SuGER, abbé de Saint-Denis, Vie de Louis le Gros
corps; le Lys, son cœur; Saint-Corentin-lez-Mantes , ses entrailles*. Des monuments s'élevèrent sur cette triple sépulture ; ils n'existent plus. Le plus remarquable des trois était le tombeau surmonté d'une statue de cuivre que Fabbaye de Maubuisson conserva au milieu du chœur des religieuses, jusqu'au moment de la révolution. Blanche portait le costume de l'ordre de Cîteaux qu'elle avait voulu revêtir au moment de sa mort '; une épitaphe latine en huit vers léonins célébrait sa gloire et sa piété. Mais le Moniteur de 4 793 nous apprend que cette année-là, on transporta de Maubuisson à Pontoise plusieurs tombereaux remplis d'armoiries , de figures de rois et de reines , de couronnes , de titres de princes et autres aliments de Vorgueil. Quelques-uns de ces objets furent brisés, d^autres livrés aux flammes; on expédia les saints d'or et d'argent à la Monnaie de Paris; les tombeaux avaient été saccagés , les cuivres et les plombs arrachés des cercueils ou des monuments. A l'aide d'un peu d'alliage , l'effigie de Blanche devint une pièce d'artillerie. Le Musée des monuments français ne recueillit de la dépouille de Maubuisson qu'une statue en marbre noir représentant Catherine de Courtenay ', impératrice de Constantinople, femme de Charles de France, comte de Valois. Les Petits-Âugustins étaient alors tout occupés à chercher les moyens de produire au public un tombeau quel-
I. Manbnisson a été détrait; qoelqoes salles basses d'une belle construction, coDTerties en étables, subsistent seules aujourd'hui. Les bâtiments de Saint- Corentin ont aussi été démolis. Les ruines de l'église du Lys appartiennent à un Ulostre guerrier, M. le marquis de Latour-Maubonrg. On pense que des fouilles faites dans l'ancien sanctuaire pourraient amener la découverte du tombeau et du tasar de la reine.
S. Blanche , dit Mathieu Paris , fût faite religieuse professe et voilée avant sa mort ; on plaça ensuite la couronne sur le voile, on revêtit le corps des ornements niyaux, et on le porta ainsi au lieu de la sépulture.
3. V. l'Hiêtoire du diocèse de Paris, \\xc l'abbé Lebeuf, et la Gallia ckrisliana des Bénédictins.
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runqiio de la mère do saint Louis. L'impératrice nouvelle venuo était noire; des archéologues, amis du calembour et railleurs, ju<^èront qu il serait infiniment plaisant d'en faire une reine Blanche. Une chapelle fut donc improvisée ; on la conslruisit, comme celle d'Héloïse et d'Abélard, avec les débris qu'on avait sous la main, puis on y plaça, au-dessus d'un ancien devant d'autel , la figure de Catherine de Courtenay, et on affirma sur la pierre, en style du xiii« siècle, que c'était le vrai tombeau do Madame la royne Blanche mère de Monsieur saint Lofjs *, sorti sain et sauf des ruines de Mau- Iniisson.
Catherine de Courtenay la noire passa des Petits-Augustins à Saint- Denis avec le nom de Blanche que M. Lenoir, son parrain, lui avait imposé et qu'elle continua de porter pendant quelque vingt ans. C'est d'après elle que M. Etex a sculpté une Blanche de Castillc en marbre pour le musée de Versailles. Nous avons eu bien de la peine à obtenir que la statue originale reprît son véritable nom.
Pour suppléer à l'absence d'un personnage aussi important que Blanche de Castille, on a fait lever un moulage d'une figure de reine sculptée au pignon du tombeau de Nantilde, et désignée , nous l'avons dit, sans aucune preuve comme représentant la mère de saint Louis. Elle a été posée sur un sarcophage moderne dont la partie antérieure est revêtue d'un devant d'aulel très-curieux, qui provient originairement de Saint-Denis, et qui , au Musée des Monuments français, fut employé au tombeau de Blanche de Castille. Il consiste en une table de pierre de liais découpée en petites losanges qui sont au nombre d'environ deux cents. Chaque losange contient un emblème héraldique , une figure ou un écusson peints et re-