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de fil d'or. Cependant on avait recueilli quelques parcelles du prétendu Pépin retrouvé en 1842, et plus d'un grand personnage paya chèrement la possession d'un fragment d'os ou d'un morceau de dent.
Pépin a les mains gantées comme Clovis II. La seule différence qui existe entre le costume de ces deux princes^ c'est que le manteau de Pépin se rejette moins en arrière , et que la chaussure recouvre complètement le pied. La main droite relève un pan du manteau.
Éginhard vante les vertus de la reine Berthe ; ilparle aussi avec éloge des honneurs dont elle fut toujours environnée à la cour de son fils Charlemagne , et du profond respect de. ce grand prince pour sa mère. La chronique de Saint-Denis appelle Berthe une dame pleine de bonnes meurs et de dovce mémoire. Ce caractère de douceur et de bonté se peint sur la physionomie calme et souriante de la reine. Un voile couvre la tête et tombe gracieusement de chaque côté du visage. La couronne est garnie de fleurons. Une longue robe enveloppe chastement le corps ; elle descend presque jusqu'au bout des pieds ; de pelilcs roses en décorent la ceinture. Un sceptre à pomme de pin est placé dans la main gauche; la droite se joue avec Taltache du manteau , dont les larges plis accompagnent noblement la statue. Une escarcelle qu'un double cordon relie à la ceinture de la robe, pend sur le côté gauche; la présence de cet accessoire qui, dans les anciennes gravures, distingue l'effigie de Berthe de celle de l'impératrice Ërmenlrude, n'avait pas empêché les architectes de transposer les noms des deux princesses.
Les épilaphes de Pépin et de Berthe sont ainsi conçues :
PIPINVS BRX PATBR CAROLI MA6NI BERTIIA BEGINA YXOR PlPINl KBOIS.
11 n^est pas juste que la gloire de Pépin s'efface aussi complétement devant celle de son fils Charlemagne.
2i-27. Les empereurs carlovingiens. — Napoléon, qui fondait une seconde dynastie impériale, voulut que des honneurs particuliers fussent rendus , dans Téglise de Saint- Denis, aux empereurs de la dynastie carlovingienne. La statue de Charlemagne en marbre devait s'élever sur une colonne qu'auraient environnée à sa base les effigies en pierre de cinq autres empereurs qui furent en même temps rois de France. Le monument projeté n'a pas été construit ; mais les six statues qui avaient été immédiatement sculptées, existent et tiennent maintenant leur rang dans la série chronologique des rois. Elles sont posées debout contre les murs de la crypte , en arrière des figures couchées sur les tombeaux. La statue de Charlemagne a été exécutée par Gois ; celle de Louis le Débonnaire, par Bridan; celle de Charles le Chauve, par Foucou ; celle de Louis le Bègue , par Deseine ; celle de Charles le Gros, par Gaule, et celle de Louis d'Outre-mer, par Dumont* . Nous sommes fâché de le dire , mais ces figures impériales nous paraissent pitoyables. Nous conseillons au lecteur de comparer l'œuvre des sculpteurs que nous venons de nommer, choisis entre les plus célèbres de l'époque napoléonienne, membres del'Instilut, chevaliers de la Légion-d'Honneur,avec les statues taillées par les imagiers inconnus du temps de saint Louis; il ressortira de ce rapprochement un enseignement utile. Il nous est arrivé plus d'une fois d'être témoin de rétonnement de certains détracteurs du xiii* siècle, de leur désappointement même et de leur mauvaise humeur, quand nous leur signalions ici l'évidente infériorité de ces sculptures
I. Noas i^orons poar quelle raison Loaisd'Oatre-merest compté ici parmi les empereur»; il ne porta jamais qoe le Ulre de roi.
modernes dépourvues de tout style comme de toute originalité.
Si les auteurs des six statues impériales avaient du moins pris la peine de consulter les manuscrits de nps bibliothèques, les mosaïques et les peintures de Rome , les tableaux et les reliquaires d' Aix-la-Chapelle •, ils auraient pu produire des œuvres dans lesquelles le caractère des têtes et Tintérêt des costumes auraient compensé la pauvreté du dessin et Tindécision du ciseau. Mais il faut être doué déjà d'une espèce de génie, pour se rendre compte de ce qu'on ignore et pour savoir où réludier.
C'est avec orgueil que nous avons rencontré dans les plus illustres basiliques de la capitale du monde chrétien la glorieuse effigie de Charlemagne. Après mille ans et plus, le souvenir de ce qu'il a fait pour l'église est encore vivant. Une salle tout entière du Vatican lui est consacrée. Les pontifes romains n'ont pas oublié, dans leur juste reconnaissance, de placer l'image de Pépin , le vainqueur des Lombards et le défenseur du patrimoine de Saint-Pierre, à cô(é de celle du fondateur du nouvel empire d'Ocident.
28. Ermentrude *. — Nous avons dit que les statues de Berthc et d' Ermentrude avaient été transposées à l'époque du premier classement, et nous avons indiqué à quel signe il était facile de les distinguer l'une de l'autre. L'erreur commise à Suint-Denis a passé au musée historique de Versailles, comme toutes celles que nous aurons à signaler encore. Le costume de l'impératrice Ermentrude ne diffère de celui de la reine Berthe que dans quelques détails de très-peu d'impor-
\ . On apprendra avec intérêt que M. Albert Lenoir possède, dans son cabinet, un Cliarlemagne équestre en bronze , du ixe siècle , provenant de l'ancien trésor de Saiiit-Ktienue de Metz où se conservent encore des vêtements qni ont appartenu à cet homme prodigieux.