luillaumede Naugis, Chronique
DE SAIMT-DEHIS. 265
des pieds* droits fleurdelisés , concourent encore à l'ornement de cet autel. Le tabernacle a été fait avec un de ces jolis dais de marbre qui surmontaient les statues sur les tombeaux du XIV* siècle.
Quatre tables de marbre noir, également réparties entre les deux côtés de la chapelle et posées contre les murailles , contiennent les noms de tous les rois, reines, princes, princesses, abbés et personnages illustres inhumés à Saint-Denis. Elles ont pour encadrements de beaux fragments d'une arcature qui existait autrefois dans le bas côté méridional de Téglise haute , et dont les ogives retombent sur de très-jolis chapiteaux sculptés de branches de chêne avec feuilles jet glands. Sur chacune de ces tables de marbre , on a gravé au-dessus des noms une couronne royale ; ces couronnes varient suivant les époques auxquelles se rapportent les noms. Les deux inscriptions placées à main gauche sont consacrées aux deux premières dynasties ; les autres le sont à la race capétienne et aux personnages qui, depuis le xii<' siècle, ont reçu la sépulture à Saint- Denis. Les listes n'ont pas été dressées avec le soin convenable; elles présentent des lacunes, des inexactitudes, et plusieurs erreurs de chiffres, à l'égard desquelles nous ne pensons pas qu'il soit utile d'entrer dans plus de détails. La dernière inscription, qui s'étend jusqu'à Mesdames de France^ inhumées en 4 SI 7, dans la sépulture royale, ajoute au nom de Louis XVI le titre de bienheureux que l'Église n'a point ratifié. Des anges qui portent les mêmes attributs que ceux de l'autel, et qui sont peints dans les tympans des arcs latéraux de la chapelle, accompagnent des écussons blasonnés de France ancien , do France moderne et de Navarre. £n 1834, on a fait disparaître les fleurs de lis ; mais les chaînes de Navarre ont été respectées. La même chose était arrivée à Saint-Louis-des-Jésuites , à Paris, lors de la première révolution. A Gaillon , les bermi-
nés et les dauphins restèrent aussi intacts à côté des fleurs de ils ébranchi^es et décapitées.
71 . Inscription du caveau royal. — Nons avons rappelé les hautes raisons de convenance qui décidèrent le gouvernement de Louis XVIII à supprimer l'entrée que Napoléon avait fait faire au caveau central ; la dynastie nouvelle des empereurs aurait pris possession de ce tombeau par la même porte qu'on avait creusée pour en expulser l'ancienne race des rois. L'ouverture a été murée et revêtue de plaques de marbre noir. On a replacé en avant les battants de bronze de la porte impériale ; ils sont munis d'une triple serrure, dont les clefs devaient être déposées entre les mains des chefs des trois pouvoirs de l'empire constitutionnel ; leur décoration, d'une pauvre simplicité, consiste en étoiles, sabliers, anneaux et mufflesde lion; la victoire a fourni le bronze, comme disait le peintre David dans ses programmes de monuments à ériger en mémoire de nos conquêtes.
Un écusson de France , accompagné de branches de lis, entouré des colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit, et surmonté de la couronne , a été gravé en creux sur le marbre noir. Par une inadvertance singulière, l'expert en blason a doré les lignes horizontales destinées à figurer l'azur, et argenté les trois fleurs de lis.
Quand les ventaux de la porte sont ouverts , on lit sur le marbre l'inscription suivante :