VIR. SANZ. FIN. DBX. LI. CONSENTE
La reine Isabelle mourut à Cosenza , en Calabre * , au retour (le la désastreuse croisade de Tunis, des suites d'une chute do cheval qu'elle fit en passant à gué une petite rivière.
Félibien a publié, dans les Preuves de son Histoire, une lettre touchante que lo roi Philippe écrivit, peu de jours après ce funeste événement , à l'abbé et aux religieux de Saint-Denis , pour recommander à leurs prières la reine Isabelle , dont la vie était aimable à Dieu et avx hommes.
Nous n'avons point encore réussi à savoir s'il n'existerait
\. Cette mort arriva en 1274, suivant la manière moderne de fixer le commencciiicnl de l'année. Les commentateurs de l'inscription expliquent les mots Itjmr de sainte Agnes seconde , les uns par le lendemain de la fête de cette ssinte , c'csl-à-dire le 22 janvier ; les autres par roclave , ce qui revient aa 28 du même mois.
pas dans quelqu'une des églises de Cosenza un monument qui aurait reçu en dépôt les chairs et les entrailles de la reine; les os furent seuls rapportés à Saint-Denis.
Le roi Philippe étant mort à Perpignan, le dimanche avant la saint Michel , en 4285 , ses chairs et ses entrailles furent inhumées dans la cathédrale de Narbonne. Le reste du corps fat transféré à Saint-Denis. La possession du cœur excita une vive contestation entre les bénédictins de Saint-Denis et les frères prè<j[ieurs de Paris. La révolution a brisé la statue et les bas-reliefs qui décoraient le tombeau érigé à Narbonne par Philippe le Bel.
La statue qui existe à Saint-Denis ouvre , suivant notre opinion, la série authentique des portraits de nos rois. La léle est d'un excellent travail et d'une vérité remarquable ; elle exprime à la fois la loyauté, l'énergie, la bonté et une certaine gravité de mœurs Le visage ne porte pas de barbe; les cheveux tombent droit sur les côtés de la face. La couronne garnie de fleurons était incrustée de mastic ou de pierres de couleur. La main droite tient un sceptre moderne qu'on n'a pas même pris soin de rajuster sur les vestiges encore visibles de l'ancien. Une ceinture serre la tunique autour du corps. Le manteau s'ouvre en avant et se drape sur les genoux. Le bord supérieur de la tunique , plusieurs parties du manteau , et le coussin posé sous la tète, montrent quelques traces d'une ornementation en fleurs de lis et rinceaux peints et dorés. Le lion couché sous les pieds nous semble trop laid pour que nous puissions l'attribuer au sculpteur de la statue. Le tombeau primitif de Philippe le Hardi était décoré d'accessoires semblables à ceux qui se trouvaient au tombeau de la reine Isabelle.
Deux petites mains restées attachées au coussin sur lequel la reine repose sa tète, témoignent qu'il fut jadis accompagné de flgures d*anges. Isabelle a les cheveux lon2;s et flottants ;
ses traits accusent d'une manière bien caractérisée son ^ ginc étrangère. Sa couronne est fleuron née, son voile se rej^ élégannment sur ses épaules et vient ensuite se croiser su^ poitrine. De nombreuses pierreries décorent la ceinture d^ robe. Le manteau ressemble à tous ceux que nous avons d^ vus. La main gauche tient le fragment d'un sceptre qui V pas élé refait. Deux petits chiens sont sculptés sous les piedi l'un guette, l'autre ronge un os. Séparée des ornements q l'encadraient , la statue de la reine Isabelle paraît «ujourd'h ^ plate et gauchement posée sur la tombe qu'elle devrait a cuper entièrement.
Deux dais en pierre , placés sans ajustement au-dessus de statues , sont une copie moderne et maladroite des charmant couvre-chefs de la Sainte-Chapelle de Paris.
Dans la série des monuments qui suivent nous en rencoc trerons encore quelques-uns en pierre et en terre cuite ; noii aurons soin de les désigner ; tous ceux dont nous n'indique rons pas la matière , sont en marbre blanc.
57. Tété de reine inconnue. Une tête de reine, coiffée d'ui voile et d'un débris de couronne, a été encastrée dans un coni partiment tréflé au pied du tombeau de Philippe le Hardi Si, comme on l'assure, ce marbre vient de Maubuisson , il re présente probablement une des deux reines, Jeanne d'Evreu: et Bonne de Luxembourg , qui avaient dans l'église de cett abbaye des tombeaux de marbre noir surmontés d'effigies ei marbre blanc. Ces monuments contenaient les entrailles d( l'une et le corps de l'autre. Comme nous savons que la statui de Jeanne d'Évreux a été rachetée par les Dames Carmélite de la rue de Vaugirard, à Paris*, nous pourrions près
I . L'architecte des religieases a placé cette figare dans la noayelle église con ventnelle, en la forçant, poar droit d'entrée, à prendre le pseudonyme de Blancbi de Castille.
que afBrmer que nous avons ici un buste de Bonne de Luxembourg, mère du roi Charles Y. A SainUDenis on en avait lait le portrait de Marie de Brabant , seconde femme du roi Philippe le Hardi.
58. Philippe le Bel *. Parmi les statues rétablies à Saint- Denis , il y en a peu qui soient aussi bien conservées que celle du roi Philippe le Bel. La tète est demeurée intacte ; les ipains n'ont presque pas souffert. Les raccommodeurs modernes ont fait plus de tort à cette figure que le temps et leagrévolutions. Ils lui ont armé la main droite d'un sceptre de marbre monté sur des tenons, dont le dernier, fixé dans l'oreiller, a près d'un pied de longueur ; puis , pour mieux assurer la solidité des fleurons qu'ils ont refaits à la couronne , ils ont planté dans la tète du roi d'épais morceaux de marbre qui entament toute la partie supérieure du crâne. Le costume est semblable à celui de Philippe le Hardi. Des incrustations colorées rehaussent la bordure de la tunique et celle de la couronne. Les traits du visage et la pose du corps sont déjà maniérés, comme on peut le remarquer dans un grand nombre d'autres monuments du xiv« siècle. Entre cette statue et celle de Philippe le Hardi la différence de style est très-grande. Le visage de Philippe le Bel ne justifie pas complètement le surnom de ce prince ; nous le trouvons plus fin et spirituel que réellement beau.
59. Prince inconnu * (des Cordeliers de Paris). L'église des Cordeliers possédait cette statue , l'une des productions les plus charmantes de l'art du xiv« siècle. Depuis Tincendie du monastère des Cordeliers , en 1580 , et le bouleversement des tombeaux qui en avait été la suite , les épitaphes n'existaient plus , et les anciennes statues conservées en très-petit nombre