHANE DEURBUX COMPAIGNB DU BOY CHAR- LES QUE DIEX ABSOILLE A FAICT PAIMDRE ET ORDBNMBR CETTE CHA- PELLE OU ELLE A FONDE UNE MBSSB PERPETUELLE QUI CHACUH JOUR EST CHANTEE TANT08T APRES LA MESSE QUE LBN DIT AL'S pèlerins: LAN U: CGC ET QUARANTE LE JOUR DE LA MI AOCST.
('.e petit monument est posé en porte-à-faux sur une colonne courte, dont le chapiteau rappelle plutôt le style du xiii^qiie celui du xiv« siècle.