‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 69 sur 102 · Musée des Monuments français j no» 38 et · texte numérisé non relu

Musée des Monuments français j no» 38 et

mère Manche de Bretagne. La grande église des Jacobins renfermait leurs tombeaux et leurs effigies placés au milieu du chœur. Afin de n*avoir pas à redire les détails qui se trouvent déjà dans Fépitaphe , nous rapporterons immédiatement la copie qui en a été gravée sur un marbre noir, et encastrée dans le mur au-dessus des statues :

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Les deux figures ne sont pas de la même main. Celle du comte , habilement exécutée et modelée avec art , n'est cependant point exempte d'une certaine pesanteur ; on sent que le sculpteur n'était pas complètement mattre de son oeuvre. Celle de la comtesse Marguerite doit être acceptée comme un chefd*œuvre de finesse et d'élégance ; le xiv* siècle n'a jamais été mieux inspiré, et n'a jamais produit une plus ravissante statue de femme. Les différences qui existent entre le costume du comte d'Evreux et celui de son frère le comte de Valois, sont trop peu importantes pour que nous jugions utile de les mentionner. Le lecteur a d'ailleurs la faculté de se reporter à la gravure que nous publions de la statue de Louis de France, Nous ferons seulement remarquer encore ici l'absence de couronne. L'écu est blasonné de fleurs de lys sans nombre, à la bordure d*hermines, au bâton componé d'argent et de gueules.

Marguerite d'Artois tient les mains jointes et passe les deux pouces sous le cordon qui attache son manteau. Les traita de son visage ont une expression de grâce et de calme qui charme les yeux. Le voile entoure complètement la foce ; sur les tem-

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pos deux cotiâsinets l'écartcnt ot laissent apercevoir lés cheveux. Un cercle très-mince, rehaussé de petits trèfles, sert de couronne. Les détails du manteau , de la double robe , des manches qui sont lacées autour des poignets, du coussin posé sous la tôte , ont été exécutés avec un soin tout particulier. On sait combien il est difficile de donner aux derniers plis d'un vêtement une tournure élégante et vraie. Nous invitons nos lecteurs à examiner avec quel goût exquis et quelle chaste délicatesse le sculpteur a fait tomber la robe de Marguerite d'Artois sur les pieds qu'elle entoure sans les embarrasser. Deux petits chiens , pleins d'agilité et d'espièglerie , jouent sur une touffe de feuilles de chêne , aux pieds de la statue.

En dépit du catalogue des Petits- Augustins , qui , cette fois, était parfaitement véridique , Louis de France , en arrivant à Saint-Denis , avait reçu le nom de Charles et le titre de comte de Valois, restés vacants par suite de la transformation de son frère on Robert de Bourbon. De son côté, Marguerite d'Artois était devenue , sous le nom de Blanche de Navarre , la seconde femme de son neveu Philippe VI de Valois. On peut s'assurer de l'exactitude de ces détails, en comparant aux statues placées à Saint-Denis les moulages qui en ont été faits pour le Musée de Versailles , avant la rectification du classemont , et qui gardent encore les noms erronés.

67, 68. Louis X ^, reine inconnue.— La statue de Louis X, le Hulin , est entièrement semblable à celle de son père, Philippe le Bel ; même pose , mêmes traits , même costume , mêmes attributs. Ces deux figures , ainsi que celles de deux autres fils de Philippe le Bel , Philippe V et Charles IV, nous paraissent avoir été exécutées par le même artiste. Les trois fils ont eu avec leur père , si la sculpture dit vrai , une ressemblance des plus rassurantes.

i. Musée des Monuments français^ no 40.

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La statue de reine couchée à côté de Louis X , et décorée du nom de Clémence de Hongrie , femme de ce prince , n'est |)as indiquée dans le catalogue des Petits-Augustins Nous reconnaissons volontiers qu'elle est assez conforme aux gravures données par Montfaucon et Millin * , de TefBgie en marbre qui existait , dans Téglise des Jacobins de Paris, au-dessus de la sépulture de la reine Clémence. Mais ce n'est qu'un indice insuffisant , si bien qu*à Saint-Denis on avait en premier lieu lait de cette figure une Bonne de Luxembourg , femme du roi Jean.

Le costume ne présente rien d'extraordinaire ; c'est toujours une robe fort simple , et un mantean retenu au cou par un cordon transversal. La couronne , surmontée de belles et larges feuilles, est enrichie d'incrustations colorées. Le voile couvre complètement la tête et le cou ; il enveloppe le menton, et ne laisse à découvert que le masque. Les deux chiens représentés sous les pieds ont des colliers et des grelots; ils jouent avec beaucoup de gaieté. Une reproduction a été faite sur un marbre noir appliqué au mur, de l'ancienne inscription qui se lisait aux Jacobins autour de la tombe *.

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Clémence était fille de Charles d'Anjou , surnommé Martel , roi de Hongrie , et arrière-petite-fille de Charles d'Anjou,

1. MonUaacon, Monuments de la mon, franc., tom. Il, p. 388. Mililii, AiUiq, ««/., tom. IV, no 39, p. 82, pi. 8.

2. les dates ici indiquées sont fautives. La reine Clémence moorat le 13 octobre 1328, suivant le véritable texte de son épitaphe.

roi de Sicile , à qui nous avons vu qu'elle fit ériger un tombeau.

Le roi Louis X mourut le 5 juillet 4346, dans la maison royale du bois de Vincennes. Son corps fut amené le même jour à Notre-Dame de Paris , et transporté le lendemain à Saint-Denis, où il fut inhumé le troisième jour après la mort*.

69, 70. La chapelle expiatoire et ses inscriptions, —La chapelle terminale , située au-dessous de la chapelle de la Vierge de l'église haute , et en face de la brèche par laquelle les hommes chargés des exhumations de 4793 firent sortir du caveau royal tous les cercueils des Bourbons , est devenue un monument de solennelle expiation envers tous les grands personnages , dont la sépulture avait été confiée à l'église de Saint-Denis.

Une rampe du xiii« siècle , en fer doré , tout ouvragée de rinceaux , et semblable à celles qui ont été employées dans l'église supérieure à la décoration du chœur d'hiver et de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste , ferme l'entrée de la chapelle expiatoire. Les murs et les voûtes ont reçu une ornementation peinte , exécutée d'une manière déplorable et dépourvue de tout caractère. Sur le bandeau de l'arc doubleau cinq médaillons représentent le Christ et les Évangélistes, La voûte est à fond bleu semé d'étoiles blanches. L'autel a été construit en marbre blanc dans le style du xiii* siècle , comme on l'entendait il y a trente ans. Le bas-relief qui en forme le devant, se divise en sept petites ogives qui abritent un pareil nombre de statuettes , quatre anges et trois rois. Les anges portent les insignes du pouvoir suprême : épée , sceptre , globe et couronne. Les rois sont les chefs des trois dynasties, (Uovis , Pépin et Hugues Capet. Des colonnettes , des trèfles,

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