‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 25 sur 102 · MONUMENTS PLACÉS DANS LE TRANSEPT · texte numérisé non relu

MONUMENTS PLACÉS DANS LE TRANSEPT

V. Colonne de François II *.— Charles IX fît ériger Paris , dans l'église des Célestins , une colonne de marbre e mémoire de son frère François II, dont le cœur avait été dé posé auprès de celui de leur père Henri II , dans la fameus chapelle d'Orléans , si riche autrefois en magnifiques sculp tures. Cette colonne, placée maintenant à Saiut-Denis, dansl

\. Mmèe des Mon. français, no 104.

croisillon septentrional , a été, suivant Tusage, attribuée à des artistes italiens, au Primatice, pour le dessin; à Paul Pome, pour la sculpture '. Il paraît certain que c'est une œuvre de Germain Pilon, a Les trois Cliarités qu'on voit aux Célestins , t dit Sauvai, qui portent le cœur de Henri II, passent, chez les « habiles gens, pour le chef-d'œuvre de Pilon, quoiqu'ils fas- « sent plus de cas des trois petits Amours qui pleurent la mort « de Charles IX * (lisez François II, c'est une erreur évidente), « autour de son cœur. » M. Lenoir a trouvé, dans les anciennes archives de la chambre des comptes , que le travail de la colonne coûta 4i5 livres, non compris sans doute les figures accessoires.

Le piédestal , en marbre blanc , est triangulaire ; un entablement de marbre noir le surmonte ; ses angles , taillés en [>ans coupés, sont sculptés chacun de deux petits sphinx, d'os croisés, de trois tètes de mort et d'une fleur de lis qui ressemble fort à celle des armoiries de la ville de Florence. Sur chacune des trois faces , une inscription est entourée d'un grand encadrement de porphyre orné d'une tête d'homme et d'une lèlf de femme; la première, placée dans le haut du cadre, a les (treilles pointues des satyres ; la seconde est coiffée d'un \oile et de bandeletles.

Trois génies de marbre blanc, posés debout sur les angles de l'entablement, environnent le fût de la colonne. Ils tiennent de lon;iues torches renversées. Leur taille est celle d'enfants de S4*pt à huit ans. Un seul a l'expression de la douleur; les autres semblent plutôt sourire que pleurer. De légères draperies.

I. Nilliii. qai trouve admirables les flgures du piédestal , les adjuge k Paul l'iMB**. Il s'était aussi persuadé que le |)iédcsial était formé d'un superbe bloc de hirpbyre. V. texte et gravure, AntiquitèH nationales^ t. 1, n» 411, pi. 13.

i. Aaïun monument de re genre ne fut élevé à Charles IX. Il est rerlaiu que Sauvai vent [larler de la colonne de François II.

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mouillées comme les faisaient Jean Goujo^et son école, voilent ces jolies figures.

Le fût de la colonne est semé de flammes, par allusion à la colonne de feu qui marchait , dans le désert , devant lea Hébreux; une des inscriptions explique cet emblème. Deux rang^ de feuilles d'acanlhe et un cordon d'oves composent le chapiteau ; des rosettes en décorent le tailloir. Un vase moderne, eo brèche violette , d'une forme à demi égyptienne , remplace au sommet de la colonne, une urne de bronze doré sur laquelle un enfant ailé posait une couronne de même métal, et qui a été fondue. Les inscriptions sont ainsi conçues :

DEO. OPT. MAX.

Et PERENNI MBMORIiB

Frakcisci II. Franc, régis

CaROLTS NONVS RITS in REG50

SVCCRSSOR SVADBNTB RBGINA

MATRB CaTHARINA HANC COLVM-

NAM BRIGI CYRAYIT ANNO

SALTTIS M. D. LXll.

LVMEN REGTIS Tai.b fvit rmbi.bma iiierogly

PHICTM FraNGISCI 11 PIISS. FRANC.

REGIS, CYlYS COR HIC SITYM EST. HIC,

INSTAR IGNRiE COLY.MN.C ISRARLI

NOCTY PR^LYCBNTIS, RBCTITYDINBW ,

ET PRO AYITA RELIGIONB FI.AGRAN-

TEM ZBLYM APYERSYS PFRDYELIBS HiKRETICOS SBMPER VRM SB TYi.IT.

COR REGIS IN IHANV DNÎ.

Hoc ORACYIO DIGNYM FYIT COR FrANCISCI II. RKGIS CIIRISTIANISS. Ilf VRNA liVlC COLYMN.C SYPRRPOSITA CON- CI.YSYM TANTO YERiE FiDKi A8SRRT0RI GRNRROSAM CllRISTI MARTTRRM MaRUM StYART CONIVGKM HABYISSB OY.EDAM FVIT VER.E IMM0RTAMTATI8 ASSRhTIO.

Les portraits de François II sont rares. II y en a un sur éniail au Louvre. M. Viardot (Musées de Belgique) indique au musée d'Anvers un petit portrait peint par Holbein , et représentant François II , quand il était encore dauphin.

VI. Colonne de Henri III ^. — Ce monument s*élève dans la même partie de l'église que celui de François II Charles Benoise, secrétaire intime de Henri m et maître des comptes, l'avait fait ériger en 4 594, à la mémoire de son ancien maître, dans l'église collégiale de Saint-Cloud, où le cœur du roi était déposé. Des peintures, des attributs funéraires, des inscriptions latines et françaises décoraient la chapelle au milieu de laquelle s élevait la colonne et qu'on appelait la chapelle du roi. Vendue à l'époque de la dispersion des monuments de réî:li.se de Saint-Cloud , cette colonne fut rachetée à un architirteen 4799, et donnée par M. Lenoir au musée des Petits- Augustins.

L'ancien piédestal , composé de marbres variés , n'existe plus : celui dont les catalogues du Musée des Monuments frani;ais donnent la description , et dans l'ajustement duquel on ci\ait fait entrer des sculptures tout à fait étrangères , était il'invention moderne; il a été lui-même remplacé par un yov\v des plus vulgaires , revêtu d'une assez 4)lale inscription , comme le sont toutes les nouvelles épitaphes de Saint-Denis. Le fut. taillé dans un seul bloc de marbre Campan-Isabelle , l»«ir Barthélémy Prieur *, a neuf pieds d'élévation; sa couleur, tl'un rouge foncé, l'a fait passer pour un morceau de porphyre. Il ist lors^ï; une branche touffue do lierre en suit les contours; (Ips fleurs de lis en couvrent toutes les parties restées lisses ; on y voit aussi des H enlacés avec des palmes et surmontés de

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