‹ Monographie de l'Hotel-de-ville de Lyon. Restauré sous l'administration de M. M. Vaïsse et Chevreau, senateurs. Accompagnée d'un texte historique et descriptifChapitre 24 sur 43 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

En constatant les nombreux dégâts que l'incendie du 13 septembre a fait subir au beffroi, les experts, dans leur rapport, nous montrent en même temps que ce dernier était autre que celui qui existe aujourd’hui; ainsi on y fait mention de trompes et d’un encorbellement qui ne se trouvent plus dans le beffroi actuel et dont les dessins ou gravures anciennes ne peuvent pas donner une idée exacte.

Nous avons reproduit, à la page 37, le fac-simile d’un plan de l’'Hôtel-de-Ville, extrait d’une planche gravée, dans laquelle se trouvent aussi la façade à l’ouest de l'édifice et la vue cavalière de tout le monument. Nous allons représenter ici, de la même manière, cette façade à l’ouest, en répétant ce que nous avons déclaré déjà à la page 14, que la gravure que nous reproduisons et qui est très-conforme à la grande gravure de la façade des Terreaux, signée de Maupin, pour tout excepté pour le beffroi, semble, dans cette partie de l'édifice, se rapprocher davantage de l'exécution définitive, que le beffroi tel qu'il est représenté dans cette dernière planche.

Cette gravure doit avoir été supérieure, comme exactitude, à une autre vue cavalière de l’'Hôtelde-Ville, gravée et entourée des armoiries des Gouverneurs, Prévôts des marchands et Echevins de Lyon. Cette dernière gravure, à la date de 1660, porte la signature de Nicolas Auroux et

l'adresse de Louis Pinchart, imager, rue Thomassin, Sous le Noyer.

Fac-Simile de la gravure sans nom d'auteur, représentant la façade à l'ouest £ 5

de l'Hôtel -de- Ville.

Péctal de la MAISON 4 deVize de Lron.

En raison de tout ce que nous signalons sur les différences qui existent dans les anciens dessins au sujet du beffroi de l'Hôtel-de-Ville, nous sommes réduit aux conjectures quant aux véritables proportions et à la forme générale, avant l'incendie, de cette partie si importante de l'édifice.

Ce fut probablement à la suite du procès-verbal dont nous venons de faire mention, que le F F a GI

Consulat fit préparer deux projets de délibération, non datés, dans le premier desquels il déclarait faire choix de Thomas Blanchet (1) pour restaurer l'édifice, comme étant le plus capable de conduire une telle entreprise à sa perfection, puis arrètait dans le second, qu'après avoir consulté le procureur général de la Ville, il fixait le prix fait à une somme qui restait en blanc dans l'original.

Mais quelle cause arrêta tout à coup ce projet de restauration, qui paraît cependant avoir été si bien élaboré? Cela nous échappe et nous navons pu la découvrir. Ce ne fut que longtemps après, que le Consulat put entreprendre d’une manière sérieuse les réparations qu'il y avait à faire à lédifice et dont la nécessité avait été cependant si bien reconnue d’après les pièces que nous venons de rappeler. Nous ne rencontrons plus de traces de ces travaux que quatorze ans plus tard, et seulement le 23 août 1691, et encore le Consulat ne fit-il alors qu'un traité pour des ouvrages provisoires avec un sieur Saquin, qu'il chargea de quelques réparations que réclamait la partie supérieure du pavillon nord et qui tendaient à le rendre plus habitable. Ce Saquin avait tout à faire, et était ce que nous appelons aujourd'hui un entrepreneur général, mais on peut juger du peu d'importance des travaux qu’il exécuta, à la faible somme de 1,350 livres qu'il reçut en rémunération.

Nous avons dit plus haut que nous ignorions les motifs particuliers qui avaient empèché

l'exécution du traité passé avec Blanchet pour la réfection du beffroi, er qui furent cause que le

Consulat ne fit probablement faire que quelques réparations très-sommaires, qui n’ont pas laissé de traces; mais nous connaissons les causes générales qui pesaient alors sur la prospérité de la cité et pouvaient empêcher ainsi les Consuls de pourvoir aux besoins les plus urgents de l'édifice.

En effet, les finances de la ville étaient au moment même dans le plus complet désarroi; la dernière guerre contre la Hollande, commencée en 1668, avait duré dix années, et pendant cet intervalle l'Etat avait tiré du Consulat des sommes énormes, mais la révocation de l’édit de Nantes qui eut lieu en 1685 porta à la prospérité commerciale de Lyon un préjudice bien plus considérable encore, en forçant un grand nombre de familles à quitter la ville et à porter à l'étranger son industrie principale, celle de la fabrication des étoffes de soie.

Lyon reçut de ce grave événement le coup le plus funeste, et malgré les nouveaux impôts qui avaient été établis, la Ville resta dans la position financière la plus déplorable; ce fut sans doute cette cause qui la mit dans l'impossibilité absolue de rien faire pour le bel édifice qui lui avait déjà tant coûté.

Cependant cette situation devait avoir un terme, et à force de sollicitations auprès de l'Etat, le Consulat obtint, le 3 octobre 1699, un arrêt rendu par le Roi en son Conseil d'Etat, sur la requête du Prévôt des Marchands et des Echevins, qui leur permettait de procéder aux constructions nécessaires pour réparer l’'Hôtel-de-Ville, à condition que le devis des travaux en serait afliché partout où cela serait nécessaire et que leur adjudication en serait faite au rabais, nonobstant l'arrêt de 1693 qui avait fixé la dépense ordinaire et extraordinaire de la Ville, et auquel le Roi daignait déroger.

Le célèbre Mansard (2) était alors surintendant des bâtiments de la Couronne, il choisit l’intendant

(1) Remarquons ici que le Consulat laisse complètement de côté Paul Bertaud, voyer de la ville, pour un travail qui cependant ne devait être qu'une

réparation, demandant plutôt les connaissances d'un constructeur, que celles d'un homme dans la vie duquel l'architecture proprement dite n'avait dû

être qu'un emps.

(2) Jacques-François Blondel, tome II, page 141 de son Architecture Françoise, Paris 1752, s'exprime ainsi qu'il suit, sur ce grand architecte, dans une

note relative à la maison de Mansard, située rue des Tournelles, à Paris : « Jules-Hardouin Mansard, né à Paris l'an 1645, était fil de Jules-Hardouin,

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