‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 46 sur 102 · I. MuUe des monuments françaiê, no U · texte numérisé non relu

I. MuUe des monuments françaiê, no U

tion de noms. Les restaurateurs de Saint-Denis ont vraiment joué de malheur; dès qu'une erreur était possible, ils s'empressaient de la commettre. L'épitaphe de Louis a donc été attribuée à Carloman et réciproquement :

LVDOTICTS RBX FILITS LYDOTIGI BALBI KARLOaiANNVS RBX FILITS LYDOTIGI BALBI

Les détails de costume dont nous n'avons pas parlé reproduisent ceux des sUitues précédentes.

31 . Carloman^ roi (TAustrasie. — Ce prince était frère de Charlemagne ; il mourut en 771 . Les annales du temps rapportent toutes qu'il fut inhumé à Reims, dans la basilique de Saint-Remy. Au siècle dernier, un sarcophage de marbre , à peu près semblable à celui de l'empereur Jovin, se voyait dans le collatéral du chœur de cette église et passait pour le tombeau de Carloman. D'un autre côté, on croyait au xin« siècle que le corps de Carloman reposait à Saint-Denis, puisque saint Louis lui fit ériger un monument. Quelques auteurs ont voulu expliquer cette contradiction en supposant une translation qui aurait eu lieu de Saint-Remy à Saint-Denis. Le fait de celle double sépulture n'en demeure pas moins obscur ; les destructions do 4 793 ne nous ont pas laissé les moyens d'en découvrir la solution.

La statue de Carloman a d'ailleurs éprouvé toutes sortes de vicissitudes. Le Musée des monuments français en avait fait un Charles le Chauve et l'avait placée auprès de l'impératrice Ermentrude. A Saint-Denis elle a reçu un nouveau nom, celui de Henri Ie^ On s'est procuré un Carloman d'emprunt, en faisant prendre un moulage * sur une autre figure, puis on a gravé dans le plâtre l'ancienne inscription :

I . Le plâtre parait avoir été pris sur la statae da roi Eudes.

KARLOMANNTS RBX FILIT8 PIPINI

Ce moulage a été lui-même surmoulé, et porte à Versailles le titre de Lothaire, Tavant-dernier roi de la seconde dynastie. Quelle complication d'erreurs 1

32. Eudes '. — Ce grand homme, qui était le digne fils de Robert le Fort , mérita la couronne pour avoir chassé les Normands des murs de Paris. Son règne fut de courte durée. Il recommanda en mourant aux grands et à tous les princes des Francs qu'il avait convoqués auprès de lui , au château de Lafère, de reconnaître pour roi le jeune Charles, véritable et légitime héritier du royaume; c'est ainsi que s'exprime la chronique de Saint-Bertin. Eudes fut enterré à Saint-Denis, au milieu des autres rois.

Le costume , les attributs, la position du corps et des bras rappellent exactement la statue de Clovis II. Seulement les mains ne portent pas de ganls; les fleurons de la couronne sont plus élevés et fouillés avec plus d'adresse ; la barbe et les traits du visage ont été aussi mieux étudiés. La tète est fine, spirituelle et en même temps pleine de noblesse. L'inscription ne saurait être plus laconique :

Nous sommes maintenant parvenus au collatéral et aux chapelles du chevet de la crypte. Là commence, pour ne plus finir, l'immortelle et féconde dynastie de Hugues Capet.

33. Hugues Capet *. — Le père de cette race capétienne, illustre et magnifique entre toutes les races du monde, repose

\. Mujfée des Monuments français, n© 15.

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