Musée des Monuments français^ no
Le prince est couché, vèUi d'une chemise démailles et d'une cotte d'armes ; il' a des brassards et des bottines en fer plat; les chausses sont en mailles et munies d'éperons ; des muffles de lion décorent le ceinturon ; l'écu semé de fleurs de lis sans nombre avec un lambel à quatre pendants, est attaché à un cordon passé en sautoir, et garde quelques traces de ses anciennes couleurs héraldiques; une couronne fleuronnée et dorée entoure la tête ; la main gauche tient un cœur, et la droite une espèce de cimeterre auquel on a donné , en le révisant, une forme ridicule ; les pieds du prince sont posés sur les dos de deux petits lions dont les crinières ont été dorées.
On lit sur trois côtés dewla tombe :
Cl GIST LI CUBRS DV GBANT ROT GHABIES Qi. CONQUIT SBZII.B Qi. FC FRBRB9 DB MÔ~SBIGNRDR S. LOYS DB FRANCB ET LI FIST FAIRB CE8TB TOHBB LA ROTRB CLBMBNCB 8A NIBCB.
L'inscription continuait ainsi sur l'autre bord :
PCST MTKRRB LAN DB GRACE 11 GCC XXYI SBANT LB CHAPITRE CBRBRAL DBS FRERES PRECHBURS ▲ PARIS À PBNTBBCOSTB.
Cette dernière partie de l'inscription a été détruite à l'époque de la réédiûcation du tombeau à Saint-Denis; nous en avons trouvé un morceau dans un chantier parmi des fragments de rebut. La tombe était quadrangulaire ; on avait résolu de l'ajuster dans un fond de chapelle demi-circulaire ; on prit donc le parti d'en sacriûer tout un côté , pour l'arrondir. De pareils faits ne demandent pas à être commentés.
La statue repose sur un socle en marbre noir de l'espèce employée vulgairement à la confection des chambranles do nos cheminées les plus communes. A l'exception de quelques sarcophages dont nous ferons une mention spéciale, tous sont
j&f, ^^1*6»,''. ^«at t i^r^
DE SAINT-DEMS. 249
travail très-fin. Le tombeau en pierre est complètement moderne.
5i. Blanche de France • (des Cordeliers de Paris ■). Blanche, fille de saint Louis, naquit à Jaiïa, en Syrie, en 1252, et mourut en 1320. La statue est en marbre; elle porte un costume presque semblable à celui des religieuses , robe longue et large, manteau d'une extrême simplicité , voile qui entoure le visage de manière à ne laisser absolument que le masque à découvert. Des deux petits chiens qui sont posés sous les pieds, l'un mord en jouant un pan de la robe. L'expression des traits est charmante. La princesse n'a pas été représentée avec les rides d'un âge avancé, mais dans toute la grâce de la jeunesse. L'épitaphe se lisait autrefois sur les bords de la tombe ; on l'a reproduite sur une petite plaque de marbre noir encastrée dans le mur au-dessus de la statue , et on en a disposé les lignes suivant l'usage moderne, ce qui peut passer pour un double anachronisme :
ICT GIST MADAME BLANCHE FILLE DE MOHSB161IB0R SAMCT