Musée des Monuments français^ n. 8f
avec la même richesse que celui de Charles V, et qui occupait, dans la chapelle de Sainl-Jean-Baplisle, une construction disposée en hors-d'œuvre tout exprès pour le recevoir.
Aujourd'hui les doux statues se trouvent séparées Tune de l'autre par le monument considérable de Louis, duc d'Orléans. La couronne de Charles M a été refaite sur le même modèle que celle de Philippe de Valois. Un coussin garni de ses glands soutient la tète. La tunique est longue; le manteau, muni d'un petit collet rabattu, avait pour attache sur Tépaule droite une boucle en cuivre qui n'existe plus. Les cheveux sont courts, et coupés au-dessus des oreilles. Le visage est entièrement dégarni de barbe ; les traits en sont lourds et vulgaires, mais modelés avec une vérité qui dépose en faveur de leur ressemblance. Le sceptre et la main de justice doivent être imputés, comme tous les autres attributs de ce genre , à une restauration moderne. Nous publions une gravure de la statue (le Charles VI , en raison de la bonne conservation de s<^ parties les plus importantes, et surtout parce que c'est aujourd'hui la dernière figure royale qui soit faite encore d'après U»s traditions anciennes ; les monuments qui suivent appartiennent à an art complètement nouveau.
La statue de la reine Isabeau a été sculptée avec un soin reinaniuable jusque dans les moindres détails du costume. Elle porte un double voile qui enveloppe entièrement le contour do la face, le front et le menton. Le voile de dessus est froncé à lri»s-|M»lits plis sur le devant de la tète et sur les côtés du visage ; il s attache au voile de dessous par deux longues épingles. Les trait» en saillie sur cet encadrement plissé et comme collé à la IK-ati, produisent un effet très-singulier. L'expression do la physionomie est d'ailleurs par elle-même d'une originalité bizarre. bi nuironno, rehaussée de quatre fleurs de lis, (pii alternent i>viT (jnatre croix, est moderne ainsi que le sa»ptre surmonté
(run feuillage de pin. Le manleuu cl les robes n'ont rien que cronlinaire. C'esl le mùrno costume que celui de Jeanne de Bourbon. l>eux petits bassets sont assis sous les pieds.
Sauvai avait lu dans l(*s registres do la chambre des comptes, et il rapporte, au tome 2 do ^'àJntiquitésde Paris ^ qu'une somme de 1,200 livres, prix do l'acquisition de la bibliothèque (le Charles V par le duc de Uedlford , fut remise à Pierre Tliuii, entrepreneur du tombeau de Charles YI et dlsabeau de Bavière.
93, 9i. Charles f II et Marie d^Ànjou '. — Le tombeau de Charles VII et de la reine Marie d'Anjou , sa femme , était moins orné que ceux de Charles V et de Charles VL Deux dais, d\m beau travail, se trouvaient seulement placés au-dessus des figures. Ce monument fut brisé en 1793; les mutilations que subirent alors les deux statues furent telles , qu'on ne put en conserver que les bustes M. Lenoir nous apprend , dans le catalogue de son musée , qu'il fut obligé de faire restaurer par le sculpteur Beauvallet, ces fragments qui étaient eux-mômes fort endommagés. Le travail de réparation a été exécuté d'une manière très-convenable.
Comme auxPetits-Augustins, des colonnes de marbre provenant du chûteau doGaillon serventde supports aux deux bustes. Six fleurs de lis et de nombreuses pierreries décorent la couronne du roi. Les cheveux conservent à peu près leur longueur naturelle et flottent en arrière. Le visage est imberbe , gracieux et jeune, bien que Charles VII ait vécu près de soixante ans. Les sculpteuis du moyen âge , au lieu de copier, comme les nôtres, les rides de la vieillesse , les rugosités de la peau, et mille autres accidents de ce genre, choisissaient avec goût la plus belle époque de la vie du personnage qu'ils étaient
\. Mime des Monuments français, u. 85 et 87.