‹ Monographie de l'Hotel-de-ville de Lyon. Restauré sous l'administration de M. M. Vaïsse et Chevreau, senateurs. Accompagnée d'un texte historique et descriptifChapitre 25 sur 43 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

et architecte ordinaire des bâtiments du Roi, de Cotte (1), pour le remplacer à Lyon, et l'y envoya porteur des dessins du piédestal de la statue équestre de Louis XIV, que le Consulat voulait faire élever sur une de ses places publiques, et de ceux nécessaires au rétablissement de la façade

de l'Hôtel-de-Ville, à la réfection de la grande salle, et enfin à toutes les autres réparations

nécessitées par l’incendie de 1674.

Dans sa délibération du 2 octobre 1700, dans laquelle ces faits sont rappelés, le Consulat ajoute que de Cotte lui a remis les dessins de l'Hôtel-de-Ville, et qu'il a décidé de procéder incessamment

à l'exécution, mais que pour le faire avec un plein succès, il priera M. Mansard de vouloir bien

chois

une personne capable de veiller à la conduite des ouvriers et dont il fixera les appointements, laquelle personne prendra les mêmes soins à l'égard du piédestal, « après qu'il aura plu à Sa « Majesté de se déterminer sur le lieu qu'il luy plaira ordonner qu'il soit placé. »

Le 14 avril 1701 suivant, le Consulat, dans une nouvelle délibération, où il revient pour les

rappeler, sur les faits qui précèdent, conclut en ces termes

« M. Mansard a eu la bonté d'envoyer en cette ville sieur Claude Simon (2), architecte du

« Roy, pour faire exécuter les desseins pour réparer lHôtel-de-Ville, qui ont esté approuvez de « nouveau par Sa Majesté, aussi bien que le piédestal de la statue équestre, ainsy qu'il paraît

« par les lettres (3) des dits sieurs Mansard et de Cotte, du 23 février dernier. Et étant nécessaire pour

ier de l'ordre de Saint-Michel, comte de

« premier peintre du cabinet du Roy, et est mort, le 14 mai 1708, conseiller du Roy en ses conseils, cher

« Sagonne, baron du Joug, seigneur de Neuilli, d'Angy-sur-Bois, ete., sur-intendant et ordonnateur des bâtiments, jardins, arts et manufactures de

res t l'héritier de François Mansard, son oncle du côté maternel, il 1 ur les tra

>, On peut dire de cet illustre architecte qu'en d

« grand homme. Son premier ouvrage considérable fut le château de Clagny, qu'il commença de ving

< ans, par ordre de $. M.

« et qu'on peut avouer être un des chef-d'œuvre de notre architecture françoise, ainsi que nous one AU res inote

érigés sur les desseins et sous la conduit > de Vendôm

« n'entreprendons pas de parler de tous les ouvra Tarte

« Victoires, les bâtiments de Versailles, de Trianon et de la ménagerie, les jardins et le ch

Marly, ainsi que plusieurs autres grands édifices de ce

acité de Jules-Hardouin Mansard que ce que nous en pourrions

« célèbre artiste, et qui font partie de ce recueil, démontreront beaucoup mieux « rapporter dans cette note, joint à ce que nous en avons déjà dit dans celle que nous avons donnée sur ce célèbre architecte, premier volume,

note ©, qui est moins étendue à la vérité que celle-ci, n'ayant appris que depuis l'impression quelques particularités essentielles à la mémoire

Il est mort à Marly, comme nous l'avons déjà observé, en 1708, et a été enterré

à Saint-Paul, où l'on voit contre un pilier situé

à la gloi

droite, près de la chapelle de la Communion, un monument de marbre sculpté par Coysevox et €

« dans le bas côté, à « architecte. »

La Bi

Michaud, tome }

universel KVI, page 369, colonne deux, consacre un lon avait été l'élève

article À Mansard; elle explique qu

de son oncle, François Mansard, architecte, né en 1598 et mort en 1666, et qu'il avait ajouté son nom à celui qu'il tenait de son père, en reconnaissance

iographie, du reste, n'est pas entièrement juste envers Jules-Hardouin Ma

de ce qu'il devait au premier. La b sard, lorsqu'elle attribue plutôt ses succès

à ses façons de courtisan et à la faveur

oute particulière du Roi, qu'à son mérite personnel. Blondel était un meilleur juge, et nous venons de voir tout le

sous nos yeux un assez grand nombre

este encor

$ mon:

cas qu'il en faisait. Au surplus rents qu'il a créés, pour que nous puissions mettre Mansar

u château de Versailles et le dôme des Invalides, entr , sont de véritables

à sa véritable place. La chapell autres, qui ont été construits sur ses di

chefs-d'œuvre d' ance et de richesse so chitecture cette belle et noble

pression,

iptueuse, et l'artiste qui a su, ainsi que l'a fait Mansard, donner à l'a

était bien d grands hommes dont Louis XIV était entouré

QG) La

Fremin de Cott

ne de figurer dans la pléiade

fils de

Michaud, tome IX, page 329, colonne deux, Paris 1852, dit que Robert de Cotte, né à Paris en 1656, et peti

rchitecte ordinaire du Roi, qui avait fait les fonctions d'ingénieur au fameux siége de la Rochelle, était devenu beau-frère de Jules-

Hardouin Mansard en 1699 et qu'il est mort à Passy en 173$.

Blondel, dans son Ar

ture française, tome 1, page 230, Pa propos de la

s de cet hôtel. « Cet habile architecte a succédé à Hardouin Mansard dans les bâtimens du Roy, et a été

escription de l'hôtel d'Estrées, s'exprime ainsi qu'il suit sur

Robert de Cotte, qui avait donné les dessi

un des habiles

« regardé com mes que nous ayons eu dans son art. Son intégrité et sa capacité lui ont attiré la confiance de tous les &

ands seigneurs

«et le suffrage de ses contemf Il a été si fort occupé dans la conduite le S. M., que nous avons peu d'édifices en France de ce

l'abbaye de S:

1 dont nous parlons, d

« grand architecte, à l'exception de | s, de l'hôtel de Ludes, de l'hôtel du duc du Maine, de la galerie de

l'hôtel de Toulouse, du portail de Saint-Roch, etc

« Il a laissé un fils qui est aujourd'huy contrôleur des bâtiments du Roy et Directeur al de la Monnoye des médaill

Ce fils s'appelait Jules-Robert de Cotte, et quoiqu'il succéda aux divers emplois de son père, il ne paraît

as avoir eu ses capacités (2) Nous avons fait inutilement des recherches sur Claude Simon, cet architecte nous reste inconnu

G) Ces lettres ont disparu des archives de la ville d

satisfaire au dit arrêt, et pour éviter les accidents dont on est menacé par la caducité et le mauvais

« estat du dôme de l’'Hôtel-de-Ville, d'y faire travailler incessamment, le Consulat a arrêté que les

« publications et les formalités seront faites inces mment, en conséquence du devis qui a esté « remis par le dit sieur Simon, etc., et, à l'égard des appointements du sieur Simon, ils demeurent « réglés à la somme de 2,000 livres par an, tant que le dit sieur Simon sera employé par les < ordres du Consulat, pour veiller à la construction des dits ouvrages, pour conduire journellement « les ouvriers, ce qu'il sera tenu de faire, et d'observer que l’on nemploye aucuns matériaux qui ne « soient de la qualité requise. Laquelle somme de 2,000 livres par an sera payée au dit sieur Simon « par quartier de trois mois en trois mois, par avance, à compter du 1° janvier dernier, depuis

« lequel temps il a commencé à prendre toutes les dimensions et les autres mesures nécessaires

« pour la disposition des dits ouvrages. Tout ce que dessus ayant été réglé par M. Mansard, qui a « aussy jugé à propos de faire payer au dit Simon la somme de 200 livres pour les frais de

« son voyage en cette ville, etc. »

Il est bon de remarquer, d'après ce qui précède, que Mansard est bien l’auteur des nouvelles dispositions qui furent adoptées pour la façade de l’Hôtel-de-Ville et qui modifièrent notablement son ancienne physionomie. Comme unité de style, le monument y a peut-être un peu perdu, mais comme importance et comme masse il n'en est pas de même, et il est juste de dire que Mansard a rempli sa tâche en homme de talent, que la façade actuelle de l'édifice a un très-beau mouvement dans les lignes supérieures, et qu’elle lutte ainsi beaucoup mieux avec les bâtiments qui lentourent que lorsqu'elle ne dépassait pas leur niveau. Les auteurs qui ont prétendu que Mansard avait gâté l'édifice, nous paraissent donc, d’une part, avoir mal connu ce que ce dernier était avant

l'incendie, et n’avoir pas à

Z apprécié, d’un autre côté, la manière heureuse dont Mansard avait su rattacher aux lignes anciennes les nouvelles décorations qu'il adoptait. Le beffroi, qui semble avoir été refait à peu près complètement à neuf, doit étre dû entièrement à son crayon : il est sans contredit d’un grand caractère et il ne souffre d'aucune comparaison.

L'architecte de Cotte n'avait eu dans toute cette affaire qu'un rôle très-effacé, il était venu surtout pour étudier les meilleurs emplacements à choisir pour y mettre la statue de Louis XIV, et pour se rendre compte, sur place, du degré de facilité d'exécution que la composition de Mansard pouvait présenter pour la façade de l’'Hôtel-de-Ville,

En véritable grand seigneur, il ne voulut recevoir pour ses frais de voyage et ses peines aucune rétribution, quoiqu'il fût venu à Lyon, ainsi que le dit une délibération du 27 janvier 1701, « avec

< un commis et un valet. » Aussi, le Consulat, afin de ne pas être en reste avec lui, et pour lui

témoigner toute sa reconnaissance, fit-il acheter chez le sieur de Boze, marchand fabricant d’étoffes de soie, un meuble de damas de Gênes, rouge cramoisi, et une veste en brocard d’or, et lui envoya le tout à Paris De Cotte accepta avec la permission du Roi ce riche cadeau, qui ne coùta pas moins de 2,034 livres 10 sols au Consulat.

Il est des faits qui peignent mieux une époque que bien des réflexions, et celle où se passe ce récit, fastueuse mais empreinte d’une véritable grandeur, se trouve parfaitement caractérisée par le trait que nous venons de faire connaître.

Le 26 avril 17071, l’adjudication des travaux de maçonnerie et de pierre de taille fut tranchée

en faveur des sieurs Ampère, Perret et Hadet, maitres maçons, au prix de 11 livres pour la toise

carrée (1) de maçonnerie de dix-huit pouces d'épaisseur, et de vingt-quatre sols pour le pied (2)

(1) La toise de ville va ont chaque pied e

sit celui de France de sept lignes huit dixièmes

(2) Le pied de ville valait trois décimètres qu itimètres deux millimètres cinq cent douze mill

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