‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 65 sur 102 · I. MuMie des Mmuanents français, no · texte numérisé non relu

I. MuMie des Mmuanents français, no

1 Matée des Mon. ftauçais, no 25.

dans l'église n'avaient plus de noms connus; aussi les auteurs des diverses descriptions de Paris se contentent-ils de désigner ces figures, sans s'inquiéter des personnages qu'elles pouvaient représenter. Aux Pelils-Augustins et ensuite à Saint-Denis on a imposé à la statue qui nous occupe le nom de Pierre, fils de saint Louis, comte d'Alençon , de Blois et de Chartres, mort en i283. Ce prince avait en effet sa sépulture aux Cordeliers; mais ses armoiries de France , à la bordure de gueules, ne se retrouvent pas sur l'effigie , qui porte au contraire de France au lambel à quatre pendants. Les recherches auxquelles nous nous sommes personnellement livré , ne nous ont encore fait découvrir sur le personnage représenté aucun renseignement précis. Le blason, qui est le môme que celui de Charles, roi do Sicile (voy. ci-dessus n» 52), pourrait indiquer que le prince appartenait à la branche des ducs d'Anjou ; il faudrait le ranger dans la maison d'Artois si , comme cela est possible , des châteaux d'or avaient été tracés sur chacune des pièces du lambel. Moins scrupuleux que nous, les faiseurs de tombeaux ont tranché la question en faveur de Pierre , comte d'Alençon *.

Le prince est vêtu du costume de chevalier. Sa tète ne porte point do couronne ; elle respire la jeunesse et la beauté ; les cheveux, légèrement bouclés, s'agencent autour du front avec une grâce infinie. Les mains sont jointes. Une cotte d'armes couvre la chemise de mailles à largos manches pendantes et à chai)eron rabattu. L'armure des jambes est en fer plat par-

1 . Voici en quels termes ce prince s'exprimait dans son testament an sujet de sa sépulture : « J'eslis ma sépulture de uostre orde charongne aox Cordeliers, et celle de mon mauvais cueur aux frères Prescheurs de Paris; veux qne la tombe qui qra sur mon cors ne soit pas de plus grande dépense que cinquante livres, et celle cui sera sur mon cueur de trente livres. {V. Millin; Dncange, rie de saint Louis; Dulillet).

dessus , en mailles par dessous ; les chausses sont aussi en mailles. Un curieux ceinturon . semé de têtes humaines barbues , soutient une large épée. Le bouclier timbré des armoiries que nous avons décrites , s'attache à un cordon qui descend de répaule droite et dont les deux bouts sont passés dans le bord supérieur de l'écu. Les éperons ont été cassés. Un gros lion courbe son dos sous les pieds du jeune guerrier.

60. Louis et Philippe cTJlençon (de Tabbaye de Royaumonl) \ Au-dessus de la prétendue statue de Pierre d'Alençon , la tombe en pierre coloriée de deux fils de ce prince , morts très-jeunes , se voit relevée contre le mur. Elle avait été faite pour être posée horizontalement sur le sol. De nombreuses restaurations en ont altéré le caractère d'une manière fâcheux ; les figures et les armoiries sont maintenant à moitié modernes. Deux petites ogives encadrent les figures en relief des deux enfants*. Les costumes sont pareils ; une première rol>e longue , une tunique de dessus plus courte , et des bottines aux pieds. Un cercle orné de roses forme à chaque prince une petite couronne. Deux anges tiennent un coussin sous la tète de l'un des enfants , et deux chiens sont sous ses pieds ; c'est Louis, le fils aîné : l'autre n'a qu'un ange auprès de son oreiller , et qu'un seul chien sous ses pieds ; ce chien vient de saisir un lapin. L'ornementation peinte de la tombe et des figures avait été remise à neuf; on l'a supprimée, je ne sais |)Our quel motif. Depuis que le monument se trouve dressé contre un mur, la lecture de l'inscription gravée sur ses bords en belles et grandes lettres, est devenue difficile ; on en a donné une seconde édition sur un marbre noir, placé à la por-

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