CHAPITRE PREMIER
du Roi en la sénéchaussée et siége présidial de Lyon, et Hugues Blauf,
eigneur de la Maison-Forte de Vourles et de la Côte-sur-Brignais;
En 1652 : Mathieu Chappuis, Hugues Blauf, Hiérome Chausse, conseiller du Roi, ancien président en l'élection de Lyonnais, et Armand Dalichoux;
Enfin, en 16$3 : Hiérome Chausse, Armand Dalichoux, François de Meaux, sieur des Chanaux, conseiller du Roi en la sénéchaussée et siége présidial de Lyon, et Nicolas des Vignes, sieur des Per
A défaut des détails biographiques qui nous manquent, il nous à paru indispensable de faire
res, conseiller du Roi et contrôleur aux gabelles de Mäconnais.
connaître les noms et les titres de ces hommes dont le dévouement à la chose publique, dans leurs
fonctions si passagères, n’attendait pas d'autre récompense que la satisfaction qui s'attache au devoir
accompli
Pour le temps où elle a été entreprise, surtout, l'œuvre de lHôtel-de-Ville de Lyon était
considérable, et comme les admini
strateurs de cette époque entraient dans le détail de toutes les opérations et de tous les marchés, bien plus que cela ne se fait de nos jours pour des ouvrages F 8
analogues, que plusieurs d’entre eux ont été commis, ainsi que nous le verrons, à la surveillance
particulière et détaillée des travaux, il est très-certain que pendant la première période de la construction, comprenant environ quatre années, du 14 juillet 1646 au 13 septembre 16ç50, et pendant
la seconde, qui a duré jusqu'à la fin de 1652, le Consulat a dû faire preuve dune grande
persévérance et d'une extrême fermeté pour lutter contre des difficultés toujours nouvelles et mener à bonne fin l’entreprise.
Les entrepreneurs de maçonnerie paraissent avoir occasionné le plus grand nombre de ces difficultés par leur résistance aux ordres que le Consulat leur donnait ou par leur mauvaise foi
Dès le 11 avril 1647, nous trouvons la minute d’une sommation qui leur a été faite en raison des retards qu’ils apportaient dans leurs travaux, faute d'ouvriers et d’approvisionnements suffisants. Le Consulat menace les entrepreneurs de faire faire ces approvisionnements lui-même et à leurs frais, en les rendant responsables en même temps de tous les dommages et intérêts que nécessiterait eur conduite.
Le 26 avril, nouvelle sommation qui rappelle celle du 11,1e Consulat se plaint toujours du manque
d'ouvriers, de ce qu'on taille au chantier des pierres qui sont pour d’autres édifices que pour
‘Hôtel-de-Ville, et constate une série de défauts dont il demande le redressement, en ajoutant qu'à toutes les observations faites aux sieurs Daurolles et Chana, maçons, ceux-ci « semblent se mocquer et en abuser, au grand destriment de la chose publicque de la ville et communaulté de Lyon. »
La sommation termine en réclamant aux entrepreneurs de mettre le nombre d'ouvriers nécessaire
en maçons, sculpteurs, tailleurs de pierre et manœuvres; de faire fournir tous les matériaux que réclame la continuation des ouvrages, et d'ajouter un ou deux directeurs (contre-maîtres ou
piqueurs) pour l’ordre de la besogne, conformément au traité, le tout aux frais et dépens des
entrepreneurs, « mesme de les contraindre solidairement et par corps à desbourser les desniers qu'il conviendra pour le paiement du tout. » Cette sommation porte la signature de Maupin parmi celles du Consulat et des témoins qu’il a requis à cet effet.
Quelques jours après, le 30 avril, une nouvelle signification est encore faite à Daurolles et à
Chana, à la requête des consuls, pour se plaindre de ce qu'ils font exécuter des travaux de fondation autres que ceux qui sont convenus et à leur insu, leur enjoignant de cesser ces travaux et de travailler au contraire à ceux qu'ils sont tenus de faire d’après leur prix fait.
Il est évident que ces entrepreneurs n'étaient pas faciles à conduire, puisque, le 4 mai, Rémond
Séverat, sergent-major de la ville, et François Basset, tous les deux échevins, assistés de Simon Maupin, déclarent, par une nouvelle sommation, qu'ils se sont transportés sur le chantier des
travaux pour savoir s'il y avait la quantité d'ouvriers nécessaire et si les entrepreneurs exécutaient
fidèlement leur prix fait, et ils déclarent que, malgré la sommation et les défenses verbales déjà faites, ceux-ci continuent à faire travailler à une fondation qu’il leur a été interdit d'exécuter, et qu'ils
y emploient du gravier de mauvaise qualité tiré de cette même fondation; ils déclarent que le
chantier n’a pa , d'ouvriers et protestent, « tant du retardement de l’œuvre que des manquements
et défaults qui pourront cy-après arriver par l'employ que les dicts entrepreneurs ont faict et font des graviers et sable autres que ceux du Rhosne et chaux autre que celle de Vaize, et aussi des mauvaises pierres de taille qui ont été posées aux dicts édifices et bastimens, désignées en autre acte de visite et protestations faictes, etc. »
Cette pièce porte la signature de Séverat et Basset, échevins, et de S. Maupin, voyer.
Deux nouvelles sommations, des 14 juin et 8 août 1647, reconnaissent, la première, que les
entrepreneurs posent sur les larmiers des caves (le soub
ement) des :
ière-couvertes qui ne leur ont
pas été demandées, et qui ne seront ni toisées ni payées par le Consulat; qu’en outre, ils emploient dans ce même soubassement de la pierre appelée choin, tandis qu'ils ne doivent employer que de
la pierre de Saint-Cyr (gros banc) jusqu'à la première corniche. La sommation ajoute que parmi celle
de Saint-Cyr posée il y a beaucoup de délits, et qu’elle n’est ni recevable ni conforme à ce qu'ils doivent fournir, et enfin conclut à ce que les pierres défectueuses soient démolies partout où elles
auraient été posées.
La seconde sommation, celle du 8 août, enjoint au sieur Daurolles de faire enlever une corniche qu’il a faite en pierre noire de Saint-Cyr, et de la remplacer par d'autre de couleur grise, « de la mesme sorte et condition de celle déjà posée au pavillon du costé du vent. »
Voilà six sommations faites du 11 avril au 8 août, ce qui prouve combien l'œuvre était prise au sérieux par le Consulat, et combien les entrepreneurs de maçonnerie exigeaient de surveillance. Les architectes remarqueront que les choses se passent à peu près de même à notre époque et à Lyon en particulier, où les mêmes matériaux qui ont servi à l’Hôtel-de-Ville sont toujours en usage; les mêmes résistances sont souvent à déplorer dans les travaux et les mêmes réclamations à faire.
Malheureusement, on peut constater que les travaux de maçonnerie, dans l'édifice qui nous occupe,
ont été en général négligés, malgré toute la surveillance que le Consulat exerçait ét voulait exercer.
Mais peut-être cette surveillance sest-elle lassée quelquefois, où devenue plus difficil lorsque les murs se sont élevés davantage; a-t-elle eu lieu à des intervalles plus éloignés? Au surplus, nous
entrerons sur ce point dans quelques détails plus circonstanciés lorsque nous aurons à traiter de
la construction proprement dite de l’édifice, à propos des dive restaurations qui s’y sont faites.
Cette négligence des entrepreneurs dans leurs travaux est constatée par une nouvelle protestation du Consulat, en date du 27 juillet 1649, dans laquelle il déclare que les entrepreneurs exigeant que les pieds-droits des croisées qui n’ont que huit pouces d'épaisseur soient mesurés comme s'ils en avaient quinze, il ordonne une visite des pierres de taille qui forment ces pieds-droits, pour dresser sur leur emploi un rapport qui servira à en établir le toisage. Le prévôt des marchands reproche en même temps aux entrepreneurs leur négligence dans leur travail, ce qui retarde et empêche la couverture du bâtiment.
Sans nous arrêter à une sommation faite par le Consulat aux entrepreneurs, le 31 mars 1650, il nous paraît important de reproduire en son entier une nouvelle protestation en date du 20 juillet
suivant, parce qu'elle rend compte tout à la fois et du point où en étaient arrivés les travaux, et de