CHAPITRE PREMIER
« Le présent répartement pour le logement des susdicts officiers, a esté ainsy arresté, sans
qu'aucun autre officier de la dicte ville puisse y prétendre aucune place ny logement en vertu
de sa charge, pour de bonnes et fortes considérations qui ont meu (müû) le Consulat à la délibération du présent acte. »
Avant de clore ce chapitre, nous devons expliquer certaines fonctions dont les noms figurent dans le récit qui précède et qui n’ont plus d'analogues aujourd’hui.
La chambre de la Santé était composée d’un certain nombre de membres, qualifiés du titre de
commissaires de la santé. Ils étaient à la nomination du Consulat et avaient pour mission de s’assembler, soit en temps de contagion ou simplement d'épidémie, soit préventivement pour
délibérer sur les mesures à prendre afin de combattre le mal ou le conjurer.
Cette institution fut supprimée vers le milieu du XVII siècle, lorsqu'on eut perdu toute crainte de voir le retour de la peste ou de quelque autre fléau analogue.
Le Consulat, qui s'était préoccupé, sans cesse et avec une vive sollicitude, de l’approvisionnement de Lyon, fut, pour cet objet, autorisé en tout temps à tirer des grains, tant de l’intérieur du
royaume que de l'étranger. En 1580, les échevins établirent un Grenier d'abondance, dont les
membres (parmi lesquels se trouvait un trésorier) étaient char d'aviser aux moyens les plus prompts et les plus énergiques pour prévenir la disette, et de faire en conséquence acheter des blés dans toutes les directions.
L'origine des droits de Resve et Foraine est fort ancienne et précède l'établissement des droits de Douane. Concédés au corps consulaire de Lyon pour en jouir à perpétuité comme d’un bien patrimonial, les droits de Resve, Foraine et haut Passage se levaient sur les marchandises qui
entraient dans la ville et en sortaient, hors de ses quatre foires annuelles.
CEPAPDPRE ADEUSCHENMTE
-5 Consulat ayant pris possession du nouvel édifice, devait pouvoir surveiller de plus
\ près les travaux qu'il restait à faire, et nous le voyons, dans une délibération du ( 1}
PS personnes entendues, sur ce que les entrepreneurs de maçonnerie mauraient pas
janvier 1653, s'émouvoir d'observations critiques qui lui auraient été faites par des
employé, pour le parement extérieur des murs de l'édifice, la pierre de taille avec une épai
eur
suffisante, mais seulement en placages n'ayant pas dans les murs une liaison convenable, et sur
les épaisseurs et qualités des bois de charpente qui n’auraient pas été conformes aux marchés. Le Consulat, pensant que la ville avait intérêt, pour la décharge de sa conscience, à faire reconnaître
s'il y avait eu des malversations aux constructions ou des erreurs au toisage, jugeait néces
saire d’y
pourvoir; et ayant fait savoir par la ville si quelqu'un voulait faire à ses frais et dépens une
e et reconnaissance générale des travaux, le sieur Philibert Ganya s'était offert pour cette
opération.
Il ne nous est pas possible de connaître, d'après les documents existants, la suite qui fut donnée à cette proposition du sieur Ganya; peut-être ne faut-il voir dans la délibération précédente
que le désir qu'avait le Consulat de dégager sa responsabilité en donnant à l'opinion publique la
> a satisfaction qu’elle paraissait réclamer. Il pouvait ainsi faire tomber les bruits malveillants qui avaient couru, et qui du reste avaient bien quelque fondement, comme il nous a été donné de Je reconnaitre.
Il est certain que l’entreprise de maçonnerie de cet édifice a causé beaucoup de souci au Consulat jusqu’à la fin des travaux, nous l’avons constaté par toutes les sommations qu'il a faites aux maitres maçons et en particulier à Daurolles, et par toutes les délibérations qu'il a prises. Pour en finir sur ce chapitre, nous allons faire connaître une nouvelle signification en date du 29 janvier 1654, dans laquelle le Consulat se plaint toujours, non-seulement de la lenteur des travaux qui devaient être achevés, aux dernières fêtes de Pâques, jusqu’au jambage à l’ouest de la grande
porte donnant sur la cour de l’Arsenal, ce qui navait pas eu lieu, mais encore qu'on soutenait que « de la part des prix facteurs il y avoit des grands manquemens et abus en la dicte « construction par eux faicte, directement contraires à ce qu'ilz sont obligéz par leur prix faict et
« par le dict acte consulaire du 27 juin 1652. » Le Consulat ajoutait qu’en faisant toutes réserves tant sur les malversations que sur les erreurs de calcul dans les toisés que l’on disait exister, il enjoignait aux entrepreneurs d’avoir terminé toutes les œuvres de maçonnerie renfermées dans leur premier marché de 1646, Daurolles à la fin de décembre et Chana à la fin d'octobre de l'année courante, sous peine de ne plus recevoir que 35 sols du pied de la pierre de taille, et 9 livres de la toise de muraille pour les ouvrages qui resteraient à faire après les époques fixées.
Ce nouveau contrat fut accepté par les maîtres maçons, qui se remirent à l'œuvre et
nouvelle sommation de la part du Consulat. Cependant les travaux
probablement terminèrent s de ces entrepreneurs ne furent reconnus officiellement que le 4 janvier 1657, après une visite de Justinien Croppet et Noël Costart, échevins. Ceux-ci déclarèrent que les travaux leur avaient paru conformes à ce qui avait été convenu dans le marché, qu’ils les tenaient pour dûment
parachevés, et qu'il y avait lieu dès lors de leur remettre le solde de leur entreprise, dont le
montant total, d'après les toisés fa s'élevait à la somme de 768,560 livres 9 sols et 11 deniers.
Nous avons reconnu plus haut que les travaux d'art et de décorations intérieures avaient marché de pair avec ceux de grosse construction; ainsi, à la date du 9 mars 16ÿ$, nous savons, par une délibération du Consulat, que la grande salle était entièrement décorée, à l’exception de la voûte qui la recouvrait, laquelle, « demeurant nue et même taschée en divers endroitz, ainsi qu'on le « voit aujourdhuy, ne respondoit pas à la magnificence du reste de la dicte salle, où l’on avoit « employé toute l'adresse de l'art dans les statues et autres ouvrages que l’on remarque au dessoubz
de la corniche, et qui font que la dicte voulte estant ainsy imparfaite desplait aux yeux qui ne
ce
« peuvent souffrir un si grand dèfaut dans un lieu aussi magnifique, et partant qu'il serait « nécessaire de faire peindre la dicte voulte à l’huile, par les mains les plus scavantes que l’on pourroit trouver. Les dits sieurs (le Prèvost et les Echevins) auroient considéré toutes ces choses et mesme jugé que la dicte peinture proposée estait d'une extrème bienséance pour rendre cette grande salle entièrement accomplie; mais ayant d’ailleurs examiné ce que pourroit couster l'exécution de ce desseing, ils auroient arresté de la suspendre pour quelque temps, vu l’estat où se trouve à présent réduite cette communaulté, laquelle est surchargée de tant d'autre dépense
qu'il lui faut essuyer pour lachévement de ce grand bastiment qu’elle a entrepris, outre ce
« qu’elle est obligée de faire présentement pour sexempter des taxes et autres nouveaultéz qui lui sont suscitées par la malice et l'avidité des traitans, et par conséquent ils auroient renvoyé les « susdictes propositions jusqu'à quelque autre temps qui pourroit produire une conjoncture plus « favorable. »
« M# l’Archevesque (Camille de Neufville, abbé d’Ainay, était devenu archevèque de Lyon, en « remplacement du cardinal Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu), lequel avec MF le Mareschal,
son frère, a esté le principal mobile pour l’entreprise, le progrès et l’accomplissement de ce bel
« édifice, auroient trouvé à propos et même invité et pressé les dicts sieurs, par diverses fois, de
faire travailler incessament à la dicte peinture, et de ne point retarder l’entreprise d’un ouvrage
si absolument nécessaire pour la décoration de la dicte grande salle, en quoi comme en toutes
autres choses, le Consulat voulant tesmoigner la déférence qu’il a et qu'il veut rendre éternellement
aux volontez du dict seigneur Archevesque, il auroit résolu de voir un desseing ci-devant à lui