‹ Monographie de l'Hotel-de-ville de Lyon. Restauré sous l'administration de M. M. Vaïsse et Chevreau, senateurs. Accompagnée d'un texte historique et descriptifChapitre 20 sur 43 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Mais, par le mot tableaux, le Consulat avait sans doute voulu désigner autre chose que des

portraits, quoique la tradition en soit restée et que le fait ait été répété dans plusieurs ouvrages;

cadres, qui subsistent encore, sont de dimensions trop restreintes pour avoir jamais pu recevoir autre chose que des armoiries (1), tirées de la publication spéciale qui était distribuée, chaque année, aux Echevins en charge, sous le nom de Fleurs armoriales consulaires, ou seulement des légendes ou des inscriptions.

La véritable salle des Portraits était la salle Henry IV, placée sur la façade des Terreaux et dans

le pavillon du Nord; c’est Ià que se trouvaient les portraits des personnages importants qui avaient

occupé des fonctions municipales, réunis à ceux des princes, des archevêèques de la cité et des gouverneurs de la Province.

Le 16 mai de l’année suivante, le Consulat faisait un second marché avec Laurent Lor et Jean Bourdit, maitres menuisiers, pour le plafond de la chambre d'audience de la Conservation (2), qu'ils devaient exécuter en bois de sapin et en assemblage et la sculpture en bois de « tillot » (tilleul).

Ils étaient chargés encore de faire un cadre à la cheminée en bon bois de chêne, le tout conformément aux dessins (3) joints au marché, moyennant la somme de 3,400 livres pour le tout, sans la sculpture.

Il se trouve, en outre, dans tout le pourtour de la salle de la Conservation, un lambris général qui doit être de la même époque, mais pour l’exécution duquel on ne trouve pas de marché écrit ; ce lambris existe encore avec de grands panneaux vides qui ont sans doute renfermé autrefois des tapisseries. La planche 39 donne le côté de cette salle où se trouve la cheminée, mais celle-ci est moderne et date des derniers travaux de restauration, l’ancienne cheminée ayant disparu sans laisser aucune trace.

Un mémoire de dépense, présenté au Consulat par Pauthot et Blanchet et qui a été conservé,

nous fait connaître la somme exacte qu'ont coûté les peintures d'histoire du plafond de cette sal

et les peintures de décoration et dorures qui les accompagnaient, tant au plafond que sur les

lambris, les portes et les croisées. Ce mémoire fait monter la dépense totale à 5,820 livres, le grand tableau du centre représentant la Justice poursuivant les Vices, compté pour 1,800 livres, et

à Goo livres, le tout daté du

les quatre médaillons des angles figurant les quatre Saisons, estimés 31 décembre 1669 L'année avant, les deux artistes avaient traité pour 4,000 livres l'exécution de divers ouvrages de

peinture, « tant pour la voulte de la grand'salle du nouvel Hostel-de-Ville et pour l'inscription mise

« derrière la chapelle dudit Hostel, que pour un grand portraict du Roy, à cheval, posé sur la « cheminée de dicte grand’salle, ensemble pour deux crucifix (Christs en croix), au naturel, l'un pour « la chambre du Consulat, l’autre pour celle du conseil de la Conservation (4), et pour la dorure des

« deux cadres. »

{) C'est en ce sens que la restauration « vestibule a été entendue; elle renferme à hui, dans les anciens cadres, les armoiries de

tous les prévôts des marchands, depuis l'édit d'Henry IV, rendu en décembre 1f9ÿ, et portant la réduction du Consulat à un prévêt et

plus célèbres de 129

quatre échevins, jusqu'à la Révolution, et celles de tous les échevins à 788. (Voir les planches 46, 47-48, 49-fo

à planche 40

de ces nombreux dessins, dont il est fait mention

(3) Nous devons répéter ici ce que nous avons déjà dit, c'est qu'il ne reste plus aucun d

ru dès le siècle dernier; l'ancien inventaire des

dans la plupart des marchés passés avec les artistes et les entrepreneurs. C

archives de la ville en fait foi

(4) Ce tableau est conservé, il a été ré par les soins de M. Thierriat, peintre lyonnais, et il orne actuellement la salle d'audience du

Conseil de préfecture.

Le sculpteur Nicolas Lefebvre était chargé en même temps de la sculpture de ces cadres et il

tous les ornements sur bois nécessaires aux

exécutait aussi, mais un peu plus tard, en :

Archives, tels que festons de fleurs et de fruits, masques d'hommes et de femmes. Cet artiste a du reste exécuté à peu près toutes les sculptures sur bois qui ont été faites à l'Hôtel-de-Ville, pendant la longue période de sa construction.

Parmi les salles de ce monument, dont la décoration ancienne a été conservée jusqu’à notre époque, en tout ou en partie, nous n'avons pas encore fait mention d’une salle située sur la place des Terreaux et dans le pavillon Sud, appelée autrefois Salle de MM. de l'Abondance (aujourd’hui salle Louis XIIT), parce que nous n’avons pas rencontré de documents authentiques sur le moment de sa création. Cependant, son plafond (1) accusé, et dans le vieux style français, sa belle cheminée sculptée, nous font croire que cette salle, qui porte fortement l'empreinte de l’époque de Louis XIII, fut une des premières créées dans l'édifice, et qu'il ne faut pas reculer au-delà de 165$ l'époque où elle fut achevée.

Dans la salle placée dans le pavillon Nord et qui fait pendant à celle dont nous venons de

parler, avaient lieu les nominations des Echevins. Elle était appelée Salle des Portraits ou Salle Henry IV, et n’a été terminée que quinze ans plus tard. Ce fut seulement le 21 mai 1671 que le ÿ ue CI 1

Consulat traita de la menuiserie du plafond avec les entrepreneurs Jean Bourdet et Laurent Lor,

non compris la sculpture, pour la somme de 3,800 livres. Le Oo juin suivant, le Consulat, qui songeait à décorer ce plafond, fit avec ses peintres ordinaires un traité qu'il nous parait intéressant de donner en entier, en raison des différents détails qu’il renferme.

« Par-devant le notaire royal, etc., les Prevost des marchands et Eschevins, ez dictes qualitez,

« ont baillé et baïllent a prix faict a sieur Germain Pauthot, maistre peintre ordinaire de la ville

« et à sieur Thomas Blanchet aussy maistre peintre en cette dicte ville, présens et acceptans, les « ouvrages de peinture et dorure mentionnez cy-après, qu'il convient de faire en la Salle des « Portraictz, où se fait la nomination de MM. les Prevost des Marchands et Eschevins, étant dans « l’hostel commun de la dicte ville, Scavoir est : de mettre deux couches a huile de couleur « d'olive, sur toute la menuiserie du plafond de la dicte salle, avec des filets d’or, conformément « et à proportion de ce qui est marqué sur la sculpture et architecture, au dessein en papier, « qui a été ce jourd'hui paraffé par les parties; enrichir le grand cadre du dict plafond de deux « grands ornemens fints de sculpture, rehaussez d’or et garnis de cu s-de-lampe, les quatre parquets

« ornés d’oüees (de cygnes) fintes de sculpture, rehaussées d’or; mettre une couche de la dicte

« couleur d'olive tant sur la grande corniche que porte le plafond, que sur les cadres des portraictz, « cheminées, portes et fenestres ; faire des filets d’or aux endroitz necessaires de la dicte cheminée raictz tant de MM. du Consulat que de nos seigneurs les

« et a toutes les bordures des po « gouverneurs, et partie des sculptures qui sont autour et joignant les dicts portraitz; dorer une « baguette d’or bruni autour du tableau d'Henry IV sur la dicte cheminée, et finalement faire un « grand tableau (2) dans le dict plafond d'environ trente piedz de long sur vingt de large, suivant

« le dessein sur toile de l'invention et de la main du dict sieur Blanchet (3) qui a été parafté

« ce jourd’huy par les dictes parties. Tout lequel ouvrage sera faict avec les proportions requises, etc.

(1) Nous donnons, planche 62-63, la vue perspective du plafond de cette salle dont la peinture seule est moderne, et, planche 61, le côté

de la chemi celle-ci seule est ancienne, le reste, composé des boiseries et dés tentures exécutées en étoffes de soie, d'après un vieux

le l'Hôtel, date des derniers travaux de restauration

morceau d'étoffe trouvé dans les grenier

té dans notre planche n° f4, improprement désignée par le n° f2

(2) Le tableau est représ

(3) Le dessin existe aux archives municipales

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