‹ Monographie de l'église royale de Saint-Denis: tombeaux et figures historiquesChapitre 9 sur 102 · SITUATION DES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

SITUATION DES TOMBEAUX

Dans le sanctuaire, du côté de Vépitre, — Le tombeau du roi Dagobert l**", mort en 638, et les deux statues de pierre de liaii , Tune couchée, l'autre en pied , et celle de la reine Nantilde , sa femme , en pied.

On a été obligé de briser la statue couchée de Dagobert , parce qu'elle faisait partie du massif du tombeau et du mur : on a conservé le reste du tombeau , qui représente la vision d'un ermite , au sujet de ce que l'on dit être arrivé à l'âme de Dagobert , après sa morf", parce que ce morceau de sculpture peut servir à l'histoire de l'art et à celle de l'esprit humain.

Dans la croisée du chœur ^ du côté de l'épître, le long des grilles. — Le tombeau de Clovis lî , fils de Dagobert, mort i*n 66i *. Ce tombeau était de pierre de liais.

Celui de Charles Martel, père de Pépin, morl en 741. Il était en pierre. Celui de Pépin, son fils, prcFtiier roi de la deuxième race, mort en 768. À côté, celui de Berthe ou Ber- Irade, sa femme, morte en 783.

Du côté de révangile , le long des grilles* — Le tombeau

1^11 f xuie quelques différences dans Tindication des dates, entre les notes sur les exbttflttlioDs et une inscription expiatoire dont nous parlerons plus loin en drtail. Noos M bous etiargerous pas de les expliquer. La mort de Clovis 11 est liée kl s l'année 663. L'inscription dit 6S5. Le président Hécanlt, dans son abr«f é clvo«ok>fiqBe, donne la date de 660.

de Carloman , fils de Pépin , et frère de Charlemagne, mort en 771 ; et celui d'Hermentrude , femme de Charles le Chauve , à côté, laquelle mourut en 869 ; ces deux tombeaux en pierre.

Du côté de Vépitre. — Le tombeau de Louis III, fils de Louis le Bègue , mort en 882; et celui de Carloman, frère de Louis III , mort en 884. L'un et l'autre en pierre.

Du côté de V évangile, — Le tombeau d'Eudes le Grand , oncle de Hugues Capet, mort en 899; et celui de Hugues Capet, mort en 1033*.

Celui de Henri I«', mort en 1060 ; de Louis VI, dit le Gros, mort en 1137; et celui de Philippe, fils aîné de Louis le Gros, couronné du vivant de son père , mort en 1131 .

Celui de Constance de Castille, seconde femme de Louis VII, dit le Jeune, morte en 1159.

Tous ces monuments étaient en pierre , et avaient été construits sous le règne de saint Louis , au xiii« siècle. Us contenaient chacun deux petits cercueils en pierre , d'environ trois pieds de long , recouverts d'une pierre en dos d'âne, où étaient renfermées les cendres de ces princes et princesses.

Tous les monuments qui suivaient étaient de marbre, à l'exception de deux qu'on aiira soin de remarquer; ils avaient été construits dans le siècle où ont vécu les personnages dont ils contenaient les cendres.

Dans la croisée du chœur, du côté de Vépitre. — Le tombeau de Philippe le Hardi , mort en 1285, et celui d'Isabelle d'Aragon, sa femme, morte en 1272. Ces deux tombeaux étaient creux et contenaient chacun un coffre de plomb, d'environ trois pieds de long sur huit pouces de haut. Ils renfermaient les cendres de ces deux époux*.

1. La mort de Hugues Capet est arrivée le 21 octobre 996 (Hénaut).

2. On remarquera que les cercueils de saint Louis, de son chambellan Pierre, de Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon, n'étaient que des coffres propres à con-

Celui de Philippe lY, dit le Bel , more en 13U.

Côté de l'évangile,— Louis X, dit le Hutin, mort en 1316, et celui de son fils posthume (Jean, que la plupart des historiens ne comptent pas au nombre des rois de France) mort la même année que son père, et quatre jours après sa nais^nce, pendant lequel temps il porta le titre de roi.

Aux pieds de Louis le Hutin , Jeanne , reine de Navarre , sa fille, morte en 1349.

Dans le sanctuaire^ du côté de l'évangile. — Philippe V, dit le Long, mort le 3 janvier 1321 ; avec le cœur de sa femme, Jeanne de Bourgogne, morte le 21 janvier 1 329 ; Charles IV, dit le Bel , mort en 1 327, et Jeanne d'Évreux , sa femme , morte en 1370.

Chapelle de Notre-Dame la Blanche, du côté de répitre,

— Blanche, fille de Charles le Bel , duchesse d'Orléans, morte en 1392, et Marie, sa sœur, morte en 1341 ; plus bas, deux effigies de ces deux princesses, en pierre , adossées aux piliers de rentrée de la chapelle.

Dans te sanctuaire * de cette chapelle, côté de Vévàngile.

— Philippe de Valois, mort en 1351 , et Jeanne de Bourgogne, sa première femme, morte en 1 348.

tfiiir il peine le corps d'an enfant. C'est qne ces personnages étant morls à de piodes distances de Saint-Denis, ou avait apporté seulement leors os à Icor sepoltore définitive, après en avoir séparé les chairs. Celles de saint Lonis furent iflhamées i Montréal et celles de Philippe le Hardi dans la cathédrale de Narbonne. Ponr pratiquer cette opération , il était d'usage de faire bouillir le corps dans de l*eaa et du vin, ou seulement dans de l'eau salée. Legrand d'Aussy Sefwliures nationales) rapporte que Boniface Viil défendit, sous peine d'excomntmiratioD, de traiter ainsi les cadavres, mais que Benoit XI, le successeur de ce pape , pemii d'employer ce moyen pour les princes et princesses de la maison ro>ale dont les corps ne pourraient être que difficilement transportés an lieu de leur sépallore .

I. I^s tombeauT indiqués ici comme étant placés dans le sanctuaire de la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche, se trouvaient dans le collatéral voisin au pied du premier pilier de l'abside.

58 MOMOURAPHIE

Blanche de Navarre, sa deuxième femme, morte en 4398. Jeanne , fille de Philippe de Valois et de Blanche , morte en 4373; plus bas, deux effigies en pierre, de Blanche et de Jeanne, adossées aux piliers du bas de ladite chapelle.

Chapelle de Saint Jean- Baptiste , dite des Charles.-— Charles V, surnommé le Sage, mort en 4380, et Jeanne de Bourbon, sa femme, morte en 4378.

Charles VI , mort en 4 422, et Isabeau de Bavière, sa femme, morte en 4435.

Charles Vil , mort en 4 464 , et Marie d*Anjou , sa femme , morte en 4463.

Revenus dans le sanctuaire, du côté du maHre-autel, cdté de révangile , le roi Jean , mort en Angleterre , prisonnier, en 4364'.

Au bas du sanctuaire et des degrés, du côté de Tévangile, le massif du monument de Charles VIII , mort en 4 498 , dont Teffigie et les quatre anges, qui étaient aux quatre colos, avaient été retirés en 4792, a été démoli le 8 août 1793.

Dans la Chapelle de Notre-Dame la Blanche, étaient les deux effigies , en marbre blanc , de Henri II , mort en 4 559 , et de Catherine de Médicis, sa femme, morte en 4589; Tun etTautre revêtus de leurs habits royaux , couchés sur un lit recouvert de lames de cuivre doré, aux chiffres de Tun et de Tautre, et orné de fleurs de lis. Dans la chapelle des Charles, le lombeau de Bertrand Duguesclin, mort en 4380.

Nota, Ce tombeau , qui n'avait pas été compris dans le décret, avait été détruit par les ouvriers le 7 août; mais on a rapporté son effigie dans la chapelle de Turenne, en attendant qu'il fût transporté à sa destination.

Nota. Les cendres des rois et reines , renfermées dans les

I. L'ioscriplion expiatoire donne U date de 1373. Celle de 1864 est to

véritable.

DB SAINT-nSNIS. 5^

cercueils de pierre ou de plomb des tombeaux creux , mentionnée ci-dessas , ont été déposées dans l'endroit où avait été érigée la tour des Valois, attenant à la croisée de Téglise , du côté du septentrion, servant alors de cimetière. Ce magnifique monument avait été détruit en 4719.

L*on n'a trouvé que très-peu de choses dans les cercueils des tombeaux creux ; il y avait un peu de fil d'or faux dans celui de Pépin. Chaque cercueil contenait la simple inscription du nom, sur une lame de plomb, et la plupart de ces lames étaient fort endommagées par la rouille.

Ces inscriptions, ainsi que les coffres de plomb de Philippe le Hardi et d'Isabelle d*Aragon , ont été transportés à THÔtel de Ville, et ensuite à la fonte. Ce qu'on a trouvé de plus remarquable est le sceau d'argent, de forme ogive, de Constance de Castille, deuxième femme de Louis VII, dit le Jeune, morte en 4 460 ' : il pèse trois onces et demie ; on l'a déposé à la municipalité pour être remis au cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale.

Le nombre des monuments détruits du 6 au 8 août 4793, au soir, qu'on a fini la destruction, monte à cinquante-un; ainsi , en trois jours, on a détruit l'ouvrage de douze siècles.

P, S. Le tombeau du maréchal de Turenne , qui avait été conservé intact, fut démoli en avril 4796 , et transporté aux Petits- Augnstins, au faubourg Saint-Germain, à Paris, où l'on rassemble tous les monuments qui méritent d'être conservés pour les arts.

L'église, qui était toute couverte en plomb, ne fut découverte , et le plomb porté à Paris , qu'en 4795 ; mais le 6 septi*mbre 4796 on a apporté de la tuile et de Tardoise de Paris, pour, disait-on , la recouNrir afin de conserver ce magnifique monument.

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