‹ Monographie de l'Hotel-de-ville de Lyon. Restauré sous l'administration de M. M. Vaïsse et Chevreau, senateurs. Accompagnée d'un texte historique et descriptifChapitre 12 sur 43 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lopiniâtreté de Daurolles. « Les Prevost, etc., ayant été advertis que, bien qu'ilz aient plusieurs et

diverses fois verbalement sommé et interpellé Benoît Daurolles de travailler incessamment au dosme

et cheminées de la grande salle du dict bastiment, attendu que par le défaut du dict travail les

charpentiers, couvreurs, plombiers et autres ouvriers ne peuvent travailler ni parachever les couvertz

de la dicte salle et pavillons joignans, ce qui porte un notable préjudice au dict bastiment, outre

et al

que, par le prix faict de la dicte œuvre, qui lui a esté pa i à Claude Chana, il est

expressément porté qu’ilz commenceront le dict bastiment par les corps de logiz regardant sur la

stant en salles

place des Terreaux, cons dosme, galerie et pavillons destinez pour les fonctions du

Consulat et des j

s de police de la dicte ville, et les continueront sans interruption, ny pouvoir fonder et élever les autres corps de logiz du dict Hostel que ceux-là n’aient esté bastis et parachevez; neantmoins, le dict Daurolles, par dérision du Consulat et une pure malice et méchanceté, au lieu de travailler au dict dosme et cheminées, a faict, contre la teneur du dict prix faict, eslever l’aisle du dict bastiment du costé de Bize, n’a faict travailler en aucune façon que ce soit au dit dosme, cheminées et autres ouvrages qu'il est tenu de faire, et parachever avant pouvoir commencer la dicte aisle, et même ne tient le nombre des ouvriers qu’il est obligé par le dit prix faict, etc. »

Le Consulat termine en sommant Daurolles d'exécuter les conventions, en employant le nombre d'ouvriers nécessaire, et d'achever les travaux du dôme et les cheminées de la grande salle avant toute autre œuvre, à faute de quoi il mettra des ouvriers à ces travaux, aux risques et périls des entrepreneurs. La sommation que nous venons de reproduire était du 20 juillet; le 30 du même mois, le Consulat, ne pouvant vaincre l’opiniätreté de Daurolles, ordonnait à Claude Chana, le second entrepreneur, de s'occuper sur-le-champ des travaux dont il vient d'être question, « et ce à peine contre le dict Chana d’estre expulsé du dict prix faict. »

Nous avons suflisamment démontré, par les citations précédentes, toutes les difficultés que rencontraient les échevins devant le mauvais vouloir des entrepreneurs de la maçonnerie et pierre

de taille, et en particulier de celui de Daurolles; mais la résistance de cet ouvrier pouvait bien

provenir aussi des difficultés qu'il éprouvait pour se procurer, à cette époque, les matériaux

ires, et surtout la pierre de taille, cette dernière provenant pour la plus grande partie de Seyssel, dont les carrières sont situées sur les bords du Rhône, à cent vingt kilomètres au-dessus

de Lyon. Le fleuve, qui navait pas encore reçu dans son cours les améliorations qui y ont

été faites depuis, devait plus encore qu'aujourd'hui présenter dans le régime de ses eaux de

continuelles irrégularités; le passage du Sault notamment était fort dangereux, et lors des eaux fortes comme pendant les eaux basses, Îes transports devaient avoir À subir de nombreux chômages.

Cependant il ressort de la sommation du 20 juillet 16ç0, que le corps de logis central et les { Sr Ne] F 8

pavillons allaient se couvrir; cela formait plus du tiers de l’édifice, et depuis le 14 juillet 1646, date du premier marché passé: avec les entrepreneurs, c’est-à-dire en quatre années, toute cette partie du monument avait été élevée. Il ne nous semble donc pas que ce laps de temps ait été beaucoup trop considérable pour un pareil travail, et il ne serait peut-être pas juste d’imputer uniquement à la mauvaise volonté ou à limpéritie des entrepreneurs les retards

que la construction a pu subir. Leur responsabilité, et malheureusement aussi celle des directeurs

et des surveillants de l’entreprise, nous parait bien plus engagée par les défauts de construction,

que nous aurons à

naler plus loin, que par la marche même des travaux.

Nous avons laissé le récit des traités passés par le Consulat pour la construction, au moment

où ce dernier venait de faire, le 22 septembre 16$0, un nouveau marché pour l'exécution des

Page 1