‹ Monographie de l'église Saint-Maclou de PontoiseChapitre 14 sur 24 · INSCRIPTIONS DES CLOCHES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DES CLOCHES

On ne possède aucun renseignement sur les cloches de Saint-Maclou antérieures au xvic siècle. La plus ancienne mention relative aux cloches de l'église remonte à Tannée i5 14. En effet, la fabrique lit refondre à cette époque une cloche nommée Barbe <■> et une cloche nommée Gabriel par les soins de deux fondeurs qui s'appelaient Guillaume Le Tourneur et Pierre Le Bailly, moyennant la somme de io5 livres <2). Cette dernière cloche fut refondue à son tour en 1777, mais nous avons retrouvé dans les papiers de M. Pihan de la Forest le texte de son inscription :

■fôniCCaxunc £e ^Tournent- et pierre Ce ISaiffy, potticre b'étain me fkent fan mccccc et yiiii

affm qui fut par tout nouveffe

que je n'ay pae perbu mon nom

coin6ien que je fope nouveffe

toujours bc ifj>a6rief ap fe nom.

(1) Bibliothèque de la ville de Pontoise, registre manuscrit n° 2855, fol. 4<j.

(2) Ibid. fol. Si.

— i32 — Un marché passé devant Jean Alix, notaire à Pontoise, nous apprend que les mêmes entrepreneurs furent chargés de refondre, dans le cours de Tannée i5i5, une cloche nommée Marie. Ils devaient recevoir 44 livres pour le prix de leur travail <'*. Cette cloche se brisa en i653; elle fut envoyée à la refonte et reçut la nouvelle inscription suivante : <2>

LAN MIL VCCLIII JE FVS FAITE PAR LES PAROISSIENS DE SAINT MACLOV DE PONTOISE ET SVIS NOMMEE MARIE

Nous avons mentionné, dans le chapitre consacré à l'histoire de l'église, les baptêmes de cloches qui eurent lieu à Saint-Maclou en 1728, en 1735 et en 1777 l3*. Les détails que nous avons donnés à ce sujet nous dispensent d'en faire un nouveau récit. La tour de l'église, qui renfermait sept ou huit cloches au moment de la Révolution, en contient actuellement trois. La plus petite est datée de i543, mais nous avons lieu de croire qu'elle ne faisait pas partie de l'ancienne sonnerie. Elle fut achetée en 1808, à Paris, par la fabrique, moyennant la somme de 1220 fr. M et porte cette inscription en caractères gothiques :

fan 111 vc ^fïiï fut èenite et nommée cfop. tÇe. ma.

Diamètre, om 80

M. Léon Thomas, dans son article sur les cloches de Saint-Maclou *5), est d'avis qu'il faudrait peut-être lire Clère au lieu cTElqy, mais le texte de l'inscription est bien tel que nous l'avons reproduit.

La lanterne du clocher contient une cloche beaucoup plus importante qui remonte également au xvie siècle. Cette cloche est fixe, elle ne pourrait pas, du reste, être mise en branle à cause de l'étroitesse de la cage

(1) Bibliothèque de la ville de Pontoise, registre manuscrit n° 2855, fol. 5i v°.

(2) Ibid. fol. 49.

(3) Cf. p. 40, 41 et 52.

(4) Arch. de l'église, registre des délibérations de la fabrique (i8o5-i83o), fol. 29.

(5) Chroniques rétrospectives sur Pontoise, p. 1 1 1 .

— i33 — du dôme. Elle était autrefois suspendue dans la tour de l'hôtel de ville, et c'est seulement vers 1775 qu'elle fut installe'e dans la lanterne du clocher de Saint-Maclou pour servir de timbre à l'horloge. Au-dessous de ses anses, elle porte une inscription ainsi conçue :

Van mit vc fini fee Cjaèitante 6e pontoife ciifemGfc teunie me ont faict fonbvc et icy mettre et pat eufv fuie nomme fienrp

Diamètre, 1 m 58

Suivant une opinion longtemps accréditée, un vers latin bien connu par son harmonie imitative aurait été gravé sur la cloche du dôme :

Unda, unda, iinda, unda, unda, unda, unda, accurrite, cives.

Nous ne savons comment une assertion aussi erronée a pu prendre naissance, mais elle a été reproduite par presque tous les auteurs qui se sont occupés de l'église, notamment par Dulaure <'• et l'abbé Trou i2'. M. Pihan de la Forest avait cependant laissé dans ses notes une copie de la véritable inscription. M. Léon Thomas a démontré qu'il ne fallait pas ajouter foi à une semblable légende et nous avons également constaté que l'inscription si vantée n'avait jamais existé.

La troisième cloche porte la date de 1733, mais elle ne fut fondue qu'en 1735 par un maître fondeur de Paris nommé Claude Renault, moyennant la somme de 1600 livres, comme le prouve un marché passé le 19 juin de la même année <3). Cette erreur s'explique par une de ces transpositions assez fréquentes dans les caractères moulés sur les cloches. Voici l'inscription qu'elle porte sur ses flancs :

(1) Histoire des environs de Paris, t. III, p. 124.

(2) Recherches historiques, archéologiques et biographiques sur Pontoise, p. 95.

(3) Cf. pièce justificative n<> XXIII.

LAN 1733 JE FVS NOMMEE LOVISE PAR TRES HAVTE TRES PVISSANTE

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